‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 105 sur 168 · Emile, liv. IV · texte numérisé non relu

Emile, liv. IV

LES MIBAGLES. 313

dont nous sommes les témoins, puisque celui-ci a pour théâtre toute la terre, pour durée tous les siècles ; qu'il graiidit tous les jours et qu'à l'heure qu'il est il a atteint des proportions tellement énormes, tellement en dehors du cours ordinaire de la nature, que les plus aveugles et les plus prévenus en sont transportés d'étonnement , d'admiration, et d'enthousiasme : nous le verrons.

Ainsi à cette question, Pourquoi les miracles ont-ils été en diminuant à partir de rétablissement du Christianisme? trois raisons, outre des considérations préliminaires, sont venues répondre : 1® parce q.ue l'objet réel des miracles, la conversion du monde, a été atteint ; 2** parce que cet objet n'ayant pu être atteint sans les miracles, en est devenu la preuve, en les impliquant ; 3° parce que cet objet est devenu, dans son développement et dans sa perpétuité, un double miracle, soit en lui-même, soit comme accomplissement des prophéties, miracle qui va grandissant dans la proportion de notre éloignement de l'époque des miracles ; de telle sorte que ce que le temps ôte d'impression k ceux-ci, il l'ajoute à celui-là; et qu'ainsi la Sagesse divine, qui fait tout avec nombre, poids et mesure, et se signale autant en ne faisant rien de plus qu'il ne faut qu'en faisant tout ce qu'il faut pour atteindre à ses fins, se découvre de la manière la plus admirable dans cette belle économie des preuves du Christianisme, où l'esprit humain trouve toujours également, quoique diversement, de quoi s'assurer de la vérité par la raison, et de quoi la mériter par la foi.

IV. Les faux miracles ne sont-ils pas faits pour nous tenir en défiance de tout ce qu'on appelle miracle? et le plus sûr pour la raison, qui se doit à elle-même de ne

Page 1