‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 121 sur 168 · Lettres de la Montagne, p · texte numérisé non relu

Lettres de la Montagne, p

et lenr méprise. II spéculait donc sur cette ignorance, il autorisait donc cette méprise ; il induisait sciemment, nécessairement, les spectateurs, et par eux Tespèce humaine, dans Terreur, puisqu'il donne des choses naturelles pour surnaturelles.

Et maintenamt Toici la question :

Jésus , en spéculant sur Tignorance des spectateurs , en leur faisant paraître ce qui n'était pas pour ce qui est, en kur en imposant^ n'était-il pas en cela un imposteur?

Raison incrédule, si tu es la véritable raison, tu diras avec tout le monde. Oui, sauf à te mentir à toi-même ; que si tu dis Non, tu es absurde.

Rousseau cependant dit Non; il proteste, là même, contre cette indigne accusation^ ce blasphème, qui ferait de Jésus un imposteur.

Peut-être, en effet, Favons-nous mal compris, ayonsnous mal analysé sa pensée : laissons-le s'expliquer luimême par des analogies et des exemples :

« Tout ce qu'on peut dire de celui qui se vante de faire « des miracles est qu'il fait des choses fort extraordi- « naires : mais qui est-ce qui nie qu'il se fasse des choses « extraordinaires?» (Sophiste!!!) a J'en ai vu, koi, de « ces choses- là 9 et même j'en ai fait... J'ai vu à Venise, « en 1743, une manière de sorts assez nouvelle, et plus « étrange que ceux de Préneste. Celui qui les voulait con- « sulter entrait dans une chambre, et y restait seul, s'il « le désirait. Là, d'un livre plein de feuillets blancs il en « tirait un à son choix; puis, tenant cette feuille, il de- ^ mandait, non à voix haute, mais mentalement, ce « qu'il voulait savoir. Ensuite il pliait sa feuille blanche, < l'enveloppait, la cachetait, la plaçait dans un livre ainsi

Page 1