Wiseman, 4« Dhcoun
38 CnAPITRE II.
leur triomphe, je veux dire de produire <le« effets fai 'tes dépassent. Le disciple fait oublier le maître, et plus céUiici se donne de successeurs, plus il se prépare de rivaux; et cela se conçoit, parce qu'après tout il ne dispose que d'une force commune à tous, et dont il n'est qu'un moteur accidentel. Jésus^Christ seul domine à jamais son propre ouvrage, et quel ouvrage ! De lui partent des traits 4e perfection qui se réfléchissent à l'infini dans ses disciples, et qui brillent du plus vif éclat dans mille caractères héroïques, orgueil de l'humanité. Quels caractères, quels héros, que tous ces grands Saints que te Christianisme a enfantés au monde ! Leur nombre m'empêche de les nommer, et leur supériorité m'en dispense. Eh bien ! outre que tant de mérites, tant de perfections, reviennent .à Jésus-<]lhrist qui en est l'archétype direct, la perfection personnelle de ce divin original est restée tellement audessus, tellement à part de ces copies, que ce serait folie autant qu'impiété de les lui opposer.
Tous ces traits caractéristiques de la personne de Jésus- . Christ lui sont si exclusivement propres et le séparent si profondément du reste des hommes, que la raison la plus froide ne sait comment voir en lui un pur homme , et .que l'incrédulité a vraiment sujet de s'étonner d'ellemême, et de chercher sa source autre part que dans là ^séflexionS
1 . « A la réflexion qui s*inquiète on 4oit iiopoaer ftilence , îmUL ii qd^elle n'est pas en état de démontrer dans la vérité une personiie il qui, à l'endroit de la Religion, ait le courage et le droit de se p'ia- M cçr à côté de Jésus. — Le Christ ne saurait être suivi de pensonoe ^ qui le dépasse, ni même qui puisse atteindre après lui et par luijlo ^ Blême degré absolu de ia vie religieuse. — Jamais en aucun temps c il ne sera possible de s'élever au-dessus de lui, ni de concevoir un « législateur qui soit même son égal, i» (Strauss, t. II, p. 76j9, 770, 778.) Telle est la conclusion du livre le plus hardi qui ftft été écrit do
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Aa reste, il y a tant de vérité dans tout ce que nous venons de dire, que nous ne craignons pas d*en appeler au sens moral de chacun de nos lecteurs, et d*étre taxé d'exagération. Et ceci est encore un trait de plus de la perfection surhumaine de Jésus-Christ, que npus devons relever. Elle est si réelle, que tout le monde s'accorde à la sentir, et qu'il n'est pas besoin de la justifler. L'exagération n'est pas possible dans son panégyrique. Quel est l'homme dont on pourrait parler comme nous venons de parler de Jésus-Christ? La vérité autant que l'amourpropre s'en offenseraient justement, et il n'est pas de sujet appartenant à cette terre , dont la louange puisse ainsi passer sans quelque juste restriction. Lui seul épuise tous les discours, Lui seul autorise la louange jusqu'à l'adoration. Le mot de divin, qui est du style figuré et hyperbolique pour tout autre emploi, devient, en s'appliquant à Lui, du style propre; et nul, même parmi les incrédules, n'en est instinctivement choqué : l'humanité le soufifre sans orgueil comme sans envie, parce qu'elle sent que le sujet ne lui en appartient pas. Nous croyons exprimer ici justement le sentiment universel , et il en sort cependant une bien éclatante confirmation de la vérité de notre foi.
