‹ Etudes politiques (volume 2)Chapitre 33 sur 53 · IH · texte numérisé non relu

IH

U° Location de trois lits pour l'ambulance, . . .

12* 1 Fiais de maladies, honoraires de médecins, .

Total de la dépense.

u Ces 6,668 fr. 27 c., divisés par le nombre loial de journées du mois y donnent pour prix moyen de la journée 1 fr* 61 c.

a Or, en admettant que ^entrepreneur eût employé des manœuvres de choix à la place des militaires, il ne les eût payés que 1 fr. 40 c. par jour (4)* d aurait doue gagné 0 fi\ 21 c> par jour et par homme à cette substitution ; il est vrai qu’il n’en eût peut-être pas trouvé la quantité suffisante,

» Examinons maintenant quel a été le profit net de chaque soldat travailleur :

(i) Cl s o il v r i l ls EÎUbnL à b solde àc l'util repreneur,

(a) Les aerienséuicTit CLpJSUiumLtït prévus suv lira c||ariiicrs, Landîs f[tie les sei'(jena-majûra ne s'occupaient cjuc iln LOtHpluhiltlt! : voilii pourquoi les pi'&r ni lors recevaient plus rpie les derniers.

(3) Cette campagne a duré dix mois.

( 4 ) Ce prix est en effiH celui ipie j'ai donné aux manoeuvres de choix uavaillaui en régie.

Pour un mots de travail ? ordinairement composé de 25

jours, il recevait.» . . * 31 f. 25 c.

Iï avait à payer pour son service au corps,

par mois.* . . 5 f . OU c.

Chaussure. 2 50

Une blouse et un pantalon d’un prix ensemble de 7 fr. 50 c. pour dix mois, et pour un. . ü 75 11 abandonnait les 5 c. de poclie pour l'amélioration de l'ordinaire, ainsi je n'en tiens pas compte.

Total. , . , 8 3.5 8 25

Reste net. . * 23 oo

Ces 23 fr., divisés par 25, donnent pour piix moyen de

journée. o 92

Si l'entrepreneur eût retenu sur ce prix l'excédant de dépense dont il vient d'ètre parlé.\ . * o 21

Il serait donc resté jpour chaque travailleur (l). , t , o 71

» Ce résultat est meilleur que celui obtenu par fri» Colliguou, mais il aurait offert peu de moyens d'opérer des économies notables ; c’est tout au plus si Fêtai, s’étant mis à la place de l'entrepreneur, eût pu gagner 0 fr. M c. par journée et par homme; car chaque soldat* pour travailler avec courage, doit être certain d’un bénéfice net qui ne peut s’élever à moins de 0 fr. 40 c, (2).

(1) Parmi les suidais travailleurs, ü y avait un assez grand nombre de maçons, gagnant a. fr. 5 o c. par jour; d'après les calculs précédens, ou trouvera que leurs journées revenaient à 2 fr. 8 S c. à l'entrepreneur, cl qu'il leur restait de net s fr. 17 c*, qui se seraient réduits a 1 fr, 8i c., sj 011 en avait déduit l’excès de dépense pour îciu casernement et autres causes indiquées ci-dessus.

( 2 ) Û faut observer qu’un soldat aimera toujours mieux gagner 4 ü cent, par jour et avoir une nourriture meilleure, en travaillant, que de faire l’exercice sans rien gagner , et en ayant une mmi'niure moins substantielle.

»Ne serait-il pas possible d’obtenir mieux encore? Je ne puis m’empêcher de le croire; mais je pense qu’il faudrait pour cela modifier T organisa lion de Tannée.

» je voudrais qu’on formât des compagnies d’ouvriers dans des régimens spéciaux ( )+

u Ainsi 5 un de ces régimens, par exemple, contiendrait une ou deux compagnies de maçons, tailleurs de pierre, sculpteurs, plâtriers, marbriers ; une ou deux compagnies de forgerons, serruriers, charpentiers, menuisiers, charrons et mécaniciens ; toutes les autres compagnies seraient composées d’hommes habitués aux travaux de la terre; on n’y admettrait même pas les ouvriers de cette espèce qui n’a niaient pas atteint toute leur force, ou qui seraient d’une faible constitution* a Plusieurs de ces régimens seraient uniquement composés de travailleurs de terre (2).

