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LA PERSOnni QX ifeUS-CHElST. 81
direct de nos Études, puisque tontes s'y rapportent. Ausl TaTons-noof contemplé sous trois aspects correspondant au\ trois parties de notre traYall. Nous l'avons fait dans la première partie, au chapitre De la venue et du règne de Jésus-Christ; dans la seconde, aux deux cliapitres sur la Rédemption ; et dans la troisième, au présent eliapitre sur la personne de Jésus'Christ, Ce n'est qi^'en réunissant ces trois études qu'on aura une étude complète sur Jésus-Christ, aussi com- ; plète du moins qu'il a été possible à notre faiblesse aux prises aveo ce i dirin sujet; car c'est pour nous la Intte de Jacob.
Depuis que nous avons écrit ces lignes, vingt-huit ans se sont écqul^s. Ils ont emporté )»}en des réputation^, hUpï ^ institutions, bien' des' doctrines. Qu*0Dt-ils fait sur Jésus-Christ? Rien. Je n|e Irompo s ils lui ont apporté de nouveaux témoignages et de nouveaux bonamag^ ; P^n^p di} i'aqiour et d^ la fbl ; et plus encore ceux de la haine el dé l'impiété, dont la conreFsion, arrachée paç la force de la vérité à tous lee vains efforle d'uue raison en délitie, a renouvelé ie spcctaple de Julien Vikpo&tat jeiai^t contre le ciol, avec la poussière sur laquelle il expirait', ce cri mémorable : Tu as vaincu, Galiléen! }i9\iA avoni vu M. Renan proclamer vingt fois la divinité de Jésus- ÇoRi^T dfins un livre fait exprès pour la nier. Et nous venons de voir un illustre critiqué, célèbre surtout par la sagacité d'un Jugement ap crible duquel il a passé toutes les renommées, tombant et mourant, par V'al)U9 c^u'i) ei| fi fait, di^us le ndant de toute croyance, et cependant, laissant après lui ce sentiment sur Jésus-Christ que nous voulions pouvoir inscrire sur sa tombe, comme une réparation et pn^ ^péii^nce ;
« Quand on a à parler de Jésus-Christ, op entfe daps une sorte dp « reâserrement involontaire. On craint, dès qu'on ne le prononce pas • à pe.r)Oi|x et ep ra4erAnt, 0e profaner, rien qu'à le répéter, ce « nom ineffable, et pour qui le plus profond m^me ({çs rçff^cts « pourrait encore être un blaiphème,,. Ceux qui le nient absolument fi en portent la peine. Prepes les plus grands des modernes anti* « chrétiens^ fVédéric, La Place^ Goethe : quicqnqu^. a ^f^cpl^n^ « complètement Jésus-Christ, regardez-y bien, dans l'esprit ou dans « lepcsur, il lui a inaiiq^é qpelque chose... Faisops du moins un écho « fidèle^ en redisant saqs réserve ei avec abQntj^nç^ de cçeup ces a paroles de M. de La Gfiaise dans sa préface de Pascal : « Quand il € n'y aurait point de prophéties pour Jésus-(}«rist, et qu'il serait « Sans miracles, il y a quelque chosd de ei divin daps sa doctrine et a dans sa vie, qu^l en faut au moins être charmé, et que comme il t n'y ^, ^i véritabl,^ y^ffU nf droiture de cour sans l'amOur de Jésus- € Christ, || p'y à non plus ni hauteur d'iptelliger^pp n^ 4é)(catefse « do sentiment san» l^admtration de Jésus-Christ.' i>
^SfifnsrPfUiyff iPm-'f^ffl. Ëdltion d» 1897, ^ne \U, p. 460.)
