‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 21 sur 168 · LA PBRSONNB DB JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA PBRSONNB DB JÉSUS-CHRIST

qu^on paisse nous accorder ; et cela suffit pour replacer Fincrédule dans le cercle de la difficulté où nous Tavions renfermé.

Ce qui est certain, c'est que le succès paraissait souverainemenl impossible, et contraire aux moyens employés; qu'il fallait être fou pour procéder comme les fondateurs du Christianisme Tout fait ; et la preuve, c'est qu'ils ont été traités comme tels.

Ce qui n'est pas moins certain, c'est qu'il fallait une profondeur de génie (humainement parlant] inconcevable, pour surprendre ainsi dans le sein de la vérité la plus inconnue alors, tous les secrets d'une vie et d'uhe mort qui nous paraîtront à jamais divines.

Ce que nous avons le droit de conclure enfin, c'est qu'il est absurde d'admettre dans Jésus-Christ et ses disciples, si on ne veut voir en eux que les entrepreneurs d'une Keligion humaine, ou tant de génie ou tant d'ineptie, et, ce qu'il y a de plus fort, ces deux choses en même temps.

Admettez au contraire que Jésus-Christ est Dieu, et ses disciples inspirés par lui dans le tableau qu'ils nous ont fait de sa personne, et tout s'explique ; la sagesse comme la folie de leur conduite.

La sagesse : c'est elle-même, c'est Dieu qui a réellement fourni en Jésus-Christ le personnage évangélique dont nous admirons la perfection adorable. Qu'y a-t-il d'étonnant qu'il se soit conduit en Dieu, et que les Ëvangélistes l'aient peint comme tel? Cela devait être : Jésus-Christ n'a eu besoin que d'être lui-même, et les Ëvangélistes que de le copier. Les ténèbres de l'ignorance où était alors plongé le monde touchant le caractère divin ne rendent plus la découverte de ce caractère en Jésus-Christ incon-* cevable, parce que cette découverte n'est pas une inven-

M GEAPITIB !!•

IroB de rhommov mais une simple révélation de la Sagesse divine elle-même, se faisantjour sur la terre, et inspirant à ses disciples, d'autant plus propres à cela qu'ils étaient plus simples^ le fidèle récit des actions qu'elle-même avait faites.

La folié : elle n'existait que parce que des hommes tout seuls ne sauraient en effet, «ans folie, prétendre à un succès quelconque que par des moyens humains, dont le plus indispensable est de ne pas heurter de front les préjugés de leur temps; ce qui a très-bien fait dire à Pascal : « Mahomet s'est établi en tuant, Jésus-Christ en faisant « tner leâ siens ; Mahomet, en défendant de lire, Jésus- « Christ en ordonnant de lire, etc. Enfin, cela est si con- « traire,' que si Mahomet a pris la voie de réussir humai- « âementi Jésus-Christ a pris celle de périr humaineflc ment ; et au lieu de conclure que, puisque Mahomet a a réussi,' Jésus-Christ a bien pu réussir, il faut dire que, « puisque Mahomet a réussi, le Christianisme devait périr « s'il n'eût été soutenu par une force toute divine. » Cette force étant donc déniée^ c'était le comble dl la folie d'agir comme Jésuâ-Christ et ses disciples l'ont fait ; mais cette force étant admise, la folie de la croix devient sagesse^ parce qu'il est d'uh Dieu de manifester son action par r^clttsion de tous les moyens humains^ et de faire éclater sa force dans notre infirmité.

C'est ainsi que tout se redresse et que tout s'explique« et qfi^ le point de vue de la raison se confond avec le point de vdè de la foi en Jésus-Christ. Le second de ees points dé vue dépasse, il est vrai, le premier; mais» ou^e ^ eda dt confomie àlanature desefao^esi île sont totif éen il bieâ ajusté! qu'iM n'ea font Qu'as seuli et tivi'm Btfmilfttitter l'ttft sans ^^mt l'auti^

LA PERSORRB HB jéSUS-GHRIST. 51

IV. Nous n'ayons jusqu'ici envisagé que le côté BOioral du caractère de Jésus*Gbrist. Le côté intellectuel n'est pas moins digne de nos méditations.