» On reléguerait dans des régimens séparés tous les ouvriers anciennement occupés dans la plupart des manufactures, les orfèvres, bijoutiers, chapeliers, tailleurs, etc*, etc* ( 3 ).

b Avant d’employer aux travaux ces soldats ainsi organisés, on les exercerait pendant six mois au maniement des armes*

» Maintenant, je suppose qu’une grande construction réclamât l’emploi des ouvriers militaires :

b On y enverrait un ou plusieurs des régimens dont je viens de parler, étayant un nombre de soldats travailleurs égal à peu près au nombre d’ouvriers nécessaires,

(1) On sait combien les compagnies d’ouvriers rendent de services A l'artillerie ; les sapeurs et les mineurs sont réellement des régimens d’ouvriers, et cela ne les empêche pas d’être les meilleurs soldats de l’armée.

(2) Ce sont les villages qui fournissent le plus grand nombre d’hommes à Tannée ; les travail leurs de terre y sont donc en majorité.

(3) Ou pourrait cependant réunir les I ail leurs en compagnies et leur faire exécuter les uniformes des troupes; il serait possible d'appliquer également mon système aux cordonniers et a plusieurs autres états.

»rn moitié seulement des soldats travaillerait, l’antre moitié ferait le service des casernes et s’exercerait au maniement des armes ; chaque moitié alternerait avec l’autre au commencement de chaque semaine (1).

?) Il suit de celte disposition que la moitié du personnel des chantiers serait formée d’ouvriers civils ; niais, dans le cas où 1 on ne pourrait pas compléter le nombre de ces derniers, la réserve militaire serait là pour fournir le supplément nécessaire *

» Je suppose maintenant que ie prix de la journée de manœuvre fût de i U\ 50 dans le pays où s’exécuterait le travail ( 2 ),

'j Les soldats travailleurs toucheraient 0 fr. 40 par chaque journée de travail, et abandonneraient les 0 fr. 05 de poche pour 1 amélioration de l’ordinaire; sur les 1 fr. 10 restant , on prendrail les dépenses supplémentaires, qui pourraient ne s’élever qu’à 0 fr. 27 a peu près, comme je le prouverai tout à l’heure; les autres 0 fr, 83 seraient partagés en deux portions : Pane, de 0 fr, 43 , serait mise à la caisse d’épargne au nom et au profit de chaque soldat travailleur, et le capital et les intérêts lui seraient rendus quand il serait libéré du service; l’autre , de 0 fr, fiO, serait le bénéfice de l’état-

» Pour appliquer ce système à un exemple spécial, je supposerai qu un bataillon de travailleurs organisé comme je viens de le dire eût été employé à ia RQçhe-Bernard*

Je P as besoin de faire remarquer combien il serait facile de ralentir momentanément l’activité.des chantiers, ou de l’augmenter, dans mon système, et cela don jour à l’autre, ce qui est impossible maintenant sans de grandes dépenses faites en pure perte.

(!^J Ce prix peut être considéré comme 1e prix moyen des localités od s exécutent tes grands travaux ; au reste, on remarquera qu’en appliquant mon raisonnement à ta journée de manœuvre, c’est le cas le plus défavorable que je prends.

L'indemnité mensuelle îles cinq officiers eût ëlé réduite, i\ raison de 15 fr, pour chacun

d’eux, o(1) . U fMe.

Idem pour deux scrgensunajoi s, k 5 fr.

par mois. . , . * ■ * ■ 10 00

Idem pour six sergents à G fr. par mois, 3G Ofî

Je supprime du compte que j’ai établi précédemment : l’art. 5, vu que la cuisine se ferait comme maintenant; l’art- 10, vu que les frais extraordinaires de la maladie sont supportés actuelLement par L’état, et que l'emploi de F armée aux travaux n’y ajouterait rien ; et enfin Part, 8 , par la même raison,

ïî est évident que plusieurs autres articles peuvent Être diminués dans un grand nombre de localités, où il existe des casernes, par exemple ; cependant je les porte ici dans leur intégralité, en observant toujours que je prends ïe cas le plus défavorable : reste à compter.71 fi 61

Total pour un mois de 26 jours de travail (2). 837 fil

Qui, divisé par 5,750 hommes, nombre total des journées, fait.* . . ■ 0 iU

Au corps, les soldats travailleurs n’auraient plus de garde à payer, mais il faudrait leur retenir pour chaussure et vêtemens de travail, comme il a été dit plus haut (3),

3 fr, 25 c. par mois, ou par jour..- 0 130

Total à prélever par jour. 0 276

Le montant net de la journée, en la calculant au prix de 1 fr. flGj aurait donc été, pour les manœuvres, de 1 fr, 125.

