‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 113 sur 168 · Cyprian., Epiai, 2* ad Donat · texte numérisé non relu

Cyprian., Epiai, 2* ad Donat

A, Bémélrien était investi d*ane charge publique qui lui donnait

« les entendre vons-méme et voir comme nous les conte jurons, comme nous les torturons avec nos fouets in- « visibles! vous les entendriez jeter des cris, pousser des « hurlements, des gémissements, avec une voix humaine, « sous les coups que la puissance divine leur fait sentir « par nos paroles... Venez donc, et connaissez la vérité « des faits que nous vous disons; et puisque vous vous « dites adorateur des dieux, croyez ce qu'ils vous disent « sur eux-mêmes : que si vous voulez être personnelle- « ment le sujet de votre croyance, vous entendrez parler « de vous ce môme Esprit trompeur qui vous aveugle. « Vous verrez ceux que vous suppliez nous supplier, ceux « que vous adorez nous craindre. Vous verrez sous notre « main, tremblants et enchaînés, vos maîtres. Certes, « vous aurez lieu de rougir de vos erreurs lorsque vous « les verrez forcés par nos questions à déceler, vous pré- « sent, et leurs prestiges et leurs impostures^. »

Qu'un texte si fort et si précis, après tant d'autres, est fait pour jeter d'inquiétude dans l'âme de l'incrédulité!

Et toutefois en voici un plus décisif ;

« Voici la démonstration par le fait, » dit TertuUien dans son célèbre Apologétique, en s'adressant à la puissance païenne : « Qu'on fasse venir devant vos tribunaux « un possédé notoire; qu'un chrétien, quel qu'il soit, « n'importe, commande à cet Esprit de parler; et que si, « n'osant mentir à un chrétien, il ne confesse pas qu'il « est véritablement un démon, et qu'ailleurs il se dit « faussement Dieu, répandez sur le même lieu le sang « de ce téméraire chrétien... Qu'y a-1^il de plus mani-

Ueu d'exercer sa rage contre les chrétiens, et saint Gyprien paya de 6a tête le noble courage avec lequel il confessa la vérité. Il Gyprian., Epist. ûd Demetrian.

« feste et de plus sûr qu'une pareille prçuve? Voil^ la « vérité elle-même avec sa simplicité et son énergie^. » Non, il n'y a rien de plus manifes,te et de pjlus sûr : c'est la vérité même; et le scepticisme n'est plus possible après des témoignages aussi imposants, aussi nombreux, aussi unanimes, aussi explicites et aussi formels que ceux de tous ces grands hoipmes parlant en face de leurs bourreaux, avec la double aulopté de leur génie et de le^ur vertu, et posant leur tête en gage de la vérité du fait dont ils provoquent la solennelle et iuridique expérience '.

Joignez enfin à cela le silence de leurs adversaires, qui ne les démentent pas, qui n'osent pas relever leur défi, OU plutôt qui conviennent, comme Julien, du fait des possédés et de leur guérison*.

L'état de possession par le démon à l'origine du Christianisme, çt l'action du Christianisme sur cet é^lal, est donc un fait certain, quelque préjugé que sa (^isparition de nos temps modernes élève contre cette certitude, et

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