‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 85 sur 168 · Marc, chap. i · texte numérisé non relu

Marc, chap. i

rhomme, voulant faire une prophétie après Tévénement, comme on pourrait supposer que les Évangélistes auraient fait celle-ci quand ils furent réellement devenus pêcheurs d'hommes; jamais, dis-je, il ne serait venu à la pensée de Vhomme, voulant faire annoncer par un Dieu une chose aussi extraordinaire à des hommes grossiers, de le faire en termes si modestes et si simples.

Quoi ! y pense-t-on? de pauvres pêcheurs, d'une petite mer de Galilée, devenir pêcheurs d'hommes comme ils étaLieni pêcheurs de poissons; prendre les hommes dans le monde et les tirer hors de leurs passions, hors de leur élément en quelque sorte, comme les poissons hors de l'eau; à pleins filets! et quels filets? les filets de la persuasion et de la parole; et dans quels temps? et dans quelle société?...

Gela s'est accompli à la lettre, il est vrai ; mais aussi cela est un prodige inouï que tout semblait démentir et confondre à mesure même qu'il se réalisait. Combien devait-il donc paraître tel dans ce moment où l'annonce en fut faite à ce Simon et à cet André, qui jetaient leurs filets dans la mer? Pouvait-il y avoir des termes assez éclatants pour leur en prophétiser et leur en persuader la réussite? N'était-ce pas le cas de s'écrier avec les prophètes : Écoutez j peuple; prêtez V oreille, vous tous qui habitez la terre! ou bien encore : Cieux^ écoutez ma voix; que la nature entière soit attentive au discours qui sortira de ma bouche/ — Mais non : Suivez moi, et je vous ferai devenir PÊCHEURS d'hommes..., commo s'il s'agissait de la chose la plus ordinaire et la plus simple ; tant cette chose était ordinaire et simple, en effet, pour Celui qui en parlait ainsi! On a dit. Le style c'est Vhomme : on peut dire ici, Cestle Dieu; parlant comme il agit, et n'ayant pas plus

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