‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 142 sur 168 · FonteneUe, Discours sur la patience · texte numérisé non relu

FonteneUe, Discours sur la patience

2. Gela a été faijt, bien mieux que nous n'oaeriouB ressayer, par noire ami, M. îlodière, professeur à la Faculté de droit de Toulouse, BOUS le titra : les Saint4 et leur siècle^ ouvrage saintement et agréablement écrit, où Tauteur a yersé, dans un petit nombre de pages, le

FRUITS DU GURISTIANISHB. 439

An reste, comine nous rayons déjà dit, un seul suffit, et il en est un qui se trouve avoir eu le pouvoir d'apprivoiser rirapiété, et de lui faire rendre homraage à la divinité du Principe de ce pouvoir. La plume de Voltaire n'a jamais rencontré le nom de saint Louis sans perdre toute sa rage et devenir chrétienne. Il en a fait l'éloge maintes fois, et, chose remarquable ! il n'a jamais pu détacher Thomme du saint, tant le bon sens, plus fort que ses préjugés, lui a fait voir que la cause de tant de vertus ne . pouvait être que surhumaine! Voici quelques fragments de cet éloge, qui est celui du Christianisme dans saint Louis :

« Toutes les vertus humaines étaient chez les Anciens, « je l'avoue ; les vertus divines ne sont que chez les « Chrétiens.

« Quel bon roi, dans les fausses religions, a vengé « tous les jours sur soi-même des erreurs attachées à une « administration pénible, et dont les princes ne se croient a pas responsables? Où est le grand homme de l'Antiquité « qui ait cru devoir rendre compte à la Justice divine, je « ne dis pas de ses crimes, je dis de ses fautes légères, « je dis des fautes de ceux qui, chargés de ses ordres, « pourraient ne pas les exécuter avec assez de justice?

« Quels climats, quelles terres ont jamais vu des mo- « narques païens, foulant aux pieds la grandeur qui fait « regarder les hommes comme des êtres subalternes, et « la délicatesse qui amollit, et le dégoût affreux qu'in- « spire un cadavre, et l'horreur de la maladie, et celle « de la mort, porter de leurs mains royales des hommes « obscurs frappés de la contagion et Texhalant encore,

trésor d'une érudition variée, d*un esprit observateur, d'une &mepo^ tique, et d*un cœur plein de foi.

440 CHAPITHE VII.

« leur donner une sépulture que d'autres mains trémie blaient de leur donner?

a Tombé entre les mains des musulmans, ils conçoi- « vent ridée d'offrir la couronne d'Egypte à leur captif. « Jamais la vertu ne reçut un plus bel hommage*.

« Portons plus haut notre admiration; voyons, non ce « qui étonnait l'Afrique, mais ce qui doit nous sanctifier, « cette piété héroïque qui nous rappelle toutes les ac- « tions saintes de sa vie.

a Saint Louis est humble dans le sein de la grandeur : « il est roi, et il est humble. Saint Louis secourt les pau- « vres, il s'abaisse devant eux; il est le premier des rois « qui les ait servis. C'est là ce que toute la morale païenne « n'avait pas même imaginé.

« La Charité n'est pas moins étrangère à TÂntiqaité « profane: elle connaissait la libéralité, la magnanimité; « mais ce zèle ardent pour le bonheur des hommes et « pour leur bonheur éternel, les Anciens en avaient-ils « ridée? ont-ils approché de cette ardeur avec laquelle « le roi travaillait à secourir les âmes des faibles, et à « soulager toutes les infortunes?

« Ainsi la Religion produit, dans les âmes qu'elle a « pénétrées, un courage supérieur et des vertus supé- « rieures aux vertus humaines. Elle a encore sanctifié « dans saint Louis tout ce qu'il eut de commun avec les « héros et les bons rois.

« 0 vains fantômes de vertus! 6 aliénation d'esprit! « que vous êtes loin du véritable héroïsme! Voir d'un « même œil la couronne et les fers, la santé et la mala- « die, la vie et la mort; faire des choses admirables, et

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