(t) Quoique cette indemnité et les autres ne soient p as tri s-fortes, il est évident quelles produiraient cependant une amélioration sensible dans La position des officiers et sous-officiers.

Tous d’en profiteraient pas t il est vrai, etsttrtOÛt constamment, puisqu'ils ne seraient pas toujours employés aux travaux publics; mais de ce qu’un avantage ou n’est pas grand, ou n’est que temporaire, il ne cesse pas pour cela d’élre un avantage.

(s) Le nombre îc plus ordinaire des journées de travail, dans un mois, est de a 5 ; or 26 X ?3o sa 5"5o.

[ 3 ) En prenant sur le salaire des soldats la valeur des retenions de irai ail et de la chaussure, les dépenses ordinaires qui grèvent leur -masse, diminuent,

Sur ce prix, J'aurais voulu qu’on accordât aux soldats travailleurs, pour en disposer à leur volonté. » . * o f.405

Qu'on plaçât pour eux à la caisse d'épargne, . . , o 400

Et que l'état profitât de (1)... o 320

Total pareil. * , « , 1

»Ed récapitulant, je crois qu’on peut affirmer qu’il résulterait <lu système que je propose les avantages suivans :

» 1° Les régi mens de travailleurs, choisis parmi les soldais les plus robustes, seraient des régimens d’élite qui pourraient rendre les meilleurs services en temps de guerre; les bataillons d’ouvriers de la marine, et la division des grenadiers du maréchal Oudinot, pendant la campagne d’Austerlitz, prouvent l’avantage qu’on peut tirer de la réunion d’une masse d’hommes d’élite (2) ;

» 2 ° L’état pourrait exécuter à meilleur marché beaucoup de constructions importantes; il pourrait aussi se passer souvent du concours funeste des entrepreneurs; il ne verrait plus ses constructions souvent entravées par le manque d’ouvriers, et il serait à l’abri des effets de leurs coalitions ;

i> 3“ S’il était menacé de la guerre, il pourrait, en consacrant les bénéfices obtenus sur la masse ordinaire des travaux à l’entretien d’un plus grand nombre de régiments, augmenter, presque sans qu’on s’en aperçût, l’effectif de l’armée, de manière à la mettre mieux en état de défendre le territoire;

i> 4° La position des officiers serait un peu améliorée; celle des sous-officiers le s erait également ; elle pourrait même l’être beaucoup pour les plus instruits d’entre ces derniers, qui pourraient être employés connue conducteurs et piqueurs; de cet avantage il en résulterait un autre, c’est que, dans cette

(0 Eli ajoutant à ce bénéfice celui fait sur celles des maçons, nu trouverait qti il y aurait eu un bénéfice net, pour l'eut, tic *5 h 3 o,qoo IV. parcainpallie, te qui fait presque 100,001? fr. sur l’ensemble des travaux du pont, c'est-à-dire du dixième de la dépense totale.

(a) Il est clair } dans tous les cas , que ces règimens exécuteraient bien et rapidement les travaux de fortification passagère.

espérance, les son s-officiers étudier aient avec zèle le calcul, le dessin, l’art de niveler et de lever des plans, ce qui les mettrait en état de rendre d’excelleras services en temps de guerre;

» 5° La nourriture des soldats serait meilleure, et leur travail pins varié leur donnerait plus de force et de santé;

«G 0 Ils ne perdraient pas l'habitude du travail (1), et à leur sortie du service, quand ils reprendraient leur étal primitif, ils ne se trouveraient plus dans un état d'infériorité, sons le rapport de l'habileté, avec ceux de leurs anciens camarades qui ne seraient pas tombés au sort ;

» 7° En rentrant dans la vie civile, ils auraient à leur disposition un petit capital qui leur donnerait les moyens de s’établir, et je n’ai pas besoin de développer ici les avantages qu’un pareil état de choses procurerait à ces soldats et à la société en général (2)*

sj 8° Enfin, il est probable qu’un assez grand nombre de soldats, plus satisfaits que maintenant de la vie militaire, ayant à leur disposition une somme journalière assez forte pour satisfaire à

(0 On objectera peut-être que cet avantage n'existerait que pour le petit nombre de soldats possédant un métier qui les rende propres à être employés aux travaux publics, car les terrassiers ne peuvent perdre leur habileté; mats ce genre d'objeelion, qu'on fait cependant souvent, me paraît dénué de raison ; parce qu'on ne peut faire du bien à tout le monde, faut-il donc se condamner à ne faire du bien à personne ? ce serait une étrange manière de comprendre l'égalité devant la toi !

