BoMuet, Élevât, iur les mystireê
yeraine Sagesse le juge convenable aux intérêts de sa gloire, à la punition des pécheurs, ou à la perfection des justes.
Au commencement, cette puissance perverse fut lâchée contre Fhomme dans toute la force native de sa liberté, pour lui en procurer l'exercice, et lui donner lieu d'ajouter à la perfection de sa nature celle de sa volonté. L'homme faillit à Tépreuve; son ennemi devint son vainqueur. Celui-ci garda sur lui un empire malfaisant, par lequel il le traîna à toutes sortes d'erreurs et de désordres, jusqu'à s'en faire adorer, et lui faire une Religion et des divinités de ses crimes mêmes.
Mais Dieu, qui avait permis cette fatale expérience de la faiblesse humaine et de la malice des démons, devait nous faire éprouver à son tour celle de sa bonté secourable et toute-puissante, en abattant notre ennemi au plus fort de son triomphe, selon cette antique promesse tant de fois renouvelée par les prophètes : Je mettrai une inimitié entre toi et le fils de la femme; t7 f écrasera la tête, et tu ne pourras que tenter de le mordre au talon^.
1 . Entre autres preuves nombreuses qui établissent le rapport de cette révélation chrétienne sur les démons avec la croyance de toutes les nations, nous rapprocherons seulement ici ces passages de Plutdrque : « Je ne sais si nous ne devons point admettre, toute estrange qu^eile nous paraisse, celte opinion que F antiquité nous a transmise; a qu*il y a des démons envieux et meschants, qui s'attachent par jac lousie aux hommes vertueux, mettent obstacle à leurs bonnes ac- « lions, et leur jettent dans l'esprit des troubles et des frayeurs qui c agitent et quelquefois mesme esbranlent leur vertu, de peur qu'en c demeurant fermes et inébranlables dans le bien, ils n'ayent en parti lage, après leur mort, une meilleure vie que n'est la leur. » Vie de Dion, nomb. il.) — c Xenocrate tient que les jours malencontreux « où il se fait et dit quelque chose honteuse et vilaine, il n'estimi ff point qu'elle appartienne aux bons dieux ; mais qu'il y a en l'air ff des natures grandes et puissantes, au demeurant malignes et m«.l « accointables, qui ont plaisir que Ton fasse de teUes choses pov r
Telle é,tai^ la grande missipif du libérateur f ésjis-jD^j:jj§J.
JEt paiçteijanf rexplication que nous recherc^prons se découvre :
Jésijs-Christ vepapt chasser }p déjpop dif paopde, ojà il rjégnait en jnaître, (Rêvait nianifester sa puissance djins ce sens, ^a niajiice du ^éipon, qi^i n'était parvenue à tromper les hopimes qu'en les aveuglant sur ejrte-pfépie, devait être exposée dans toute sa perversité et $on impuissance, pour ren,dre J'opérajtion djB no/-fe déljyraçce pi fis sensible et plus couvai ncap/;e, il fallait gup le principe (|u ipaj fût niis à pu et traîné au gfand joup, dapç tofj^e §p^ horreur et toute sa misère ; il fallait qije la lu^fe pptre lui et p/)lre Sauveur ^ ouverte, et qpe l'action ^e notre ennemi (^eyîpt plus ostençibfe, pppr flue la tpute-puiss^nce qui pous ep délivrait fût pli^s éclîjitaptp. Pour f,pmoigpçpgu'if était vraiment Je Sauyçur des âpies, Jé$f}§- Chris/; dut paraître Je Sauveur des pof ps ; et pouf qu'il paf ût le §ai^yeur des corps de pxanière ^ Jaif e voir qu'il
«c eUes. » {Notts avons à combattre^ dit saint Paul, contre les puis» sances des ténèbres, cobiTRE les esprits' Iîe iiALVcE répandus dans l'air. ÉpU, aux ÉpkésicnSj chap. vi, 12.) — a Empédocle mesme dit a qu'ils sont punis et diastiés des faultes et offenses qu'ils ont com- « mises... Â cela ressemble naïvement ce que l'6n récite de Typhon, « qu'if fit par son envie et sa malignité plîisièurs mauvaises choses, « et qu'ayant mis tout en combustion, il remplit de mauxel de mï- « gères la mer et la terre... Et puis eh fut puni, et là "femme et soeUr « d'Osiris êh fit la vengeance, èsteignant et amortissant sa rage et sa « 'TuVéur... p'autres disent que ce ne fut pas la femme, mais' un de a ses descendants, Crus, qui ne tua pas du tout entièremeVit Typhon, « mais lui osta la force et la puissance de pouvoir plus rien faire... « tiA Divinité ne voulut pas permettre que sa puissance (de Typhon) â hist du tdut anéantie, mais seulement la lascha et là diminua, vona làînt que le combat demeurast. » (Plutarqtié, de Isi's et Osîrit, n®^ 24, 34.)' — Les traditions ^es autres peuples du monde ne sont pas moins' frappantes piît leur cbricordahce en cela avec la I^évélatlon chrétieniie, et! de toutes on'télit (lire, ce"que l»lilt!àfqiie (lit dt' celle des lÉgyptiéns :'A 'CELà; resseImble i^ilVvÉMÈf^T; ' " '^''^ ' '' -' ' '" " *
