‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 3 sur 168 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

les produira avec une entière confiance; car ils constituent une véritable démonstration, qui force au silence ceux mômes qui ne veulent pas y ranger leur conviction, et contre laquelle viendront toujours se briser les vains efforts de Tincrédulité.

Cette preuve a reçu surtout une consécration nouvelle des assauts qui lui ont été livrés par la philosophie du dix-huitième siècle. On vit alors des hommes de génie marcher, avec toutes les forces de l'esprit et de l'opinion coalisées, contre ce fondement de notre foi, et quelques apologistes sans éclat seuls pour le défendre. Que résultat-il de cette grande lutte? Aujourd'hui que les esprits sont refroidis, et que le temps est venu démêler la réalité des apparences, nous pouvons le dire, c'est que les chrétiens, malgré l'immense disproportion des moyens, forcèrent les philosophes à quelque chose de pis que le silence : à la raillerie, au sophisme, au mensonge, à l'injure, à la violence; et que dotant d'épigrammes, de pamphlets, de satires, de déclamations, d'esprit si l'on veut et d'éloquence, il n'est pas resté une seule raison, un seul argument contre la démonstration évangélique, qui, au contraire, s'est accrue de tout le progrès fait depuis lors par l'esprit humain dans les sciences, et, dans les belles apologies du vénérable évéque d'Hermopolis et de M. de Chateaubriand, a reparu comme l'astre du jour au sortir de la tempête ' .

C'est cette démonstration invincible qu'il importe de replacer sous les yeux, et par laquelle nous devons sceller toutes nos études.

1. La force de cette preuve a amené de nos jours l'incrédulité h des aveux inouïs , et d'autant plus décisifs qu'ils sont empoisonnés d'explications odieuses et impossibles. La Vie de Jésus de M. Renan est une apologie à contrario de notre foi.

10 P»4fXT&B I.

Page 1