‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 56 sur 168 · Pensées, 2® partie, art · texte numérisé non relu

Pensées, 2® partie, art

Yérité qu'elle suppose, c'est que les quatre Évangélistes, en faisant chacun séparément une histoire de la \ie de Jésus-Christ, et ayant à parler de faits si multiples et si singuliers, se soient exposés à des malentendus entre eux et à des contradictions inévitables, qui pouvaient les confondre. — Dira-t-on qu'ils se sont donné le mot pour éviter ces contradictions? Mais non; car précisément ils y sont tombés. — Dira-t-on que ces contradictions alor§ les confondent? Mais non; car elles ne sont qu'apparentes. — Dira-t-on enfin qu'ils se sont entendus pour tomber dans ces contradictions apparentes , et couvrir par là leur concert secret? Mais encore non; car cette apparence est tellement forte, qu'elle les compromet réellement aux yeux du grand nombre des esprits incrédules et légers, et qu'il faut toute la patience de la foi aidée de la science pour les dissipera — Tout est donc naïf en ceci chez les Évangélistes; et la vérité seule a pu les mettre d'accord, puisque leurs contradictions apparentes prouvent qu'ils ne se sont pas entendus. Ce qui est môme admirable et hautement persuasif, c'est que les Évangélistes peignant chacun de leur côté, avec une touche différente et sous des aspects divers, la personne de Jésus-Christ, aient tous rendu identiquement la même physionomie, et une physionomie qui ne ressemble à aucune autre; à ce point qu'il n'y a qu'un Évangile, bien qu'il y ait quatre Évangélistes : tant il y avait de réalité

1 . C'est ce qu'a fait M. le comte de Stolberg daoa sa beUe histoire de Jésus-Christ, où, par une science profonde et variée des mœurs, des localités, et de l'histoire juive et païenne, il a éclairé une foule de points inintelligibles ou contradictoires, et a révélé dans les Évangélistes une exactitude et un accord avec eux-mêmes et avec tout ce qui les entourait, dont l'effet rejaillit, vivement sur la partie surnaturelle de leur récit, par la raison très-concluante qu'ils n'auraient pu inventer cette partie sans se traliir par quelques contradictions sur te reste.

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dans leur divin modèle ! tant ils en ont été les naïfs reproducteurs !

Comment le docteur Strauss a-t-il pu se soustraire à cette saisissante impression? Gomment a-t-il pu descendre à cette misérable supputation des variations évangéliques, qui ne sont tout au plus que des variantes? Faut-il le suivre à travers toutes les ronces de son ingrat labeur? Nous en sommes dispensé ; les ennemis de la vérité lui suffisent contre eux-mêmes : nous avons vu comment le système éclectique du juif Salvador était traité par un de ses coreligionnaires^; voici comment lui-même juge à son tour le système mythique de Strauss : — « Jamais ces « hypothèses ne tiendront devant le Nouveau Testa- « ment. » — « Le langage oriental et souvent sublime de « ces Livres leur donne un cachet général d'authenticité « et de sincérité *. » — « Loin de trouver à redire aux « différences qui se rencontrent dans ce quadruple mo- « nument, ces différences en constituent la vraie ri- « chesse ; elles l'agrandissent en y conservant Tempreinte « involontaire et naïve des hommes et des circonstan- « ces* » — « Les traditions des quatre Évangélistes s'ac- « cordent avec toutes les œuvres des Apôtres, et avec la 4L multitude secondaire des récits apocryphes. Il est impos- « sible, après un examen réfléchi , de ne pas les adopter « dans leur ensemble pour des monuments véritables*. »

Une marque non moins frappante, selon nous, delà vérité des Évangiles, c'est que, dans le récit des plu« grands prodiges de Jésus-Christ, il ne se trouve aucune

/ 1. Tome I, p. 276.

2. Salvador, Jéms et sa doctrine, liv. U, p. 492. - Préface, p. g. 8. ioicr., p. 167. » f • w.

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