nos Jours contre la divinité do Jésus- Christ. — ^On sait avec quel éclat If. Renan. a f^t ressortir ce jcaraotère qbsolu de perfection ^n Jésiis- Christ, tellement que, non-seulement par rapport à Inhumanité il a fondé la religion absolue, mais que «i d'autres' planètes ont ées hàbi^ tfints douéjS de raison et de moralité^ leur religion ne peut être di^éjfente de celle que Jésus a proclamée près du puits de Jacob, La conséquence, dit-ily c'est qae c'est ttvec justice que la conscience wiiv^rselU lui a décerné, le titre de Fils de Dieu,.. Gpnin^ent, i^vec ces prémisses -ft Cette conclusion, le Strauss français accoupie-t-il cette autre côaclu- •ion, que ce même Jésus, Fils de Dieu, est, en knéme temps, un anarchiste, un,lvilluçmé, un. frénétique pX ,jm impQ9(<eur>? Çpoifaent?... €e sont là lès inystbres de Pimplétë. ' ^
Il suffirait de nous en tenir à ces généralités. Gomment pourrions-nous d'ailleurs oser louer en détail toutes les perfections qui brillent dans cet adorable modèle? et que les Évangélistes ont bien été divinement inspirés de s'en abstenir et de se borner à les montrer! Quel ensemble de vertus! quelle perfection dans chacune d'elles! Comme elles s'accordent sans se nuire ! comme elles se déploient sans tomber, ainsi que nos vertus humaines, dans je ne sais quel excès qui les fait dégénérer en vice ! En Lui la bonté est sans faiblesse, le zèle sans intolérance, la fermeté sans roideur, l'humilité sans bassesse, la résignation sans abattement, la patience sans fierté, la charité sans bornes.
Le caractère de Jésus-Christ est essentiellement vrai , et ne présente rien d'outré, rien de heurté. La nature humaine s'y laisse voir dans toute la naïvetéide ses émotions légitimes, et la nature divine dans toute la sublimité de ses perfections. Quand Thomme est vertueux, il l'est trop souvent aux dépens de la vérité de sa nature;, il se guindé et se fausse, il n'est plus homme, et néanmoins il n'échappa pas avec cela à mille faiblesses qui trahissent sa feinte grandeur. En Jésus-Christ, l'homme ne disparaît jamais, et la nature jouit de tous ses droits ; mais en môme temps les vertus s'y montrent sans faiblesse, sans taches, et d'autant plus divines qu'elles ménagent tous les sentiments de la nature humaine ; car elles sont par cela môme d'autant plus vraies, et c'est cette parfaite vérité qui fait leur divinité. Jésus-Christ est vertueux comme un homme qui en môme temps serait Dieu, comme un Homme-Dieu. En lui l'homme et le Dieu sont entiers. Le Dieu peut dire : Quel est celui d'entre vous qui me convaincra dépêché ? L*homme peut dire aussi :
LA PERSONNE DE JÉSUS-CHRIST. Ai
Quel est celui d'entre mus qui me convaincra ttinsensibilitif Et c'est dans la parfaite jointure de ces deux états que se découvre le Dieu. C'est là précisément ce qui nous séduit en Lui, ce qui nous charme, ce qui nous encourage à l'imiter, ce qui fait que le modèle le plus achevé est en môme temps le moins désespérant. Avec Jésus-Christ on peut se plaindre, on peut pleurer, on peut repousser la souffrance, on peut tolérer les pécheurs, on peut aimer ce qui est aimable; et Jean-Jacques avait raison de dire : « Une des choses qui me charment dans le caractère de « Jésus n'est pas seulement la douceur des mœurs, la a simplicité, mais la facilité, la grâce, et même l'élé- « gance. Il ne fuyait ni les plaisirs ni les fêtes, il allait « aux noces, il voyait les femmes, il jouait avec les en- « fants, il aimait les parfums, il mangeait chez les flnan- « ciers. Son autorité n'était point fâcheuse. Il était à la « fois indulgent et juste, doux aux faibles et terrible aux « méchants. Sa morale avait quelque chose d'attrayant, * de caressant, de tendre ; il avait le cœur sensible ; il « était homme de bonne société. Quand il n'eût pas été a le plus sage des mortels, il en eût été le plus aimable^. » Et avec cela, ou plutôt par cela même, il nous invite, il nous appelle, il nous fait monter jusqu'aux plus éminentes vertus, jusqu'aux plus douloureux sacrifices, jusqu'à la croix.
Que de traits se présentent en ce moment sous ma plume! et auquel m'arrêter, entraîné que je suis par l'admiration qu'ils m'inspirent, retenu par mon insuffisance à les exprimer? Redirai-je la Madeleine^ ou la Sa» maritaine^ ou la Femme adultère^ ou la Cananéenne^ ou le