^f de wms me convaincra de péché f disait-il; il aurait pu aussi bien dire : Qui de voué me convamcra (ferreuri L'un et l'autre de ces deux défis, d'une témérité insensée de la part de tout autre, sont tellement justifiés en Jésirs- Ghrist, qu'on ne songe pas même à ce qu'ils auraient; humainement parlant, d'inconyenant, et en particulier de contraire à ce qu'il dit ailleurs sur lui^mémé« Apprenez de moi que je suii doux et humble de cwur. C'est que tout se concilie en Lui par cet autre mot : Je suii h Vérité;

Par le fait, jamais parole n'a été plus livrée à la discussion et à Fapplicatiob que la parole de Jésus-Ghrist. letée aux quatre vents du ciel, transmise de siècle en siècle, partout, toujours elle a porté des fruits de vérité, de perfeclîonnement et de civilisation. Nulle part elle n'a reçu un démenti. Qu'on l'ait acceptée^ qu'on l'ait rejetée, elle a toujours fourni sa preuve^ salutaire ou terrible; et elle a convaincu dépêché et de jugement ceux qu'elle n'a pu convaincre de sa vérité et de sa bonté. C'est ce glaive affilé et à deux tranchants sortant de la bouche de Jésus^Christ^ dans la céleste vision de Taigle de Patmos.

Quel sujet de profondes réflexions pour une Ame qui cherche des marques de vérité dans le Ghristiaàistne^f N'est-ce qu'un homme, celui de la bouche duquel eét iôftie une parole telle que celle-là? une pùrole dont dit-huit siècles de développements et d'appUcation n'ont pu épul« ser la tteondtté) et qui porte encore, à l'heure qu'il est, dans ses: flanca^^ toutes lés htlâiîèf es,- toutes léi réformes cAteme toute» léé ééotrrlléi de l'atenir ?... î^ést-cé qu'un bftnine4 èeWi q«lt^ au êèifi «es ïérièbré^ le* pïu^ êpiiSiè^

52 CUAPITRB II.

OÙ était alors plongé Tesprit humain, a si justement dit de lui, Je mis la Lumière du monde ^ et a porté sur lui-même ce jugement prophétique, dont tout ce qui est atteste et garantit Taccomplissement : Le ciel et la terre passeront^ mais ma parole ne passera pas?.,. N'est-ce qu'un homme, celui dont la seule parole mise ou ôtée dans le monde en fait la lumière ou les ténèbres, la sainteté ou la corruption, la vie ou la mort?... Je le demande h la droite raison, n'est-ce qu'un homme , n'est-ce que cette parole qui sort ordinairement de la bouche de l'homme? ou plutôt n'estce pas la Parole même, je veux dire le Verbe de Dieu sous la forme d'un homme?...

Pour moi, je le déclare, je ne connais pas la vérité à d'autres marques que la parole de Jésus-Christ. De part et d'autre je vois la même puissance, la même immutabilité, la même infaillibilité, lamême universalité, la même perpétuité, la même fécondité, la même simplicité, la même profondeur, le même accord avec ma conscience et ma raison, lamême confirmation d'expérience, le même crédit de sens commun ; elles se confondent toutes deux dans mon esprit comme deux sons égaux, deux lumières jumelles; et je ne peux démêler ces deux verbes, Tun intérieur et l'autre extérieur : au point que, sans le témoignage de l'histoire, je croirais les tenir tous deux de la nature» et les avoir puisées à la fois aux mamelles de la vérité.

