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LES PROPUÉTIES. IfH

qnes, eût produit Tun une partie, Tantre nne antre, chacune très-distincte, et toutes d'accord pour composer, par leur réunion, le sujet du tableau.

; Or, les prophéties sont disposées de telle sorte qu'on ne peut pas donner une meilleure image de Fimpossibilité qu'il y aurait à attribuer au hasard leur concordance soit entre elles, soit avec Tévénement, chacune en parti* culier, et toutes par leur réunion.

C'est lisiblement l'œuvre de l'inspiration, l'œuvre de Dieu, se complaisant à tracer aux hommes le plan de sa miséricorde et de leur salut, avec une telle diversité d'instruments, une telle intermittence d'action, une telle multiplicité de touches, que l'accord merveilleux qui en résulte ne puisse être attribué ni aux jeux du hasard ni aux calculs des hommes, mais au libre exercice de sa sagesse et de sa puissance, soit dans la prédiction, soit dans l'événement.

Considérée sous ce point de vue, la Religion est un miracle continuel qui remplit toute l'étendue des siècles depuis l'origine du monde, marche parallèlement avec la nature, et ne révèle pas moins que celle-ci l'action de l'Être souverain. Deux grandes phases se la partagent : la prédiction ; l'événement. Un seul grand objet la concentre et la réunit • Jésus-Christ, objet de la prédiction et sujet de l'événement. L'action de Dieu n'est pas moins visible dans l'une que dans l'autre de ces deux phases; car si dans la première elle se révèle en prédisant ce qui sera, elle se manifeste dans la seconde en produisant ce qui a été prédit. D'une part il prépare, de l'autre il consomme; d'un côté il trace le plan, de l'autre il élève l'é- . diflce; aussi infaillible dans la promesse que fidèle dans l'accomplissement. Ce n'est pas toutefois, remarquez-le

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bien, que Topération de Diea soit réellement successive, comme il nous le paraît; non, mais seulement sa révélation. En soi c'est un même ouvrage toujours subsistant dans rélemité de son objet et de son auteur, et, en ce sens, révénement existait avant la prophétie : Agnusoccisus est ah origine mundi. Mais comme il n'existait qu'aux jyeux de D;eu, Dieu seul a pu le décrire avant de le montrer, et c'est ce que nous appelons prédiction. Pour s'accommoder à notre faiblesse, et nous dispenser ce grand bienfait de sa miséricorde avec une mesure qui nous en fît apprécier la gratuité et l'omnipotence, il a plu seulement à Dieu de nous le promettre d'abord, de nous le distribuer ensuite, et de nous faire voir dans ces deux témoignages, dans ces deux Testaments de sa libérale puissance, YAncien et le Nouveau^ que c'est Lui seul qui en est l'auteur comme Lui seul en est le dispensateur, pour que Lui seul soit l'objet de notre amour et de notre reconnaissance * . Il n'a pas voulu qu'il en fût de la Religion comme de la nature : nous la donner toute faite, et nous y introduire comme un roi dans son palais quand il est achevé. Et la raison en est bien simple : c'est que la Religion avait pour objet de corriger en nous la nature dégradée par le péché; et comme le péché, source de cette dégradation, était YorgueiU dont le propre est de s'attribuer immédiatement tout ce qu'il possède et de ne rien devoir qu'à lui-même, il était nécessaire que le bienfait réparateur de la Religion nous fût distribué avec succession, lenteur et économie, pour que nous ne fussions

1. Les deux Testaments, dit saint Augustin, se rendent réciproquement témoignage : TAneien prédit le Nouveau, et le Nouveau vérifie la certitude des prédictions de TAncien ; et tous les deux se crient Tun à l'autre, comme les deux séraphins : c Saint, saint, saint, est le Seigneur, le Dieu des armées, m

jamais tentés de nous en approprier le principe, et que la main qui nous le dispense fût toujours visible au-dessus de nous, et nous tînt toujours en haleine d'amour et de foi.

Toute la Religion, d'ailleurs, consiste dans un ensemble de promesses, les unes devant élre réalisées dans le temps, les autres dans Téternité : l'accomplissement des premières nous est donné par Dieu en gage de sa fidélité à accomplir les secondes, de sorte que noire foi ait toujours de quoi s'appuyer et de quoi s'exercer. Et ce qu'il y a d'admirable, c'est que les promesses temporelles ont été échelonnées de telle sorte que, par leur accomplissement successif, elles aidassent à se faire croire les unes les autres de génération en génération, comme toutes doivent faire croire à celles, qui regardent l'éternité. Dieu, dit agréablement saint Augustin, a voulu en agir envers nous comme un honnête débiteur qui pourrait exiger qu'on le crût sur parole, et qui, ayant affaire à un créancier défiant, lui dit : « Vous ne croyez pas ce que je vous dis ; je vais vous en faire un engagement par écrit à diverses échéances. » Comme une race passe et qu'une autre lui succède, et que tous les siècles passent de la sorte, il fallait que l'Écrit de Dieu, et pour ainsi dire sa signature, demeurât fixe, afin que tous ceux qui successivement passeraient dans ce monde pussent la lire, et qu'ils fussent fidèles à garder la voie qu'il faut tenir pour jouir de ses promesses^.

Telles sont les raisons profondément philosophiques de l'économie du Christianisme, et de cette magnifique

1 . Or, ajoute saint Augustin , en combien de choses n'a-t-il pas déjà dégagé sa signature ! combien nous en a-t-il déjà données, en ▼ertu de son seing et de son Écrit 1

tu

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involulion de prophéties et d'événements qui la compose, avec tant de variélé et d'unité, d'ensemble et de détail, de fécondité et de simplicité.

Si Dieu s'est servi, dans ce grand ouvrage, des hommes et des événements, et s'est caché derrière eux pour exercer notre foi, il Ta fait cependant en maître des hommes et des événements, faisant les plus grandes choses avec les plus petites, et atteignant son but par l'hostilité même des moyens, de manière à ce qu'il apparût à notre attention à travers cet exercice de notre foi.

C'est ainsi qu'il a cumulé dans ses prophéties tous les éléments qui s'opposaient à la prévision naturelle de l'événement et à sa fidèle rencontre, pour que nous ne pussions pas en attribuer la merveille au hasard.

C'est ainsi encore que, pour que nous ne pussions pas davantage y voir un concert humain, il s'est servi, pour accomplir l'événement, de ces Juifs qui n'y croyaient pas, et qui, par leur incrédulité déicide, étaient les ouvriers de sa Providence; d'autant plus fidèles à ses fins qu'ils étaient en révolte contre ses intentions, d'autant plus exacts qu'ils étaient plus aveugles, d'autant plus propres enfin à constater le rapport de l'événement avec la prophétie, qu'ils étaient tout à la fois témoins de la prophétie, acteurs de l'événement, et hostiles à leur accord.

Mais il est temps de justifier et de compléter tout ce qui précède, en montrant la réalité de cet accord.

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