‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 114 sur 168 · Apolog.y c. XXIII · texte numérisé non relu

Apolog.y c. XXIII

S. Noud^' avons négligé plusieurs autres témoignages.; cependant nous croyons devoir mentionner ici celui de Sujpice Sévère : « J'ui « h'u, dit-'îl, un possédé élevé en l'air, les bras étendus, à l'approche ç 4eB re^i(}ues de saint Martin. » Dial. JU, b. vi ; et celui d6 saint Paulin, si distingué par sa naissance, ses lumières, son désintéresse* infent et sa sainteté, lequel, dans la Vie de saint Félix de Noie, atjfeBte AVOIR vu un possédé marcher contre la voûtfi. d*vne église, ta tète en bas, sans que ses habits'fussent dérangés ; et que cet homme fui guéri au tombeau de saint Félix. — Certes, nous ne sommes pas enclin ii ta 'ciéédulité, tant ft^en faut! mais nous n^éprouveriOns que de Ik pitié

Sour celui qui méconnaîtrait les titres du témoignage, les caractères e la vérité, et lés deVoirs comme les droits de la raison, à ce point de ne pas savoir croire à des faits'ainsi certiflés, uniquemébt pafce (jd'ils sont incompréhensibles. Cesl une singulière impudence, aurait dit Montaigne, et une fiardiesse dangereuse et de conséquence, oultre l* absurde témérité qu elle traisne quant et soy, 3. S. Cyril. c.'JuIiari."* '"^

LES MIRACLES. 33i

guelque inexplicajble que ^,^raiss.e cfifJifi (ïjj5p.aritiou.

2® Mais ce préjugé Jui-même y^ disparaj[tr.e, jejtcje phénomène s'exp|Ii^uef •

Qu'il y ait (^ans ,1e ;monde un ,cert^n geur^e i\esprjf^ inalfaisants que nous appelons dém,o^$^ putr.e ^'jen^igne.ment de la Religion, c'esjt unp c^o^ çi^ ^ été wcoçnu.e par le consentement conipjiup ^e toutes les f^^iffif^ jet de tous les peuples.

Nous en avons donné des pjrepveç irré^r^ggtles 4^s potf e ^tude des Traditioji^ universelles sw Ip. fhptfi ofigimile et sur la futurç réhapilftafion dii (jervre fiuf/fia^t^ : f)f^ neut y revenir, et s'ei^ assurer .de n^o,uvea.u.

Ce qui ;i'^çst pas moins fo^if>iI, c'est qf^p jto^ le$ pejir pies du monde, ^ travers l'imniç^sç diyersjj^ dje J^g^u^f; de mœurs et de religipns qui le,s sépare, put e.u jSi^r l'origine de ces .dénions, sur ïejjir jchuji^ç, Içp^ .çjgif ac^èrjÇ; leur rajpport primitijf et funes^ avec l'hunjianj^é, ^W T/ft-T fluence maudite et perpicjej^se qu'ils oçj conjif actéç dçpuis Jors ^ur ejle, et ex^fifx sur la ^épre^siop (jfl,e ijbeyaij leur f^-ire épfoifv/îr le JLijj.é^ateuji atjtendu par IjQ.utes Je# nations, yne cpyance te^çm.çp/; j;(iepti^ue (J^ la ?jftgujarité cl.e ses détails, (jm'çn pe saujrai<t ^^olument l'ej^ pliquer q,ue par une révél?^ ion priipiliye fil up grjin^ éyénemefl^t originel. G^ fai,t ^e trouve .^^so^ti de tpxites Jejs ji^sti,ficatioçs ,désirabJ^s, ^(jlaps ^'É,tude à laquelle nojjL?nça;i§ permettons d'adr.essejr (^e pouv^eau ,1e Ijecteur.

jEn un mot, (fn peujt alprpjier, g.yec uft& çojçiflfinqe fme 1^ SjCieiice ips^tifie 4'a.utant plus.qu'e,ljl,e ,est pli^s pfofopde, que l'ençe^gpepient ^(jiu jChrist,i^nisp)i.ç ^ c,ç §jiiç^ est Ja cr,9yance mêio^ de toutle genrp ^uma^n, consprviéç 4Wf une tradition plus pure, et vérifiée dans son objet.

Or, le Christianisme nofl.? ppâe^gnie, cwwe m le sait,

332 CHAPITRE y.

que rAnge rebelle et déchu, par la faute irrémissible qu*il avait commise dans le ciel, devînt avec ses complices Tartisan du mal sur la terre. Quand Dieu créa les purs esprits, dit Bossuet, autant il leur donna de part à son intelligence, autant leur en donna-t-il à son pouvoir : et, en les soumettant à sa volonté, il voulut, pour Tordre du monde, que les natures corporelles et inférieures fassent soumises à la leur, selon les bornes qu'il avait prescrites. Les Anges déserteurs et condamnés n'ont perdu dans leur chute aucun des avantages et des dons de leur nature, ni la puissance, ni la vigueur, ni Tactivité : tout est entier en eux, excepté leur justice et leur sainteté, et conséquemment leur béatitude. L'intelligence leur est demeurée aussi perçante et aussi sublime que jamais, et la force de leur volonté à mouvoir les corps par cette même raison leur est restée comme du débris de leur effroyable naufrage. Mais Dieu leur a tout changé en mal, et ce qui leur servait d'ornement leur tourne maintenant à supplice. Ils sont devenus superbes, trompeurs et envieux, et réduits, par leur misère, au triste et noir emploi de tenter les hommes, ne leur restant plus, au lieu de la félicité dont ils jouissaient dans leur origine, que le plaisir obscur et malin que peuvent trouver des coupables à se faire des complices, et des malheureux à se donner des compagnons de leur disgrâce \ Cependant, quelle que soit la malice des démons, ils ne peuvent exercer leur pouvoir sans la permission de Dieu, qui retient leur fureur dans certaines bornes; qui restreint en eux, comme il lui plaît, la liberté de nuire aux hommes; qui la donne plus ou moins grande, selon que sa sou-

Page 1