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devoirs ; au-delà, ii agit contre ses propres intérêts, car l’excès de la centralisation administrative aboutit i» à faire mettre en question l’avantage de la centrali¬
sation politique; aussi dis-je que, dans le temps où nous vivons, temps de confusion profonde et de discussions interminables , mieux valent des attributions restreintes, mais clairement définies, que des attributions plus étendues, mais incessamment contestées ; c’est ce que ne comprennent pas les ministres qui, rarement, ont une opinion invariablement arrêtée sur les limites dans lesquelles doit se renfermer l’action du pouvoir ; de là , des prétentions exagérées, qui, après avoir été vivement débattues, se résolvent presque toujours en concessions irréfléchies. C’est, à mon avis, une déplorable habitude, que celle que le pouvoir a contractée, de se surfaire, de demander plus qu’il ne lui faut pour obtenir ce qui lui est nécessaire ; en agissant ainsi, ii s’abaisse, il pervertit l’esprit public dont il justifie la défiance, et manque encore plus d’habileté que de dignité, car il n’a jamais qu’à perdre à se faire marchander; la force du pouvoir est surtout dans le respect qu’il a de lui-même.
Comment se fait-il que des hommes d’origines politiques diverses, arrivant au ministère par les directions les plus opposées et avec les systèmes les plus différens, se brisent tous, les uns à la suite des autres, contre le même écueil, commettent tous les } mêmes fautes sans que l’exemple des premiers serve
ii l’expérience des derniers; encourent tous les mêmes reproches dinfidélité à leurs opinions , de versatilité et de corruption ? Faut-il en accuser ïa faiblesse et la vertu des hommes, ou bien la force et le vice des choses? C’est l’examen approfondi de cette question qui rn’a conduit à la proposition d’une classification nouvelle des attributions ministérielles.
Le mode actuel d’organisation s’oppose à ce que rien de grand et de durable puisse être entrepris, et * tant qufil subsistera , on changera vainement de ministres, mais on ne changera pas d’erremens; l’impulsion sera toujours vaincue par la résistance ; ce qu’on avait blâmé dans ses devanciers , on le fera; ce qu’on avait soutenu, on le démentira; ce qu’on avait promis, on ne le tiendra pas. On s’imagine que, pour faire mieux, ou même autrement que les ministres qu’on aspire à remplacer, il suffit d’avoir des intentions droites et des convictions sincères, on le croit de très-bonne foi, mais c’est une illusion qui se dissipe presque aussitôt qu’on est au pouvoir; à peine est-on installé qu’on est débordé par les affaires, emporté par la rapidité de leur courant ; alors la tête s’égare, la mémoire se perd 5 on oublie les idées qu’on a conçues, les engagemens qu’on a contractés ; on ne voit plus devant soi qu’une majorité toujours prête à vous échapper ; on ne pense plus qu’aux moyens de la retenir ; on y sacrifie tout ; on fait aux exigences individuelles les mêmes concessions que celles qu’on a le plus sévè-
rement blâmées , enfin on recoure par impuissance à la corruption qu’on a flétrie, car c’est une erreur de croire que la corruption ministérielle soit un système politique, c’est moins que cela, c’est un pisaller, et si tous les cabinets le subissent, c’est qu’ils v sont contraints par la nature des choses. Il faut donc ou changer radicalement les choses ou persister fatalement dans une voie funeste; il n’y a d’alternative qu’entre une réforme nécessaire ou une révolution inévitable, car un gouvernement représentatif est bien près de sa fin lorsqu’il a épuisé toutes les combinaisons ministérielles, sans parvenir à trouver les lois de son existence.
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