LA PERSOHNB DE JÉSUS-CHRIST
et la vertu de la croix, il ne vous reste plus rien dn Christianisme. Toutes ces choses se tiennent, et sont clouées pour ainsi dire avec Jésus-Christ à l'autel de son sacrifice. Et puis, ne trouyez-vous pas que Vhypothèse de la divinité de Jésus-Christ, qui n'aurait dû entrer dans son œuvre que comme moyen auxiliaire, en aurait singulièrement usurpé la fin, et aurait fait payer bien cher le secours qu'elle lui aurait prêté? Quel est, en effet, l'objet du Christianisme, si ce n'est d'arracher le monde à l'idolâtrie, de rétablir le culte du vrai Dieu, V adoration pure en esprit et en vérité, et d'inspirer au monde toutes les vertus qui en découlent : la foi, l'espérance, la charité, l'humilité , la pénitence ? Or, si Jésus-Christ n'est pas Dieu, n'est-il pas manifeste qu'en se faisant adorer comme tel, il fondait en sa personne le règne de l'idolâtrie? qu'il portait la plus grave atteinte au culte du vrai Dieu? qu'il consacrait l'erreur et le mensonge? qu'il confisquait à son profit toutes les vertus qu'il inspirait; les trompait et les violait par cela même en se substituant à leur fin légitime? et qu'il abusait monstrueusement, il faut le dire, de ce qu'il y a de plus sacré dans le cœur de l'homme : la foi, le dévouement, l'amour?... Chose horrible! je me représente tous les sacrifices qui ont été faits, qui se font et qui se feront dans le monde, au seul nom de Jésus-Christ ; tous ces millions de martyrs dont le sang a rougi la terre, tous les supplices, toutes les tortures qu'ils ont endurés; et tout cela dans la fausse per-suasion que Jésus-Christ était Dieu! et Jésus-Christ l'aujteur, le fauteur de cette fausse persuasion!!! Une telle 'imposture est-elle possible? n'est-elle pas en contradic*tion flagrante avec le caractère doux, humain et véridique de Jésus-Christ? peut-elle se concilier avec le res-