LA PERSONNE DE JÉSUS-CURIST
cr Et cQipiçent? par un prodige qui surpasse tout prop (^jge. Il veut l'amour des bomme§, c'est-à-dire, ce qu'il f« est le plug 4lfflci*® *^ monde d'obtenir, ce qp'un sage « demande vainement à quelques amis, un père à ses S< enfants, Uïie épouse à son époux, i;n frère à son frère, « en un mot, le cœur : c'est là ce qu'il veut ppur lui ; il ^ l'çxjge aj^splijjnçnt , et il réussit tout dp suite. — J'en « conclus sa divinisé. — Alexandre, Césa^, Annibal, « Louis XIV, avec tout leur génie, ont échoué. Ils ont « conquis le mqnde, et ils n'ont pu parvenir à avoir un (( ami. Je suis peut-être le seul, de nos jours, qui aime (< Ânnibal , César, Alexandre... L^ grand Loi^is XIV, qui « a jeté tant d'éclat sur la France et dans le moncje, if *açf yait pas un ami flairs tout son royaume, ipéme dans sa « famille. Il est vrai, nous aimons nos enfants; pource quoi? Npus obéissons à un instjnct de la nature, à une <f volonté de Dieu, à une nécessité qjajB Jes bêtes elles- « mêmes reconnaissent et rejnpliss.ent; m<fis combien « d'enfants qui restent insensibles à nos caresses, à tant « 4e soins que nous leur prodiguons! combîep d'enfants « iijgrats! Vos enfaijts, général Bertrand, vous aiment- « ils? Vpus les aime?, et vous n'êtes pas çûr d'être payé « de retour... Ni vos bienfaits, ni la nature, ne réussi- « ront jamais à leur inspirer un amour tel que celui des « chrétiens pour leur Dieu ! Si vous veniez à piourir, yos « enfants se souviendraient de yoi^s en dépensant vp^re « fortune sans doute y mais vos petijL§-eijfants sauraient « à peine si vous avez existé... Et voi^s êtes }e gépépa} « Bertrand, et nous somme? dans upe île, pt vpus n'ayez « d'autre distraction que la vue de votre famille |
« Le Christ ççrle, et désormais les génératigjis ][ai §ip- . « partiçûnent Jar desliçnsfii^ élroits, pj.u?^%ç^,^uf
<c ceux du sang ; par une union plus intime, plus sacrée, « plus impérieuse que quelque union que ce soit. Il al- « lume la flamme d'un amour qui fait mourir Tamour de « soi , qui prévaut sur tout autre amour.
« A ce miracle de sa volonté, comment ne pas recon- « naître le Verbe créateur du monde ?
« Les fondateurs de religions n'ont pas même eu Tidée « de cet amour mystique, qui est l'essence du Christia- « nisme sous le beau nom de Charité.
« C'est qu'ils n'avaient garde de se lancer contre un <c écueil ; c'est que, dans une opération semblable, se faire « aimer, l'homme porte en lui-même le sentiment pro- « fond de son impuissance.
« Aussi^ le plus grand miracle du Christ, sans contre* € dit, c'est le règne de la charité.
« Lui seul il est parvenu à élever le cœur des hommes « jusqu'à l'invisible, jusqu'au sacrifice du temps; lui seul, « en créant cette immolation, a créé un lien entre le ciel « et la terre.
« Tous ceux qui croient sincèrement en Lui ressentent « cet amour admirable, surnaturel , supérieur ; phéno- <x mène inexplicable, impossible à la raison et aux forces a de l'homme, feu sacré donné à la terre par ce nouveau « Prométhée, dont le temps, ce grand destructeur, ne « peut ni user la force ni limiter la durée... Moi, Napo- « léon, c'est ce que j'admire davantage, parce que j'y ai « pensé souvent. Et c'est ce qui me prouve absolument « la divinité du Christ.
« J'ai passionné des multitudes qui mouraient pour « moi. A Dieu ne plaise que je forme aucune comparaison « entre l'enthousiasme des soldats et la charité chré^ t tienne, qui sont aussi différents que leur cause ! '
LA PERSONKE DB JÉSUS-GHRIST. 85
« Mais enfin il fallait ma présence, rélectricité de mon « regard, mon accent, une parole de moi : j^allumais le « feu sacré dans les cœurs... Certes, je possède le secret « de cette puissance magique qui enlève Tesprit ; mais je « ne saurais le communiquer à personne; aucun de mes « généraux ne Ta reçu ou deviné de moi ; je n'ai pas da- « vantage le secret d'éterniser mon nom et mon amour « dans les cœurs, et d'y opérer des prodiges sans le « secours de la matière.
« Maintenant que je suis à Sainte-Hélène... maintenant « que je suis seul et cloué sur ce roc, qui bataille et con- « quiert des empires pour moi? où sont les courtisans de c( mon infortune? Pense-t-on à moi? qui se remue pour « moi en Europe? qui m'est demeuré fidèle? où sont mes « amis? Oui, deux ou trois, que votre fidélité immorta- « lise, vous partagez, vous consolez mon exil. »
( Ici la voix de l'empereur prit un accent particulier d'ironique méiancuuc ^t. de profonde tristesse. )
« Oui, notre existence a brillé de tout l'éclat du dia- « dème et de la souveraineté ; et la vôtre, Bertrand, réflé- « chissait cet éclat comme le dôme des Invalides, doré « par nous, réfléchit les rayons du soleil... Mais les revers « sont venus, l'or peu à peu s'est effacé; la pluie du « malheur et des outrages, dont on m'abreuve chaque « jour, en emporte les dernières parcelles. Nous ne c sommes plus que le plomb, général Bertrand ; et bientôt « je serai de la terre.
« Telle est la destinée des grands hommes, telle a été « celle de César et d'Alexandre ! et l'on nous oublie 1 et le <( nom d'un conquérant, comme celui d'un empereur,
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^ aacQp^ uf» momeut..., voilà jftop fiijrt, ej cp qj^i va
fF. g}^i^i j« 9^^^ f^y^^ le tempf , .^t WPA Pâ4^7rp va ^ »p^i ^tf^ rejadii à }a terre pjour y dçvepir la p$.tur;Ç fle§
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(c Voilà la 4eatipée U'^p^och^ân/B du gran4 IS^plé,on. . . « Quel abîme entre ma misère profonde et le règne éter- « ne} du IDhrist pr/tohé, aimé, a^doré, vivait dan^ tput ce Tunivers!... Est-£d là mourir? n'est-ce pi9S pfujtôt vivr^9 a Voilà la mort du Christ, voilà celle de Dieu. »
jQb? j^jçrîffèri^ pepçéeg de Napoléon rappellent la jpaijiièrp 3,vblime /dont la S3int^ Ecriture trjace la destinée mprt,ell(B d'À.l^xan,4rp le Grand. Nous en ayions déjà nousipénjp fait l,e sujet d'.un rapprochement avec la destinée de Jéçus-Chrjst^ Il était réservé à la gloire éternelle de ÇjÇluj ,que npus adorons, que ce rapprochement fût fait pa^ jj^ ijiouyel 41eî:afidre, et que la plus haufe puissance de nos temps modernes se donnât elle-mêm.e en preuve ^nojrçfoi^