ÉPILOGUE
la tête du monarque, le mettre sur la sienne, et lui taper le visage de la main : et à tout cela lui la regardait ébahi, riant si elle riait ; et si elle se courrouçait, la flattant jusqu'à ce qu'il fût rentré en grâce. 0 hommes! reconnaissez-le donc, les femmes sont les plus fortes. »
A ce moment du discours le roi et ses conseillers se mirent à se regarder les uns les autres; mais le jeune orateur reprit aussitôt ce qu'il avait à dire sur la Vérité.
a 0 hommes ! poursuivit-il, les femmes sont sans doute les plus fortes, la terre aussi est grande, haut est le ciel, et le cours léger da soleil en fait le tour et revient à son point dans le rapide espace d'une journée. Mais, au-dessus de toutes ces choses, plus magnifique est Celui qui les a faites, et sa Vérité, grande et forte plus que tout. Toute la terre invoque la Vérité, le ciel la bénit; toutes les créatures se meuvent i)pur elle, et tremblent de sa crainte. En elle rien de mauvais. Le vin est mauvais, le roi mauvais, les femmes mauvaises, tous les enfants des hommes mauvais ; mauvaises sont toutes leurs œuvres ; et comme il n'y a point de vérité en eux, ils périront dans leur iniquité. Mais la Vérité subsiste et se renforce éternellement ; elle vit et demeure aux siècles des siècles. Il n'y a pas auprès d'elle acception de personne, ni aucune distinction ; mais ce qui est juste^ elle le rend à tous, bons et méchants, et tous trouvent grâce dans ses œuvres. Et il n'y a dans son jugement rien de mauvais, mais la force, le règne, la puissance et la majesté des âges. Béni soit-il le Dieu de Vérité ! »
Et il cessa de parler, et toute la multitude s'écria, disant: tt La Vérité est la plus grande et la plus forte ! »
Alors le roi lui dit : a Tu n'as qu'à demander ce que tu voudras, outre les dons qui sont convenus, et tu l'auras
ea récompense de ta sagesse ; je te ferai seoir près de moi, et t'appellerai mon cousin. »
Hais il dit au roi: « Je ne te demande pour récompense qu'une chose : c'est que tu te ressouviennes du vœu que tu as fait en prenant le sceptre, de réédifier Jérusalem et de relever son temple, et que tu veuilles bien, 6 Majesté, en ordonner l'exécution ! »
A ces mots^ le roi Darius se levant le baisa, et écrivit aussitôt à tous ses préposés pour rendre la liberté aux Juifs, et leur faciliter le retour dans leur patrie, et la reconstruction de leur ville et de leur autel.
Et leur jeune libérateur s'en alla; et, levant la face vers les hauteurs de Jérusalem, il bénit le Roi du ciel, et dit : « De toi vient la victoire, de toi viennent la sagesse et la clarté, et je ne suis que ton pauvre serviteur. Sois béni, 6 toi qui m'as donné la sagesse ! Je te confesserai toujours, 6 Seigneur, Dieu de nos pères ! n
Et nous aussi, au milieu des diverses séductions qui se disputent les cœurs des hommes, puissions-nous avoir fait prévaloir l'excellence de la Vérité, et obtenu qu'ils relèvent enfin son temple, qui est la foi en Jésus-Chr&t! Puission&-nous avoir jeté nous-méme les premiers Ion* déments de cette foi chez les uns, l'avoir accrue chez d'autres, complétée et raffermie chez plusieurs, et contribué par là quelque peu à cette rénovation sociale dont les matériaux sont romués aujourd'hui par tant de mains, dont le pressentiment fait battre tant de cœurs, et dont Dieu seul conduit et dispose l'ouvrage, ccmime lui seul en sera la fin! Heureux si, par notre dévouement & cette sainte otuse, nous n'avons pas passé inutile sur la terre,