Ibid., c. II
« gile qu'ils ont des sentiments erronés sur Notre-Seî- « gneur. Marcion, qui retranche plusieurs choses de « YEvangile selon saint Luc^ et blasphème contre Dieu, « peut être réfuté par les endroits même qu'il a conservés. « Ceux qui distinguent Jésus d'avec le Christ, qui disent « que Jésus a souffert pendant que le Christ est demeuré « impassible, pourraient se corriger s'ils lisaient avet « amour de la vérité V Évangile de saint Marc qu'ils admet- « tant. Les disciples de Valentin^ reçoivent Y Évangile de « saint Jean dans toute son intégrité, plenissime utentes; « il est donc facile de leur prouver qu'ils ne disent que « des faussetés... Or, puisque ceux qui nous contredisent « rendent témoignage aux Évangiles et s'en servent, la « preuve que nous en tirons contre eux est certaine et « invincible'. » Et une authenticité aussi éclatante, aussi invincible au premier siècle, c'est au dix-neuvième qu'on a osé la mettre en question !
— Entrons dans ce premier siècle, — car il faut mener l'incrédulité jusqu'au pied de la vérité, et la lui faire regarder en face, — Saint Justin, philosophe païen, converti et martyrisé l'an 167, qui avait visité dans ses voyages toutes les Églises d'Orient, et qui écrivait l'an 138, trente-six ans après saint Jean, expose, dans l'apologie qu'il adresse à l'empereur Antonin, les principales pratiques alors en usage parmi les chrétiens. Nous y lisons entre autres celle qui suit : « Le jour du soleil (le diman- « che), comme on l'appelle, tous ceux qui habitent les « villes ou les campagnes se réunissent dans un même « lieu, et on lit les mémoires des Apôtres [Commentaria « Apostolorum) ou les écrits des Prophètes, selon le temps
K Ils remontaient à Tan 120.