Et cependant le fait est certain, c'est de Jésus-Christ que part cette parole qui vient se confondre ainsi avec la vérité naturelle. 11 y a eu un jour où l'Évangile n'existait pas, et un autre jour où il a commencé à paraître. Son nom lui-même le dit, il a été pour le monde la bonne nouvelle. Cela est si vrai, il est si vrai que la lumière de l'Évangile

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était nouvelle^ qae le genre humain tout entier se soaleta pour la repousser comme une contradiction avec ce qu'on croyait être la vérité, qu'elle-même fut obligée de se dire une folie^ et que ce n'est qu'à travers les plus furieux obstacles qu'elle a fini par faire reconnaître ce qu'elle est : la Sagesse même, la Vérité même.

Qu'on fasse bien attention à ce mode particulier d'in-* troduction de l'Évangile dans le monde. Il y a une vérité naturelle qui est comme le type, le talon^ d'après lequel se vérifient toutes les opérations de notre âme. Celles-ci ne peuvent se faire recevoir que par leur conformité avec cette vérité mère. Or, l'Ëvangile est venu augmenter la mesure de celle-ci, non par forme de déduction, mais d'adjonction à la connaissance que nous en avions déjà : il a étendu la révélation primitive de l'infinie vérité ; et, la prenant au point où le Créateur l'avait laissée en nous, il l'a accrue d'une révélation nouvelle : c'est une révélation de la même vérité quant à la nature, mais plus large et plus avancée quant au degré : le centre est le même, la circonférence est plus étendue. — Or, le résultat de ceci n'est pas seulement d'avoir augmenté pour nous la somme de la vérité, mais d'avoir rétabli et redressé celle que nous avions déjà, et qui s'était altérée en nous. Aujourd'hui la lumière évangélique nous parait tellement conforme à la lumière naturelle, que nous les confondons toutes deux. Quand elle parut, ce fut le contraire : elles se heurtaient. D'où cela provenait-il, si ce n'est de ce que la lumière naturelle était pervertie au sein de l'humanité? L'effet de la lumière évangélique a donc été de rétablir en nous la vérité naturelle, et de l'accroître de son addition, comme un édifice qu'on reprend en sous-œuvre pour le mettre à même de supporter un exhaussement. Et

M CHAPITRE n.

eekf s'est fait tout seul en quelqae sorte, tant c'était ookh forate à la nature des choses, et par une action réciproque èefif âeuit ordres de vérité Fun sur Tautre. La lumière éyaftgélique a épuré la lumière naturelle, et la lumière naturelle, en s'épurant, s'est identifiée arec la lumière évangélique, tellement qu'il n'y a plus eu du tout qu'une seule et même vérité. C'est ce qui existe aujourd'hui, c'est ce qui va se développant de plus en plus; car la lumière évangélique â une vertu que n'avait pas la lumière naturelle^ vlhG vertu indéfectible quant à la substance, et en m:éme temps progressive à l'infini quant à l'application. -^ Dans tout cela nous ne raisonnons pas diaprés la doctrine et la croyance, mais d'après les faits, d'après l'histoire de l'esprit humain.

Eh bien! je le demande encore, celui dont la parole a^ opéré cette refonte et cet accroissement de la vérité dan^ le monde n'est-il qu'un homme, qu'un héritier d'igûorancé et d'erreur comme les enfanta des hommes, ou n>st-il pas l'auteur de là vérité, la Vérité même? et à quelle autre marque reconnaltrtons-nous celle-ci?

Qu'il est intéressant pour l'esprit humain de se reporter «a moment où cette Vérité régénératrice parut dans le monde, et de se la représenter encore renfermée dans sôfi Auteur i Gomme là elle se montre avec des caractères eonfonnés à sa céleste origine I comme elle luit au milieu des ténèbres^ qui ne la comprennent pas/ Ces ténëbre!^ régnent partout sur la terre ; elles régnent en* particulier dans là Jfudée, oft la fausse idée qui avait prévalu sur lé Messie avait complètement étouffé la véritable : et cei Messie venant parmi lés éiens^ les siens ne le reçoivent pas. IàWt(^ éone : tmt est ténèbres autour de Lin : sevii it" fierté d«0«pscfii setn cette lumière qui doit é&sÉpitir wk jomr

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