D'ailleurs, d'après ce que j'aï dit plus haut, on pourrait étendre considérablement mon système ; et je ne vois pas comment il ne serait pas possible d'employer les soldats tailleurs, cordonniers, ébénistes, doreurs j tisserands ? etc»

(2) Personne n'ignore que c'est souvent le défaut d'espérance d'acquérir de l'aisance, qui porte te découragement parmi tant d’ouvriers, et ce sont presque toujours les premiers cents francs qu'il est plus difficile d'épargner.

Les bonimes qui possèdent déjà quelque chose sont ceux qui travaillent davantage pour augmenter leur petite fortune; ils n'auraient peutêtre pas eu assez de courage pour la commencer.

leurs plaisirs, voyant chaque jour s’augmenter de plus en plus leur petit capital placé à la caisse d’épargne, se détermine- • raient à renouveler leurs engagement, de sorte que Tannée posséderait une plus grande quantité de soldais à chevrons, qui en font toute la force,

»Et comme toute amélioration en entraîne presque toujours une autre , le grand nombre d’anciens soldats qui composerait les régi mens permettrait de dépenser moins de temps aux exercices militaire®.

ï>.Te viens d’avance au-devant d’une objection que je n’aurais pas prévue, tant elle me paraît superficielle, mais que j’ai cependant entendu présenter comme sérieuse.

» On a dit : la loi n’imposant aux jeunes soldats qu’un service purement militaire, vous n’avez pas le droit de leur prescrire un travail supplémentaire et d’aggraver ainsi leur position en augmentant la somme des devoirs qu’ils ont à remplir envers Tétât.

Sous le rapport légal,cette objection est bien faible; quand la loi de recrutement, faite dans le plus grand intérêt public, aura parlé, il est évident que le gouvernement nou-seulement pourra, mais encore devra l'exécuter, et personne n’aura à s’en plaindre.

» Sous celui de la justice, il me semble qu’elle l’est encore davantage , car s il doit résulter pour les jeunes soldats eux-inciues quelque bien de l’organisation que je propose, H est clair que la lot nouvelle a le droit de la consacrer sans être injuste.

» Et il faut remarquer que ce n’est pas par les devoirs qu’elle prescrit que la loi de recrutement est dure, mais par le sacrifice des plus belles années de leur vie qu’elle exige des citoyens qu’elle atteint !

» Qu’importe, en effet, à ces citoyens qne le temps perdu par eux soit employé à faire rouler une brouette ou un caisson, à manier une pioche ou un fusil?

» C'est la loi actuelle qui est dure. J’ajouterai qu'elle est barbare j car après avoir arraché un jeune ouvrier à sa famille , à un âge où^ inexpert encore dans le métier qu’il a embrassé (1), il allait acquérir l'habileté nécessaire pour s'y distinguer ; à une époque de sa vie où , sous les veux de ses maîtres et de ses pareils t les habitudes d'ordre et d'économie, indispensables à son bonheur futur, allaient se développer en lui; elle le rejette ensuite , après six années d'oisiveté, et souvent, hélasï orphelin , au sein de la société, sans argent, sans habileté dans son état, et souvent, ce qui est pire encore , sans goût pour le travail. Ah f si, sous l'empire d'une telle lot, il n'existe pas un plus grand nombre d'assassins et de voleurs, il faut avouer que cela fait l'éloge de notre caractère national.

« Je l'ai déjà dit, je ne suis pas dans une position qui me permette d'examiner la question d’assez haut, je n’ai pas assez de connaissance d'administration militaire, ni surtout assez de présomption, pour croire qu'on système complet et parfait soit sorti de mon cerveau, comme. Minerve de celui de Jupiter, mais, à tort ou à raison, je pense que mes idées, très-hardies sans doute, ne sont pas tellement absurdes qu'elles ne méritent pas d'être méditées par les personnes compétentes, et c'est le seul honneur que je revendique pour les avoir conçues* »

P. Leblanc.

(1) Je ne parle pas ici Je celai dent le travail était utile à sa famille; il est mort pour elle dans le système actuel ; dans lé mien, il peut encore venir h son aide,

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