‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 23 sur 168 · Jmd, fin, ▼. 3i · texte numérisé non relu

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LA PERSONNE DE JÉSU9-CBBIST. 57

sa drachme; et l'ayant trouvée, elle appelle sei amitfet votsines, disant : « FéliciteZ'-moi ; f avais perdu une drachme, et je fai trouvée. » — FoîW, dit-il, le portrait de votre r*ére céleste ; telle est la réjouissance que feront dans le Ciel les Anges de Dieu, à la conversion dun seul pécheur. Quelle grandeur divine dans cette simplicité ! que ces idées delà bonté de Dieu, de sa miséricorde, de la faiblesse et en même temps de la valeur humaine sont magnifiques en elles-mêmes! et comme on voit bien, à la bonté secourable de celui qui les rend si accessibles à Thomme et qui en use si familièrement, qu'il est lui-même, sous la figure de ce bon pasteur qui court après sa brebis, de cette femme qui cherche sa drachme, qu'il est, dis*je, le Dieu sauveur l

Ce n'est pas au raisonnement et à la logique que je propose cette preuve ; c'est au sens moral, au sens intime, aux perceptions les plus instinctives du vrai en nous : et malheur à celui qui n'en sera pas touché !

V. Au surplus, nous avons une souveraine garantie du fait de la divinité de Jésus-Christ : c'est la déclaration de Jésus-Christ lui-même. Partout il nous dit qu'il est le Christ^ Fils du Dieu vivant^ — la Vérité, — le Principe^ — la Lumière du monde^ — la Vie étemelle^ — le Messie promis depuis l'origine du monde^ -— le Sauveur du genre humain.

Non-seulement il se donne le titre de Dieu, mais il en exerce les prérogatives; il prétend en faire les œuvres, il en revendique les droits. C'est là le fond de toutes ses paroles, de toute sa conduite ; et il soutient ce rôle jusque dans les tourments, jusqu'à la mort, et après la mort. « Il n'a point cru que ce fût de sa part un larcin de se

M GHAPITttB n.

« poser i*égal de Dieu, dit saint Paul. » JPfo^ rapbwf^ arbitratus est esse se (Bqualem Deo^.

Et maintenant, voici la conséquence invincible qae nous devons en tirer :

Ou il dit vrai, ou il dit faux : s'il dit vrai, il est Dieu; s'il dit faux (Dieu me pardonne cet affreux dil^ame ! mon cœur Tefface à mesure que ma main récrit), il <e»t on imposteur ou un fou.

II n'est pas possible de s'arrêter entre ces 4eax exrtrémes; et les mêmes raisons qui font que Jésus^hrist est Dieu, si elles sont solides, font qu'il est un impoaiteiir ou un fou, si elles ne le sont pas.

— Jésus-fihrist un imposteur! Jésus-Christ un insenaéi s'écriera l'incrédule lui-même. Âh ! ne me fai^pas dire cela : loin de moi ce blasphème ! Vous renversez tousses senttineâts, toute ma raison ; je me croirais plutôt un in^ sensé moi-même ; souffrez, souffrez que je voie en lui un grand philosophe, un homme éminent en sagesse) un juste ami de Dieu, un bienfaiteur du genre bumain,(digne de tous nos respects, de toute notre reconnaissance.

— Non, Celui qui n'est pas pour moiy dit Jésnis-Ghrist lui-même, est contre mot; tant est absolue et entière sa volonté d'être reconnu pour ce qu'il dit être, pour Végai de Dieu. Lui-même repousse tout hommage qui ne va pas jusqu'à l'adoration ; lui-même consent à être traité comme un blasphémateur et un insensé, s'il n'est pas Dieu. Voyez-le dans les mains de ses ennemis qui se moquent de lui, et qui, faisant allusion à sa prétendue divinité, lui voilent la face, lui donnent des coups sur le visage, puis rinterrogent, disant : « Devine qui t'a frappé. » Après

i. Philip, ^ li, V. 6.

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