‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 45 sur 168 · Ad Pkiladelph., n · texte numérisé non relu

Ad Pkiladelph., n

2. Sauf celui de saint Jean, qui n'était pas encore écfit. — Voye' J^QrQiQV, Certitude des preuves du Christianisme^ p. 35, 36, 37, 38, ?

i12 CHAPITRE III.

comme l'ouvrage des témoins de la vie de Jésus-Christ dont ils portent les noms. A moins que de les leur voir écrire, il ne se peut rien imaginer de plus certain.

—.Eh bien, nous allons les leur voir écrire : nous n'épargnerons pas ce dernier trait à l'incrédulité; et puisqu'elle a nié l'évidence, nous voulons l'en accabler.

S'il est dans toute l'antiquité un document historique qui soit authentique, et sur lequel il soit permis de s'appuyer, c'est bien les Actes des Apôtres, Il n'est encore venu à la pensée de personne d'élever contre ce document la plus légère suspicion. M. Guizot, relevant dans son édition de Gibbon la simple omission que cet historien, hostile au Christianisme, avait faite du témoignage de cette histoire sur les premières persécutions des chrétiens, s'exprime ainsi : a Le seul moyen de justi- « fier cette omission était d'attaquer l'aulhenticité des a Actes des Apôtres; car s'ils sont authentiques, il faut « nécessairement les cotisulter et y puiser : or, les temps « anciens ne nous ont laissé que peu d'ouvrages dont Tau- « thenticité soit aussi bien constatée que celle des Actes des « Apôtres, (Voyez Lardner's Credibility of the GospeVs « history, part, ii.) C'est donc sans motifs suffisants que « Gibbon a gardé le silence sur les récits de saint Luc; « et cette lacune n'est pas sans importance^. »

Or, les Actes des Apôtres commencent ainsi :

« J'ai parlé dans mon premier livre, 6 Théophile, de « tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le commcn- « cément jusqu'au jour où il fut élevé au ciel , après « avoir instruit par le Saint-Esprit les Apôtres qu'il « avait choisis, etc. »

1. Histoire de la décadence de Vempire romain^ t. III, p. 147, noie; édit. de 1828.

Voici donc que la même plume qui a écrit les Actes des Apôtres, dont Taulhenticité est incontestée^ a écrit tout ce que Jésus a fait et enseigné^ c'est-à-dire un Evangile; et celte plume est celle de saint Luc. L'Ëvangile de saint Luc est donc authentique. Il faut en convenir, ou bien s'inscrire en faux contre les Actes des Apôtres, c'est-à-dire contre ce que les temps anciens nous ont laissé de plus authentique.

Ce n'est pas tout :

L'Évangile de saint Luc, de son côté, commence ainsi : « Plusieurs personnes ayant entrepris d'écrire l'histoire « des choses qui ont été accomplies parmi nous, suivant « le rapport que nous en ont fait ceux qui, dès le com- « mencement, les ont vues de leurs propres yeux, et qui « ont été les ministres de la parole, j'ai cru, très-excel- « lent Théophile, qu'après avoir été exactement informé « de toutes ces choses depuis leur premier commence- « ment, je devais aussi vous en représenter par écrit (( toute la suite, etc. »

Voilà qui s'accorde parfaitement avec les Actes des Apôlres pour nous faire voir la môme plume, le môme auteur, le même ouvrage en quelque sorte, puisque l'Évangile est appelé par l'auteur des Actes mon premier livre^ et que nous voyons, en effet, ce premier livre porter la même dédicace, et justifier par son début le rapport qu'indique avec lui le début des Actes des Apôtres. — Il y a plus : comme les Actes des Apôtres se réfèrent à l'Évangile de saint Luc, l'Évangile de saint Luc à son tour se réfère à d'autres évangiles préexistants (Plusieurs personnes ayant entrepris d'écrire, etc. ) , et complète par là la certitude historique des Évangiles.

Les Actes des Apôtres forment ainsi la base immédiate

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de la certitude évangélique. Ils ne permettent pas de prétendre que les Évangiles ont été composés après la prise de Jérusalem et la dispersion des Juifs, di^ns un temps où il n'y avait plus de témoins oculaires pour contredire les Apôtres; car on y rapporte plusieurs faits dont le temple de Jérusalem a été le théâtre, et en ceci les Actes se trouvent encore d'accord avec là première Épître de saint Clément, où il est parlé, n** 41, de Texerclce de la religion juive dans le temple de Jérusalem comme d'une chose encore existante, et où en même tempd on trouve des citations des Évangiles de saint Matthieu, de saint Marc et de saint Luc. Remarquée, du reste, que, dans les Acies des Apôtres, la scène n'est plus seulement en Judée, mais à Antioche, en Chypre, en Asie, en Macédoine, en Achaïe, et à Rome : c'est une histoire générale contemporaine, écrite à la face du monde entier, et qui devait trouver partout des témoins en état de juger de la vérité ou de la fausseté des faits racontés par l'historien. Reçue partout dès son origine, cette histoire mérite donc ou plus haut degré la réputation d'authenticité dont elle jouit ^ et par suite emporte avec elle celle deâ Évangiles dont elle fait mention.

Enfin, nous avons d'autres pièces non moins authentiques et aussi immédiates qui témoignent hautement de la certitude évangélique : ce sont les Epitres des Apôtres. Qui oserait les rejeter ces lettres adressées à toutes lès nations de la terre, aux Romains, aux Éphésiens, aux Oalates, aux Parthes, aux Hébreux de la Palestine, aux Juifs dispersés, et aux douze tribus? ces lettres reçues, gardées, et lues solennellement dans leurs propres originaux, pendant si longtemps, par les diffèt^euts peuples du monde, qui y voyaient les ûkartes de leur foi? « Vbu-

LES ÉVANGILES. il5

« lez-vous satisfaire une louable curiosité, écrivait Ter- ^ « tuUien au troisième siècle ? parcourez les Églises « apostoliques, où président encore, et dans les mêmes « places, les chaires des Apôtres; où, lorsque vous en- « tendrez la lecture de leurs propres lettres originales « (apud quas nsM authenticje litterje recttantur)^ vous « croirez les voir eux-mêmes et entendre le son de leur « voix, etc. *. »

Or, ces Lettres^ comme les Actes, supposent partout les Évangiles, les citent, ou y font allusion; elles en soni imprégnées, ou, pour mieux dire, elles sont les Évangiles eux-mêmes mis en prédication ; et les Évangiles n'existassent-ils pas, elles pourraient nous tenir lieu d'Évangiles. Lors donc que Tincrédulilé s'atlaque à Tauthenticité des quatre Évangiles, outre qu'elle va se heurter contre révidence, elle laisse encore subsister toute la vérité qu'elle cherche à renverser, savoir, les faits surnaturels de la vie de Jésus-Christ et sa doctrine. Cette vérité ne résulte pas moins des Actes des Apôtres et de leurs Epitres^ que des Évangiles eux-mêmes. Pour atteindre son but, il faudrait donc qu'elle entreprît de renverser non-seulement l'authenticité des quatre Évangiles, mais encore celle des Actes des Apôtres, k livre le plus authentique que nous aient laissé les temps anciens. Si l'on n'était pas effrayé à la vue de cet excès, il faudrait aller plus loin, porter la témérité jusqu'à mettre en doute les Epîtres de saint Paul , et enfin ne laisser aucune authenticité à celles de saint Pierre ni à celles de saint Jean; autrement on ne proTive rien contre la cause chrétienne, elle se soutient dans toute sa force. Les Écritures du Nouveau Testament

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