LA PERSONNE DB JÉSUS-CHRIST
prétentions et des actes qui, ^'ils ne sont pas d*un Dieu, sont d'un iinposteur. Ce n'est pas un trait seulement ou deax gui motivent ce^te alternative : c'est, je le répète, toute la vie de Jésus-Christ.
Un seul trait de Socrate, et c'est le dernier, a porté ombrage à la çagesse de toute sa vie et surtout de sa mort. On ne s'explique pas cpmnient, mourant pour la sainte cause de la vérité divinç, il termine son sacrifice par un acte d^idolâtriç et de superstition, en ordonnant qu'on immolée u^ coq à Esculape. Cet acte d'inlidélité à ^s principes restera à Jamais sur sa mémoire comme une tache qui en ternira l'éclat. , ,
Si Jésus-Christ n'est pas Dieu, c'e^t bien autre chose ; car toute sa vie est pleine d'actes cent fois plus inconciliables avçc ^es principes que le jseul trait qu'on ait à reprocher à Socrate. Les principes de Jésus-Christ sont l'établissement du règn^ de la vérité, de l'humilité, de la charité, de l'adoration pure en esprit et en yérijé ; et yoiei qu'en se faisant honorer lui-même comme D|eu, en se faisant le mptif. et la Sa de toutes les vertus qu'il enseigne, il les vAp^e de ja ma^ière la plus insigne, et donne en sa personne un exemple monstrueux, il faut le dire,,d'im- PQMure, 4'orgiieiJ, d'égoïsme et d'idolâtrie- C'est bien pis qu'un coq s^-çriflé à Esculape, c'est la vérité ipamolée à lui-mêwe.. pt cela, je le répète, non pas une fois et par accident, mais de la manière la plus soutenue, }a plus systématique, par tous les actes de sa vie, et jusque dans sa mort.
lisez notamment dans saint Jean le discours et la prière qu'il fit après la çènp, la veille de sa mort. S'il est Die,u, rien d^ plus suhllme : c'est le sommaire,, e^estja quintessence de la vérité et de la charité. S'il n'est pas Dieu^ toute
cette prière étincelante de traits qui supposent sa divinité n'est plus qu'une parodie sacrilège, qu'un tissu d'expressions inintelligibles, fausses, et blasphématoires.
C'est donc avec une grande justesse que Rousseau a dit que si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage^ la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu. Devant faire l'éloge de Jésus, il ne pouvait pas dire moins : il fallait logiquement qu'il allât jusque-là : une fois engagé dans la comparaison de Jésus avec Socrate, il ne pouvait en sortir qu'en proclamant sa divinité, sinon Jésus perdait tout à ce rapprochement; et la même raison qui faisait reprocher à Socrate le dernier trait de sa vie, attirait sur la vie entière de Jésus la réprobation de tout ami de la vérité.
Si Jésus n'est pas le vrai Messie, le fils et l'égal de Dieu, qu'est il de plus, après tout, que tous ces faux Messies qui parurent de son temps : Dosithée, Simon le Magicien, Ménandre, Barkoehébas? Or on n'hésite pas à flétrir l'imposture dans ces derniers : par quelle inconséquence donc la couronnerait-on en Jésus?
— Il a réussi, dira-t-on, et les autres ont succombé. — II a réussi ! et c'est pour cela que vous voyez en lui un sage ! et c'est pour cela que vous l'honorez ! . . . Mais y pensez-vous? c'est pour ;cela même que vous devriez l'avoir plus en horreur. — Car en quoi a-t-il réussi? à se faire passer pour Dieu, à se faire adorer depuis dix-huit cents ans comme tel par tout l'univers; c'est-à-dire, selon vous incrédule, qu'il a réussi dans son imposture, qu'il l'a perpétuée, propagée, et que son outrage à la vérité est d'autant plus énorme qu'il est plus invétéré et plus incurable. Loin de le réhabiliter, c'est ce succès môme qui Tincrimine. L'indignation et l'horreur de l'incrédule, s'il est conséquent avec lui-même, doivent grandir à proportion