LA PERSONNE DE JÉSUS-CHRIST
« TEmpereur le toucha avec respect] : je ne me lasse pas c( de le lire, et tous les jours avec le môme plaisir.
(( Le Christ ne varie pas, il n'hésile jamais dans son a enseignement; et la moindre affirmation de lui est « marquée d'un cachet de simplicité et de profondeur « qui caplive l'ignorant et le savant, pour peu qu'ils y « prêtent leur attention.
« Nulle part on ne trouve cette série de belles idées, a de belles maximes morales, qui défilent comme les « bataillons de la milice céleste, et qui produisent dans « notre âme le même sentiment que Ton éprouve à concc sidérer l'étendue infinie du ciel, resplendissant, par a une belle nuit d'été, de l'éclat des astres.
« Non-seulement notre esprit est préoccupé, mais il « est dominé par cette lecture, et jamais Tâme ne court ce risque de s'égarer avec ce livre.
« Une fois maître de notre esprit, l'Évangile captive « notre cœur. Dieu même est notre ami , notre père, et « vraiment notre Dieu. Une mère n'a pas plus de soin de « l'enfant qu'elle allaite. L'âme, séduite par la beauté de a l'Ëvangile, ne s'appartient plus. Dieu s'en empare tout « à fait ; il en dirige les pensées et les facultés, elle est « à lui.
« Quelle preuve de la divinité du Christ ! Avec un em- « pire aussi absolu, il n'a qu'un seul but, l'amélioration « spirituelle des individus, la pureté de la conscience, « l'union à ce qui est vrai, la sainteté de Tâme.
« Enfin, et c'est mon dernier argument, il n'y a pas « de Dieu dans le ciel , si un homme a pu concevoir et « exécuter avec un plein succès le dessein gigantesque tf de dérober pour lui le culte suprême, en usurpant le c nom de Dieu. Jésus est le seul qui l'ait osé. Il est le
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<( seul qui ait ^it olairem^at : /e suis pieu* Ce ({||i est <ic bien différent de cette afQrmat^pn : Je mis un DieUf ou <( de cette autre : Jl y a des dieux. L'histoire ne mence lionne aucun autre individu qui se soit qualifié lui- « même de ce titre de Dieu dans le sens absolu. La Fable a n'établit nulle part que Jupiter et les autres dieux se a soient eux-mêmes divinisés. C'eût été de leur part le fit comble de Torgp^il, et une monstruosité, une extra- « vagance absurde. C'est la postérité, ce sont les héritiers (( des premiers despotes qui les ont déifiés. Tous les a hommes étant d'une même race, Alexandre a pu se ce dire le fils de Jupiter. Mais toute la Grèce a souri de « cette supercherie ; et de même l'apothéose des empe- « reurs romains n'a jamais été une chose sérieuse pour « les llomains. Mahomet et CSonfucius se sont donnés « simplement pour des agents de la Pivinité. La déesse « Égérie, de Numa, n'a jamais été qup la personnification ({ d'une inspiration puisée dans la solitude des bo|s. ^es « dieux Brahma, de l'Inde, sont une inyeptioii psycho-^ « log/que.
ce Comment donc un Juif, dont Texistence historique » est plus avérée que toutes celljBs'des temp$ où il a yécu, « lui seul, fils d'un charpentier, se donne-t-il tout d'a- « bord pour Dieu même, pour l'Être par e^cellepce, pour a le Créateur des êtres? Il s'arroge toutes les sortes d'ace d,oratiûn ; il bâtit son culte de ses mains, non avec des « pierres, mais avec des hommes. On s'extasie sur les « conquêtes d'Alexandre : eh bien ! voici un coqquérant # qui confisque à son profit, qui unit, qui incorpore à « lui-même, non pas une nation, ni^is l'espèce Jjçmaine, « Quel miracle ! l'ime humaine, ay^^c toi^l^es ^ô$ facultés, c devient une annexe de l'existence du Christ.