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« L*homme est né menteur : la vérité est simple et in- « génue, et il veut du spécieux et de Fornement ; elle « n'esi pas à lui, elle vient du ciel toute faite pour ainsi c dire, et dans toute sa perfection ; et Thomme n'aime « que son propre ouvrage, la fiction et la fable. Voyez le « peuple : il controuve, il augmente, il charge par gros- « sièreté et par sottise ; demandez même au plus honnête « homme s'il est toujours vrai dans ses discours, s'il ne « se surprend pas quelquefois dans les déguisements où « engagent nécessairement la vanité et la légèreté ; si, « pour faire un meilleur conte, il ne lui échappe souvent « d'ajouter à un fait qu'il récite une circonstance qui y a manque. Une chose arrive aujourd'hui et presque sous (( nos yeux, cent personnes qui l'ont vue la racontent a en cent façons différentes; celui-ci, s'il est écouté, la tt dira encore d'une manière qui n'a pas été dite : quelle « créance donc pourrais-je donner à des faits qui sont « anciens, et éloignés de nous par plusieurs siècles? Quel « fondement dois-je faire sur les plus graves historiens? a que devient l'histoire? César a-t-il été massacré au mi- « lieu du sénat?y a-t-il eu un César? Quelle conséquence! « me dites-vous, quels doutes ! quelle demande ! Vous riez, « vous ne me jugez pas digne d'aucune réponse ; et je (c crois même que vous avez raison. — Je suppose néan-
ff moins que le livre qui fait mention de César ne soit pas « un livre profane, écrit de la main des hommes qui sont « menteurs, trouvé par hasard dans les bibliothèques a parmi d'autres manuscrits qui contiennent des histoires « vraies ou sçocryphes ; qu'au contraire il soit inspiré, « saint, divin; qu'il porte en soi ces caractères; qu'il se « trouve depuis près de deux mille ans dans une société a nombreuse qui n'a pas permis qu'on y ait fait pendant « tout ce temps la moindre altération, et qui s'est fait une « religion de le conserver dans toute son intégrité; qu'il « y ait même un engagement religieux et indispensable « d'avoir de la foi pour tous les faits contenus dans ce vo- « lume, où il est parlé de César et de sa dictature : avouez-le a Lucile, vous douterez alors qu'il y ait eu un César^ »
C'est avec cette fine ironie que La Bruyère faisait justice des esprits forts à l'endroit de l'authenticité et de la vérité des Évangiles. Et il nous semble, en effet, que c'est à cela qu'il faudrait se borner sur ce sujet : c'est une question de bon sens et de bonne foi. Si on l'examine en face, elle n'est pas même une question ; la vérité de l'Évangile saute aux yeux^ et le mot. Vrai comme rÊvangile, n'est que le cri du sens commun et de la vérité. La Bruyère et J.-J. Rousseau en ont donné les principaux motifs. Qu'on relise la page de chacun de ces deux éminents esprits sur ce sujet; et si après cela on doute, c'est qu'on est malade.
L'incrédulité en effet chez certains esprits est une maladie, et c'est l'aggraver que de vouloir la guérir par des raisonnements de détail. Vous épuiseriez l'eau de la mer plutôt que les objections qu'elle vous produira ; car ce
!• La Brayère, ohap. des Espriti forte.
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seront yqs réponses mdm^ qui les feront naître, surtout si ces réponses sont fortes et convaincantes. Quand Fincr^du^té est passée à cet état, ce qu'on a de mieux à faire p'eat dQ lui abandonner la partie. Alors peut-être elle ciwiQpncera à douter d'elle-même, et la vérité toute sf ule reprendra ses droits.
A rinconvénient de surexciter l'incrédulité, l'argum^ntatioQ de détail en joint un autre : c'est de troubler la simple foi, en lui faisant croire que son objet est contestable, et demande un appareil formidable de preuves (Sf d'argUïHpnt^ ppur être soutenu; et tel qui n'aurait jamais dputé de Fauthepticité de l'Évangile sera mpins fortifié dans sa foi par la force des preuves que vous lui en donnerez, qu'il ne sera ébranlé par l'idée qu'elle en abpsoin.
Tel a été un peu le résultat des fortes apologies que les Qouteyille et les Bergier opposèrent au fanatisme frénétique des incrj^dples du dix-huitième siècle. En les relisapt aujourd'lïui, on admire la candeur de ces hommes généreux qi^l espéraient convaincre en ce temps-là par dp bonnes rasons, qui poussaient la défense aussi loin que l'^^aque, et faisaient à celle-ci l'honneur de la confpndrB ppint par point longtemps après qu'elle n'en était pluf digne.
E^t-cp à dire que nous les blâmons? Ehl mon Dieu, non : nous n'oserions le dire. Nous déplorons seulement la nécessité où ils ont été dp procéder ainsi, et d'ensevelir tao). 4e raispp, de savoir, et de zèle, dans une lutte de détail, alors que le bon sens de la postérité et la force im- P):psçriptj)3!le 46 )$ vérité allaient bientôt la rendre inutile.
Et toutefois, que notre reconnaissance soit grande pour eux ! car ils l'ont d'auta»t plus niérilée qu'ils y oui moins