‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 20 sur 168 · LA PBRSQVIIB DB JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA PBRSQVIIB DB JÉSUS-CHRIST

bnmbles bistoriens eassentrils, seuls entre tous leurs contemporains, compris le rôle qui convenait réellement à un homme-Dieu, et saisi par je ne sais quelle illumination tous les traits qui composent cette Passion et cette mort qui épuiseront à jamais Tadmiration des siècles, nous n'aurions résolu que la moitié de la difficulté. Il resterait à nous demander comment, disposés à feindre la Divinité aux yeux de leurs contemporains, ils eussent précisément choisi tous les traits qui étaient le plus directement contraires aux préjugés de leur temps. Voulant passer alors pour Dieu, Jésus-Christ et ses disciples devaient poser à la manière dont on se figurait alors un Dieu, et en particulier le Messie, sous peine de voir crouler leur projet. Le génie qu'on est obligé de leur accorder pour parer à la première difficulté, en leur faisant deviner les qualités qui conviennent à la vie et à la mort d'un Dieu, ne peut leur être subitement retiré pour échapper à la seconde difficulté, jusqu'à ne leur laisser pas même cette mesure de sens commun qui devait leur dire qu'en le peignant comme tel, ils le peignaient au rebours des préjugés de leur temps, et par conséquent du succès de leur entreprise. De deux choses Tune : ou bien ils avaient de Tintelligence, ou bien ils n'en avaient pas. On ne peut prétendre qu'ils fussent à la fois des génies et des insensés. Or, n'était-ce pas le comble de la folie de dire au

étant étranger au monde, y a été introduit par le démon. U voyait d'ailleurs toùa les blasphèmes et tous les crimes qui devaient accomjpagner la sienne : c'est pourquoi U a ressenti cette épouvante, cœ frayeurs, ces tristesses, que nous avons vues. Mais pour cela il ne faut pas eroire que l'agitation dé ses passions turbulentes ait pénétré la Imite partie de sob âme : les aogoisaei n'ont pai été Jusque -là; il en a été à peu près comme de ces hautes montagnes qui sont battues de foM^ et àeé teûipététr dans leurs parties bUs^à, pendant qu*au sommet eUes JimiM^nt d'un D^b» Idleii et de ta «érémté M délit. •

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siècle d'Hérode et de Néron, en lui montrant Jésus-Christ sur la croix : « Voilà votre Dieu?... » N'était-ce pas le comble de la sagesse, en réalité, d'avoir ainsi rencontré les véritables caractères de la mort d'un Dieu? — Que l'incrédulité sorte de là, si elle le peut.

Faisons-lui remarquer, en attendant, qu'il est si bien vrai que le rôle de Jésus-Christ était diamétralement contraire au succès de son entreprise, que ce fut là précisément la grande cause de l'incrédulité des Juifs, qui ne pouvaient se résoudre à voir leur Messie dominateur dans un abject supplicié ; que ce fut aussi la grande cause de l'incrédulité païenne, qui, ainsi que nous le voyons dans les écrits de Celse, de Porphyre et de Julien, relevait directement contre la divinité de Jésus-Christ tous les traits de sa vie, et surtout de sa Passion et de sa mort, où il paraît faible, abandonné, impuissant dans les mains de ses ennemis et de ses bourreaux. Et c'est en heurtant ainsi de front tous les préjugés de leur temps, et par le fait en y succombant dès Tabord d'une manière aussi ouverte, que les Apôtres auraient conçu la réalisation de leur entreprise, eux qu'on est forcé -de faire d'ailleurs si habiles, qu'ils auraient, je le répète, dépassé leur siècle de dix-huit siècles, ou plutôt de tous les siècles!...

En définitive ils ont réussi, dira-t-on.

Je réponds qu'on va se froisser par là contre une nouvelle et forte preuve de la divinité du Christianisme, et que c'est précisément parce que la conduite de Jésus- Christ était en opposition avec toutes les voies humaines, que son succès ne peut s'expliquer que par une force toute divine. Mais, sans nous prévaloir encore de cet argument, nous voulons bien admettre que ce succès ne prouve ni dans un sens ni dans un autre. C'est la moindre des choses

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