‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 123 sur 168 · Lettres de la Montagne, p. I · texte numérisé non relu

Lettres de la Montagne, p. I

LES MIRACLES. 35i

mencement de cette Étude. Il soutient que Dieu a dû donner à sa Révélation divers caractères, selon le degré des esprits : la beauté et la sainteté de la doctrine pour les bons raisonneurs; et les miracles pour le vulgaire: mais avec cette différence qu'il n'y a de signe vraiment certain

que celui qui se tire de la doctrine, parce que les miraclés, que la Bonté divine, se prêtant aux faiblesses du vul-gaire'^ veut bien lui donner en preuves qui fassent pour lui^ n'ont pas besoin d'être réels; il suffit* qu'ils soient apparents,7e ^ewp/e étant hors d*état de faire cette distinction. C'est pour cela que ces miracles, quoi(jue émanés de Dieu, sont équivoques d.\ix yeux des gens instruits et des bons raisonneurs, comme il sera prouvé ci-apres^ : c'est-à-dire, parles exemples du paysan de Northollande , des Briofchés, et àe Rousseau lui-même.

Voilà les expédients de l'incrédulité; c'est pour ces graves raisons, ces convaincantes théories, ces nobles conceptions de la Divinité, ces satisfaisants motifs, qu'elle rompt avec la loi chrétienne. Juste Dieu ! lui rétorquerons-nous? La tête tourne, on ne sait où l'on est. Ce sont donc là, messieurs, les fondements de votre incrédulité? Notre foi en a de plus sûrs, ce me semble^.

On se demandera sans doute pourquoi Rousseau , qui prétend avoir une foi solide et sûre en la Révélation de Jésus-Christ, qui reconnaît la vérité de l'Evangile, qui

reconnaît la possibilité des miracles, qui reconnaît même 1 apparence des miracles en fait et en théorie, s'arrête là, et s'obstine à tout prix à méconnaître la réalité des miracles. D'où vient cette horreur invincible qu'il a pour

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