‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 19 sur 168 · LA PERSONNE DB JÉSUS-GHBIST · texte numérisé non relu

LA PERSONNE DB JÉSUS-GHBIST

que Dieu s'est fait homme pour instruire les hommes dans Fart de la vertu, pour leur en montrer le parfait modèle, et que, dans ce but, il devait figurer en sa personne non un Dieu^ mais un homme vertueux. Pour que nous pussions être portés à faire comme lui, il fallait qu'il sentit comme nous, sans quoi son exemple ne nous eût pas même été proposable. Si, par exemple, lorsqu'il reçut ce soujQQet, il n'en eût pas ressenti Toffense, comment aurions-nous appris de lui la manière de la supporter?... Remarquez d'ailleurs que, outre ce que nous avons déjà dit sur l'accord de la sainteté du Dieu avec la sensibilité de l'homme en Jésus-Christ, la manifestation de la Divinité sort de cette sensibilité même, par la perfection des vertus dont celle-ci devient l'épreuve. L'homme parait dans la souffrance, et le Dieu dans la manière de la supporter. Oui, ce qui me convainc de la divinité de Jésus-Christ, c'est sa sainteté dans notre sensibilité, et en ce sens il me paraît d'autant plus Dieu qu'il est plus homme.

L'incrédulité s'y trompe, et cela est juste, parce que, comme nous l'avons dit si souvent, il faut qu'elle ait de quoi être trompée, n'ayant pas la ferme volonté de ne pas l'être, et la foi n'étant réservée qu'à cette ferme volonté.

m. Mais cela même nous fournit un argument de plus de la divinité de Jésus-Christ.

Si Jésus-Christ n'eût pas été réellement Dieu, s'il eût voulu seulement en jouer le rôle et les Évangélistes le lui faire jouer, s'y fussent-ils pris de la manière qui rendait leur prétention le plus incroyable au sens humain? il est évident que non. Tous ces traits qui laissent voir en

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léSQS-Gbrist la faiblesse et rimpuissànce, et qit! ècslûSSlisent riûcrédulitéf eussent été soigneusement dissimulés, et recouverts d'un semblant de majesté et de fermeté surhumaines.

Pour apprécier cette réflexion, il faut surtént nous placer au sein des mœurs juives et païennes, et nous dé^ poliiller de ces lumières que le Christianisme iious à données sur lui-méirie. Comment se représentait-on alors, je ne dirai pas méme.un Dieu, ïnais un sage? Nous venons de le voir dans le portrait que fait Sénëque de la flëre impassibilité de Catou; Comment en particulier le petï^le juif s& représentait-il té Messie? Gomme un conquérant superbe qui devait fouler fout à seô pieds. Voilà les pi-èjugés qui enveloppaient alors le monde, el eu pat-ticufièr la Judée. Et' dans cet état on veut d'abord ^ue (Juaife écrivains obscurs aient été assez' supérieurs à' ïa ncatiire humaine pour deviner,' cofttrairémèht à tous les pf é|tfgês de leur époque, les qualités d'une âme véritàbléihéât divine , et la peindre si parfaitement en Jésus^Ohrt^? Pourquoi le font-îls faible dans son agdnié? ne sâveni-ils pas peindre une mort constante? Oui, sans douté; fcaf fe môme saint Luc peint celle de saint Èlieniie plus fùrte . que celle de Jésus-Christ. Mais non; ils démêlent siir-Iéchamp ce que dix-huit siècles de lumière nous ont à pèim appris à découvrir, et ils rencontrent juste le trait qui convient S la mort d'un hdmme-Dieii, lequel dè^loife tine force d'autant plus surhumaine dàhs le cours de sori supplice, qtf il en fessent plus profondérdent rhôfréu*, et qu'il paraît y succ^mbét'^ -^ Maié Jésus^Christ et 'ses

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un senlimeni piug exquis et n'a dû ressentir, plus d'horreur pour U m\>rt liUe Jè&ué4:Krifti piii^iqtfif ('4 rè'gâfdêê îàifSif^m p^ééhVqtt!

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