‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 118 sur 168 · I. Cité dana U Revue britannique de décembre · texte numérisé non relu

I. Cité dana U Revue britannique de décembre

LBS MIRACLES. 34S

mier moayeinent sans doute est de ne pas y croire, parce que le cours naturel des choses s'y oppose. Mais ce cours naturel en lui-même n'est pas inviolable et nécessaire, nous Tavons vu : il est modifiable sous Faction de Celui qui Ta fondé. Un miracle, en un mot, est naturellement invraisemblable, mais non inconcevable, mais non physiquement impossible. Ainsi, de ce côté, nous avons invraisemblance, mais non impossibilité.

Du côté de la preuve, quand elle présente les caractères qui se trouvent dans le témoignage de Jésus-Christ et des Apôtres, c'est autre chose : là, il y a impossibilité que cette preuve soit fausse. L'ordre moral diffère, en effet, de l'ordre physique, en ce que celui-là est nécessaire et que celui-ci ne l'est pas. Il n'y a pas contradiction physique à ce qu'un mort ressuscite, tandis qu'il y a contradiction morale à ce qu'un homme véridique soit un imposteur. Et lorsque les raisons de le croire véridique sont aussi fortes, aussi éminentes, aussi nécessaires qu'elles se trouvent dans Jésus-Christ et ses Apôtres, c'est violer toutes les notions de l'ordre moral et du sens commun, et tomber dans l'absurde, que de les croire en même temps capables d'une imposture aussi flagrante que celle d'avoir fait et accrédité de faux miracles.

Ainsi, d'un côté il y a simple invraisemblance, et de l'autre palpable absurdité. La raison ne peut hésiter dès lors à croire aux miracles, et c'est là ce qui faisait dire à Niebuhr : « 11 faut, selon moi, croire au grand principe « des miracles, ou arriver à cette conclusion absurde, si- « non inconcevable, que le Christ fut un fripon, et que • ses disciples furent ses dupes ou des menteurs*. »

1* Nous avons déjà développé cet argument dans notre étude iur la permne de Jétus-Christ,

df^6 CHAPITRE V.

n est curieux de voir Rousseau tourne^ autour de cet argumôiit', et en éprouver la force par les pitoyableé sophismes auxquels il a recours pour Féluder.

ïl n'ose dire que Jésus-Christ ès^ un imposteur, et tÈ-

vandle un tissu de faussetés; if irait ^rôp ouvertement'

conti^e cet éloquent instinct qui lui a fait dire, avec tant

die vérité, que « si la vie et la mort de Socrate sont cTun

« sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un f)îeù ; » et que

a rÊvangile a des caractères de vérit'é si grands, sî frâp-^

« pants, si parfaitement inîmïïa'fcles, que Finvénteur èà'

« sferait plus étonnant que le hérôs^ » ri ne départ pas

dé là, et hous Tentendons ailleurs renouveler sa prol'es-

siôn de foi, et s'indigner qu^ïi l'a révoque en douté : « Re-

a marquez bien, monsieur, dî^-iï, (iù^'en supposant toirf

« au plus quelque amplification dans les circonstances,

« je n établis aucun doute sur le fond de tous les faits (con-

« signés dans rÊvangile] ; c'esf ce que f ai déjà dit, et

(c qu'il tfést pas superflu de l'edîre'.. . P^ôs hômiies d^é Ûieu

« veulent à toute force que j'aie fait de Jésus un imposa'

« teur. ils s'échauffent pour répondre a cette indigne âc-

« cusation, afin qu'on pense que je l'aie faite*; ils la sup-

« posent avec un air de certitude, ils y insistent, ils y

« reviennent affectueusement. Ah! si ces doux chrétiens

« pouvaient m'arracher â la fin quelque blasphème^ quel

« contentement! etc.*. »

Tenons donc, avec Rousseau, qu'il est loin d!é sa pensée de faire de Jésus un imposteur, et d'élever le plus léger doute sur le fond de tous les faits consignés dans TÉvangile.

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