‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 129 sur 168 · Lettres de la Montagne^ p · texte numérisé non relu

Lettres de la Montagne^ p

« 2. Ne va-t-il pas jusqu'à dire sérieusement une absurdité? « H y a « pourlant, je Tavoue, des choses qui m'étonneraient fort, si j'en « étais le témoin ; ce ne serait pas tant de voir marcher un boiteux, « qu*un homme qui n'aurait point de jambes!.,. » — Voltaire avait trop de bon sens pour attaquer le Christianisme par de telles déraisons : « Qu'une compagnie de grenadiers me dise unanimement :

AoiM venons de voir un miracle, disait-il, et je croirai au miracle.

LES MIRAGLfiS. 3Gl

merveilles de la seconde, et que le même témoignage qui nous assure les faits de Socrate ou de César peut nous assurer les faits de Jésus-Christ.

Un aveugle-né croit aux merveilles de la création, et cependant il n'y croit que sur le témoignage des hommes, et cependant ces merveilles sont pour lui inimaginables, et plus prodigieuses que les miracles ne le sont pour nous. Telle est notre situation à Tëgard de ces miracles.' Nous ne les avons pas vus; nous sommes, par notre éloignement, aveugles-nés par rapport à eux (comme les témoins des miracles étaient aveugles-nés par rapport à l'accomplissement des prophéties]. Mais d'autres hommes les ont vus ; et de même que ces miracles eussent été visibles pour nous, ils ont été visibles pour eux ; ce que nous eussions fait pour nous en assurer naturellement, ils Tout fait : si donc ils s'en sont assurés, c*est que nous nous en fussions assurés nous-mêmes; et s'ils les ont reconnus, c'est que nous les eussions reconnus. Leur témoignage peut avoir ainsi pour nous la même valeur que celui de nos propres sens; on peut dire même qu'il y a plus de garantie souvent dans le témoignage des autres hommes , quand ils sont nombreux et éprouvés.

La seule chose à discuter n'est donc pas la compétence du témoignage humain, mais la qualité spéciale du témoignage de Jésus-Christ et des Apôtres, leur véracité; Toute la question est là.

Que si leur véracité est incontestable, éclatante; sUl faut être fou ou méchant^ comme dit Rousseau, pour la nier; si F Evangile a des caractères de vérité si grands, si frappants, si parfaitement inimitables^ que Finventeur m serait plus étonnant que le héros ^ alors nous devons néces-

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