‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 22 sur 168 · LA PEBSOWB BB |£SUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA PEBSOWB BB |£SUS-CHRIST

hmtmie. Il parle : parole puissante I parole divine 1 dont efaaipie mot va devenir la sagesse des nations» et qui de ses lèvres va passer jusqu'aux eonflns du monde, jus** qu'aux confins des siècles, et tout changer, tout renou-^ vrïer sur son passage! Gomme elle se produit bien en souveraine, et comme on voit que celui d'où elle émane est le Verie^ et que tout ce qu'il dit il ne le tient pas des hommes, mais de sùh Père gui est dans le$ cieuxl ^^ Jésus ne discute pasy ne raisonne pas, ne pérore pas; il émet sa doctrine sans art, sans effort, sans préoccupation de n^dtre pas compris, avec une simplicité confiante, comme le laboureur jette la semence sur la terre, certain qu'elle porte en elle-miéme la vertu qui la fera bientôt germer. — Quand l'homme instruit Thomme, il lui laisse voir la trace dès efforts par lesquels il s'est instruit lui-même, et le conduit par la voie du raisonnement ; il y repasse avec son disciple^ et se confirme dans sa science en l'enseignant. Que s'il parle par inspiration^ il en est le premier ému, transporté, surpris ; et sa parole déborde en images impuissantes pour peindre la vérité qu'il découvre, eoâme un spectacle qui ne lui serait pas familier. Il n'en est pas ainsi de Jésus-Gbrist. On ne voit pas les traces de sa science; elle ne paMt être ni apprise des hommes, ni saisie par inspiration : mais le fruit naturel et propre de sa jpensée, sa pensée même, dans son union intime avec son Père. Aussi rien né diminué ou n'augmente la plénitude de sa conviction dans la vérité qu'il enseigne, ni Topposîtion qu'elle rencontre, ni les transports qtf elle excite. Lui seul il n'en parait pas surpris î ses garanties sont ailleurs. Plein des mystères d'en haut, il n'en est pas ému comme les autres mortels, à qui Dieu se communique par accident. H en parl9 sans

efforts, 1^ vérité lui est familière, il est visiblement né dans le secret qa'il révèle. Souvent même il est contraint de tempérer la hauteur de sa doctrine, et de répandre avec mesure ce qu'il a sans mesure \ afin que notre fai- \)Iesse le puisse porter. Il parle des plus grandes choses si simplement, qu'il semble qu'il n'y a pas pensé ; et si nettement néanmoins, qu'on voit bien ce qu'il en pense; et cette clarté jointe à cette naïveté est admirable. Comme un roi ou l'héritier d'un roi, né et vivant au sein des grandeurs, en parle sans emphase, et comme d'une chose pour lui ordinaire et naturelle ; ainsi Jésus-Christ parle du Royaume du ciel, de Dieu son père, de ses Anges, de l'éternité, de la justice et de la miséricorde, de la vie et de la mort. Ce n'est pas pour en faire montre ni pour justifier la connaissance qu'il en a, mais parce que telle est sa mission, telle est la vérité. Et alors même il revêt sa pensée d'images si simples , si ordinaires, si naturelles, qu'on voit bien que ces choses-là sont pour lui simples, ordinaires, et naturelles en effet. Le Royaume du ciel est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris, et quHl a semé dam son champ. Quelle sublime vulgarité! L'un d'entre vous, dit-il ailleurs, a cent brebis; une s'égare^ il laisse les quatre-vingt-dix-neuf à F abandon^ et court à la recherche de celle qu'il avait perdue; et quand il l'a trouvée^ il la charge sur ses épaules^ joyeux; et^ de retour à la mai-' souj il appelle ses voisins, et leur dit: « Félicitez-moi, parce que j'ai trouvé ma brebis que f avais perdue. » — Ou bien encore, c'est une femme qui n'a que dix drachmes^ elle en perd une : aussitôt elle allume sa lampe ^ bouleverse toute sa demeure, et cherche soigneusement jusqu'à ce qu'elle ait trouvé

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