était le Sauveur des âmes, il djut permetlre que la môme puissance malfaisante qui possédait les âmespo3sédât aussi .certains corps, de manière qu'en la chassant djB ces cçrçs il parût clairemei^t qu'il avait le pouvoir de la chasser des âmes, et ^u'il était véritablement notre Libérateur. Ce fut pour cela que lorsque Jésus-Christ voulut se manifester, il permit aux déipons de se manifeste^ aussi, et qu'ils imitassent en quelque sorte son incarnation, afin qu'ils devinssent visibles en un sens et copporejs, e^ punissant au corps de l'homme dans 1^ dess(?i]^ ^^ pii njiirig; et qu'étant liés par les ch^jnes que le^p pa^/^ce fvait Jçj: méès, ils fussent ainsi amenés deyapt leiif ^jjgp et Iput Maître, condamnés par Lui en pujblic compi^ de^E^pfiis impurs, et chassés ensuite du temple iptérjeur flf-'^ avaien/; usurpé poi^r le souilleir, jet de tquç \ps feipplçs extérieurs, pu ils cachaient sous ujie f^^isse maje^);^ Ip plus honteux abaissement et la plus profonde jpisèf e (jpnt la créature soit capable. L'i9cré4uji^é ne jcpçfprencj rjeji aux possédés de Gérasa. et à la^^^mandje ,que firent |t Jésus-Christ les démons qifi les tour^en^ijBf^jt i^'^^jxpf dans un troupeau de cochons : mais y\ex^ de pl}i§ ^igpiflr catif, quand on considère ces Anges, autrpfjaig d^e Juiaière, et qui marchaient' les premiers devant Je fpè§-Hapî, cej Esprits de mensonge (^^viepus les Princes (^i^ fflLpit# P# ils se faisaient adorer dans mille sanc^ji^airp^ ^RW^P 4^ dieux, forcés de déceler 1^ noirceur dp leur usurpatip^ p^ la bassesse de leur misère, à ce pojnt fje se fa|re uiji teippl^ç du corps de ces vils apimaifx, .et de ]p demand^efr ^ J^fflL§7 Christ comme une grâce : et deprecabantur eum Spiritus, dicentes : Miite nos inporcos^l temple djgije, en effej, 4i ceux qui9 l'Êpritpre appelle partout Esprits immondes.
J. Marc, V, 12 ; Luc, vui, ^1. — P'e^t ^inçi qup, 4^ }a ^^yJAQ
Quand on demanda à Jésus-Christ pourquoi Taveuglenë qu'il allait guérir était affligé de cette infirmité, Jésus- Christ répondit : « Cet homme n'est point né aveuglé « parce qu'il a péché, ni ceux qui l'ont mis au monde ; « mais afin qv£ les œuvres de Dieu parussent en lui. » Cette explication, de la bouche de Jésus-Christ, vient s'adapter d'elle-même à notre sujet; et à la question : Pourquoi y avait-il des possédés du temps de Jésus-Christ? la réponse à faire est celle-ci : Afin que les œuvres de Dieu parussent en eux. Par le miracle de la guérison de l'aveugle-né et des autres infirmités naturelles, Jésus-Christ paraissait bien supérieur à la nature; mais ce n'était pas assez pour caractériser sa Divinité, puisque les prophètes avaient fait autrefois les mêmes prodiges. La qualité spéciale, surtout, en laquelle il venait, de Libérateur du monde et de vainqueur de Satan, n'en ressortait pas invinciblement. On pouvait, selon l'ancienne opinion des mages, qui s'était glissée dans tout l'Orient, et qui a reparu dans les manichéens et les albigeois, croire que la puissance du démon était indépendante de celle de Dieu ; on pouvait, avec les saducéens et les matérialistes, nier l'existence de ces Esprits ou leur influence; on pouvait, comme les païens, reconnaître cette influence, mais se méprendre sur sa nature jusqu'à lui transporter les honneurs dus à la Divinité; on pouvait enfin, comme les Juifs, connaître la vraie nature et la vraie influence des démons, mais ne considérer Jésus-Christ que comme un prophète semblable à Moïse, ou même un enchanteur semblable à ceux
parabole de rEnfant prodigue, ce malheureux est représenté enviant aux pourceaux leur sale nourriture. Mais, moins coupable que TAnge rebelle, Phomme ici-bas peut encore se relever par la pénitenee, el prononcer avec des larmes ce mot que Tenfer n'entendra jamais : Sur»^ çam^ eiibo adPatrem, et dicam ei t Pater peccavi! !! ^
qae Moïse avait confondus. Toutes ces erreurs devaient être dissipées par des faits décisifs. II fallait que le Fils de Dieu fit des ceuvres que nul autre neût faites, comme il le dit lui-même; et qu'il commandât non-seulement à la terre, mais aux enfers. Il fallait que TEnnemi du genre humain parût sous ses pieds dans toute sa fureur et sa dépendance, et proclamât lui-môme le triomphe de son Vainqueur.
Aussi^ lorsque ces Esprits immondes allaient (Teux^ mêmes au-devant de Jésus-Christ^ se roulant à ses pieds^ et criant : Tu es le Fils de Dieu^^ laisse-nous : quy a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth , Fils du Très-Haut ? Nous savons qui tu es: tu es le Saint de Dieu*. Es-tu venu sitôt nous tourmenter? Ne nous chasse pas encore, ne nous refette pas encore dans l'étemel abîme; permets-nous plutôt d'entrer dans le corps des plus vils animaux; lorsque le Sauveur, avec une majesté calme, étendant sa main souveraine, disait : Espirit immonde^ tais-toi^ et sors de cet homme : je te l'ordonne; et qu'à Tinstant, & travers les convulsions de la plus épouvantable rage, TEnfer lâchait sa proie, alors : stupebant omnes in magnitudine Dei^l ! !
 la vue de la résurrection d'un mort, le peuple avait glorifié Dieu, disant : Un grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple^. Mais, à la vue des démons chassés, une stupéfiante terreur perçait plus avant dans les âmes, et on se demandait : Qu'est-ce que ceci? et quelle est cette nouvelle Doctrine? Son pouvoir s'étend jusque sur les démons f II leur commande, et II en est obéi. Ne