Traité des prescriptionti n
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sont en effet liées entre elles par un nœud si étroit, par un rapport si intime, qu'on ne peut se dispenser de les recevoir toutes comme authentiques, ou de les rejeter toutes comme supposées. Pourquoi cela, me direz-vous? C'est que les mêmes faits et les mômes dogmes se trouvent dans toutes. C'est que le livre des Actes contient ce qu'il y a d'essentiel dans l'histoire des Évangiles, où s'y rapporte nécessairement. C'est que les Epîtres de saint Paul sont inintelligibles, si préalablement vous n'admettez les Évangiles et les Actes. C'est que les Epîtres de saint Pierre, de saint Jacques, et de saint Jean, sont manifestement relatives à celles de saint Paul. Pour tout dire, c'est qu'il n'y a pas jusqu'à celle de saint Jude, quoique très-courte, qui ne rappelle tout ce que le Christianisme a de fondamental, soit pour les miracles, soit pour la doctrine. Le choix ici n'est donc pas possible; car ce qui serait excepté ferait revivre le reste. C'est donc à l'incrédulité à voir si, pour soutenir son entreprise, elle ose tenter ce que jusqu'ici, et dans l'emportement de ses plus audacieuses témérités, elle n'avait pas encore imaginé: s'inscrire en faux contre le corps entier du Nouveau Testament, et s'attaquer à l'authenticité des Epîtres et des Actes comme à celle des Evangiles.
— En attendant qu'elle se décideS terminons la chaîne
1. Elle y a renoncé, à en juger par cette déclaration de 1*uq de ses principaux organes, le docteur de Wette : c Nous trouvons un point c d'appui pour l'histoire évangélique, dit-il, dans les Epîtres de Paul, 0 dans l'histoire véridique de ses voyages, dans l'existence, la foi « et les traditions de l'Église chrétienne, et même dans les témoic gnages extérieurs de Josèphe , Tacite et autres auteurs profanes. //
< est vrai que tous ces points d'appui offrent peu de ressources ù la « critique des détails de V histoire évangélique ; mais les faits princi-
< paux en reçoivent^néanmoins de ^assurance, et imposent des limites c que la critique n*ose franchir, » (Commentaire de Jean,)
de notre démonstration , en fortifiant Fauthenticité des Évangiles du témoignage des hérétiques et des païens.
Les premières hérésies se sont élevées dans l'Église immédiatement après la mort des Apôtres; elles cherchaient à s'appuyer sur les Évangiles; donc les Évangiles existaient du temps des Apôtres, et partant sont authentiques. Ces hérésies n'attaquaient pas l'authenticité des Écritures, ou plutôt elles leur rendaient un éclatant témoignage, en essayant de les plier à leurs doctrines particulières. « Il épargne les Écritures, >; dit TertuUien en parlant de l'hérétique Valentin, qui vint à Rome sous le pontificat de saint Hygin, l'an 141 de notre ère; « et il « tâche de les accorder avec ses erreurs, en changeant « la signification des termes. »
Héracléon et Ptolémée dogmatisaient en même temps que Valentin. Le premier avait écrit des comnfientaires sur l'Évangile de saint Luc et de saint Jean. Le second cite très-souvent les Évangiles dans une lettre à Flora.
Les gnostiques, dont l'origine se perd dans les temps apostoliques \ refusaient d'admettre les livres du Nouveau Testament; mais comment? Ils prétendaient que les Apôtres avaient eu une double doctrine : l'une publique, grossière, et toute conforme aux préjugés de ceux qui les écoutaient, contenue dans les livres du Nouveau Testament ; l'autre secrète et plus pure , dont les gnostiques seuls, c'est-à-dire les parfaits, avaient la connaissance. — Que l'on fasse bien attention à la force de ce témoignage : voici des hérétiques qui s'insurgent contre la doctrine tout entière consignée dans les Évangiles, et qui se prétendent héritiers directs et privilégiés d'une doctrine
1. Saint Paul y fait allusion dans sa première Épitre à Timothée, C. VI, V. 20,
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plus àpostoliqtiéi liB attaquent non-sealement la doctrine, mdid les faits, en prétendant: qne tous les actes de la rie et de la mort de Jésus-Christ, et la personne même de son humanité, n'ont eu aucune réalité, n'ont été que fantastiques et apparents. Évidemment ils ont le plus grand' intérêt à se débarrasser des Écritures attribuées aux Apôtres, puisque ces Écritures leur sont directement et complètement contraires. Dire que ces Écritures ne sont pas des Apôtres, est la première chose qui devait se prése&tet à TespHt de gens qui prétendaient que ce qu'elles contenaient n'était pas des Apôtres. Mais non, telle est l'évidence de Tauthenticité de cesÉcrittires, qu'ils sont obligés de recourir à ce singulier système^ que les Apôtres auraient eu deux doctrines : l'une mensongère et pour le peuple, qti'ils aùraietit consignée dans letirs livres; l'autre réelle pour les parfaits, qu'ils auraient coniléê ft Une seèrète tradition, et que les faits eux-mêmes, se prêtant à cette double doctrine, auraient paru être ce qu'ils n'étaient paè. Se peut-il imaginer un témoignage plus fort en fâvetir de l'authenticité des Évangiles qu'un aussi singulier système^ et cela dans un temps aus&l rapproché de leur pilblication ?
C'est donc avec raison que saint Irénêe tirait des premières hérésies cet avantage que nous opposons maintenant à rincrédulité : ta L'autorité de lios Evangiles est si « bien établie , que les hérétiques eux-mêmes iettr « rendent témoignage.;. Notre doctrine est dôiic bien « certaine, puisqu'elle est appuyée sur les Livres que nos « adversaires eux-môtnes confirment de leur aveti ' . *
Mdis rincrédulité païenne, plus en dehors de toute
t. s. Irén., liv. III, o. ii, n. 7^
prévention chrétienne, plus intéressée et plus entreprenante contre le Christianisme que Fhérésie elle-même, aura peut-être lancé un des mille traits qu'elle ramassait partout, contre cette authenticité des Evangiles, base fondamentale de notre foi? Nullement; et c'est là un témoignage, selon nous, bien décisif, et qui, à lui seul, aurait pu nous dispenser de tous les autres.
L'idolâtrie n'a pas eu de défenseurs plus habiles, ni le Christianisme d'ennemis plus acharnés, que Celse, Porphyre, et Tempereur Julien. Tout ce que la philosophie, la connaissance de Tbistoire, l'éloquencei l'esprit et la malignité ont pu leur fournir de ressources, ils l^ont employé pour soutenir le culte des faux dieux et pour renverser celui de Jésus-Christ; et M. de Chateaubriand fait observer avec raisoUf dans ses Études historiques^ que l'incrédulité moderne n'est que leur plagiaire, et que tout Voltaire se retrouve dans Julien.
Or, ces fameux incrédules, dignes coryphées de tous leurs successeurs, qui ont tout attaqué dans le Christianisme, et par toutes sortes de moyens, n'ont rien avancé contre l'authenticité des Ecritures. C'est la seule chose qu'ils n'aient osé toucher, qu'ils ont forcément reçue. On la leur voit ronger pour ainsi dire comme un frein, ils la couvrent d'écume, et Taltestent, par cela méme^ au plus haut degré»
Le plus ancien des trois, Celse^ qui écrivait en 170, nous est connu par sa lutte avec Origène. Il déclare luimême, dès le commencement de son ouvrage, qu'il \ n'attaque . les chrétiens qu'avec connaissance de cause ; qu'il sait toutes leur preuves : Novi enim omniu^i Nepou-