‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 68 sur 168 · IV · texte numérisé non relu

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révèle rintenrention de la Divinité, et sert de fondement à notre foi.

' ^Ge grand retour de toute rtiumanité à l'unité d'une loi «ainte, après les écarts de plus en plus profonds où chaque peuple s'enfonçait sous le polythéisme, voilà ce qui était incontestablement en dehors de toute prévision, de toute vraisemblance, de toute possibilité naturelle même; et voilà cependant ce qui est prédit ici deux mille ans avant qu*il soit fait, et ce qui va être répété dans les autres prophéties avec une infatigable constance.

Cette révolution extraordinaire devant sortir spécialement du peuple juif entre tous les peuples, et ce peuple juif devant sortir en particulier d'Abraham entre tous les hommes, voilà qui ajoute à la divine singularité de la prédiction.

£t voyez avec quelle suite d'intention ce plan est soutenu!

Abraham eut deux fils : la prophétie s'appliquait à ces deux fils comme elle s'appliquait à tous les hommes avant le choix d'Abraham; mais comme Abraham fut choisi entre tous les hommes, Isaac est choisi entre les fils d'Abraham, et la divine promesse lui est dévolue en particulier, et à lui seul.

a C'est d'Isaac, dit Dieu à Abraham, que sortira la race « qui doit porter votre nom. » (Genèse, ch. xxi, v. 12.)

« Je serai avec vous et vous bénirai, dit Dieu ensuite' « à Isaac, pour accomplir le serment que j'ai fait à Abra- « ham votre père. — Je multiplierai vos enfants comme a les étoiles du ciel; et toutes les nations de la terre se- « ront bénies en Celui qui viendra de vous. » (Genèse, « chap. XXVI, V. 3et4^)

1. bmaël, l'antre flU d'Abraham, est Tobjet d'une prédiction spé-

Même élection panni les fils dlsaac. Ils étaient deux, Ésaû et Jacob ; et c*est à Jacob en particulier que passe Fan tique promesse :

« Je suis le Seigneur, le Dieu d'Âbrabam votre père, « et le Dieu dlsaac... Votre postérité sera nombreuse 0 comme la poussière de la terre.... et toutes les nations <K de la terre seront bénies en Celui qui sortira de vous. » (Genèse, chap. xxviii, v. 13 et 14.)

Remarquez que, pour donner à ce choix dlsaac d'abord, et de Jacob ensuite, un caractère plus providentiel, plus librement électif, le cours naturel des choses est interverti. Ainsi la vieillesse de Sara est rendue féconde au détriment d'Ismaël, et la surprise faite à Isaac de sa bénédiction en faveur de Jacob la détourne d'Ésau, à qui elle revenait naturellement comme à Talné^

eiale. t Je ne laisserai pas néanmoins, est-il dit à Abraham, de ren- « dre le fils de votre servante clief d*un grand peuple, parce qu'il est c sorti de vous... Ce sera un liomme indompté; il lèvera la main c contre tous, et tous lèveront la main contre lui; et il dressera ses c pavillons vis-à-vis de tous ses frères. » (Genèse, chap. xxi, v. 13- 14, et chap. xvi, t. ]?.) Prédiction frappante, dans laquelle il est impossible de méconnaître le peuple ismaélite ou arabe, qui se Test toujours appliquée à lui-môme.

1 . Il est vrai qu*il avait vendu son droit d*afnesse ; mais la tromperie n*en existait pas moins à l'égard d'isaac. — Cette supercherie, comme mille autres traits de la Bible, a scandalisé beaucoup d'esprits légers; mais tous ces ombrages s'évanouiront devant une distinction toute naturelle. 11 y a toujours deux choses dans les événements humains : la liberté de l'homme qui peut faire le mal, la providence de Dieu qui, par ce mal qu'il réprouve, atteint le bien qu'il poursuit. Il n'jf a nulle solidarité entre ces deux choses, et le bien que Dieu tire de nos mauvaises passions ne les justifie pas plus que celles-ci ne l'incriminent. C'est ainsi que la Révolution française, toute pleine de crimes qu'elle a été, a fonctionné, peuti-on dire, dans les mains de Dieu comme une machine terrible de justice et d'épuration. Les bourreaux n'en sont pas moins restés avec leur responsabilité relative, les victimes avec leur expiation méritoire, et Dieu avec sa gloire et sa sainteté infaillibles.

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La force de cette prophétie répétée à Abraham, à Isaac, et à Jacob, dans les mômes termes, In Semine iuo benedicentvr omnes gentesy est, comme nous l'avons observé, dans cette vocation des Gentils anticipée de deux mille ans, et précisée dans le canal par lequel elle doit s'opérer : le peuple juif. — Dans ces seuls termes elle est prodigieuse. — Mais elle aurait un caractère plus significatif, si le mot semen, employé aussi dans la première prophétie, devait s'entendre, comme le dit de Sacy, d'un descendant individuel et particulier, qui serait le Christ.

Or, c'est ce qu'un interprète célèbre, profondément versé dans la langue, les mœurs et la tradition des Hébreux, saint Paul, résolvait ainsi : « Les promesses de Dieu, i/ dit-il, ont été faites à Abraham et à sa semence. Il n'est « point dit, et aux semences, comme parlant de plusieurs, « mais comme d'uNB : et à ta semence, qui est le Christ^, » Le grand Apôtre ne faisait que lever l'équivoque, et ne donnait pas pour cela un sens nouveau, ni qui fût inconnu dans l'usage ordinaire. Nous en avons une preuve claire dans ce célèbre passage du livre des Rois : « Je <c susciterai, après toi, ta semence (dit Dieu à David, en « parlant de Salomon), fruit de tes entrailles, et je l'afi< fermirai sur ton trône. Celui-là édifiera un temple en « mon nom*. » Semence veut donc bien dire ici un descendant spécial.

Mais les Prophéties vont s'expliquant de plus en plus elles-mêmes, et l'interprétation que nous venons de présenter va sortir comme de l'enveloppe dans la troisièiûe prophétie.

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