EMPLOI DES TROUPES AUX TRAVAUX DE CANALISATION EN SUÈDE
Extrait du rapport adressé te 18 mars 183 S , par P un des directeurs du canaî de G cible, à M* DE Lagerhëim, ingénieur en chef, en réponse à ces questions :
« Quelles sont les mesures que le gouvernement suédois a prises pour » porter les soldats à travailler avec bonne volonté > sans trop de dé* » penses, mais avec des récompenses ou distinctions quelconques?
« Quelle est la forme des mesures prises par le gouvernement suédois » pour donner à ces travaux un caractère d’utilité nationale compatible » avec la dignité de l'armée? Enfin, quelles sont les conditions de tous » genres, soit positives, soit morales, qui ont contribué a rendre cette n grande mesure si utile et si honorable pour le royaume de Suède? a
— Traduit du suédois, —
« La plus grande partie du canal de Gothie , terminé en 1832, qui réunit la mer du Nord a la Baltique* a été exécutée par l'armée ; ce fut en effet le seul moyen par lequel on put entreprendre un pareil travail dans un pays si étendu et si peu peuplé que la Suède ; et heureusement l'organisation de l'armée suédoise est telle que les occupations de ce genre se concilient à la fols avec la dignité et la destination du militaire. Outre les régi mens enrôlés (woarfuade) qui font le service de garnison, la Suède a des troupes permanentes qui sont réparties sur toute la surface du sol et entretenues par les propriétaires ruraux, Ces troupes * qui sont tenues de faire l’exercice pendant une certaine partie de l'année 9 ont fait une convention avec Fêlât * en vertu de laquelle le gouvernement peut les charger de travaux d'utilité publique, tels que : fortifications* établissemens de ports et de bassins, communications par terre et par eau, travaux dans lesquels les soldats finissent par acquérir une grande habileté qui leur est fort utile même dans le service militaire. Celte capacité de travail une fois acquise, les soldats peuvent se procurer leur subsistance indépendamment de leur
paye. Chaque soldat suédois a son champ ; il peut donc* dans le temps où il est libre de service, se faire autoriser par ses supérieurs à travailler pour Jui-mêmc ou pour d’autres; et l'ouvrage ne lui manquera pas, car les militaires sont connus pour être les travailleurs les plus habiles du pays et toujours préférés aux autres ouvriers.
» Au reste* ces troupes sont organisées comme les régimens enrôlés, et sont commandées, dans le travail, par leurs propres officiers. Lors de l'exécution du canal de Gœtha, les officiers ont veillé non-seulement à la discipline, mais aussi a remploi de leur salaire (œconomie). L’entreprise du canal fournissait des vivres aux troupes à des prix fixés, tous les ans, par le roi, et qui étaient calculés de manière que leur nourriture n’absorbàt que la moitié de leur gain. Un certain nombre d'heures par semaine étaient consacrées à T exercice des armes. Pendant les 22 années qu'a duré la construction du canal, un grand nombre d’cxceUens ouvriers ont été formés dans l'armée, cl on a trouve des soldais dont la docilité et l'aptitude ont excité l'admiration des contre-maîtres anglais, »
Extrait du rapport fait au nom de ta commission chargée de V examen du projet de loi concernant l’appel de 80,000 hommes de la c&ïssc de 1840, par M. te Ueutenant-gènérai Durrieu , député .
«.* Ce qui peut donner lieu à certaines pertes
c'est s en grande partie, la réunion obligée, dans un même batiment, dans une même chambre, d'un grand nombre d'hommes ; c'est notre peu do goût pour le service de paix, pour les exercices monotones et incessants, et pourtant néces^ saires ; c’est la première répugnance des jeunes recrues, qui tous obéissent parfaitement, mais dont un certain nombre incline plus ou moins à la nostalgie; c’est, enfin, il faut le dire aussi, l'oisiveté militaire, qui, malgré le service etlesexer-
cices * laisse beaucoup de temps sans emploi, et qui tourne parfois à l’ennui, à l'intempérance, aux vices'des villes et à des maladies. Les armes spéciales de l’artillerie et du génie, où Ton s’exerce autant* ou plus, pour le service ordinaire, mais ou Ton s'applique beaucoup à des travaux qui entretiennent la force et la santé* ont'généralement moins de malades que l’infanterie et la cavalerie,
» C'est donc du travail qu’il faudrait donner* surtout à l'infanterie , dont les soldats vivent beaucoup trop sans rien faire. Trouver et constituer un bon moyen de diminuer leurs loisirs* en y comprenant, bien entendu* et au premier rang, l'instruction primaire, serait une autre grande amélioration de notre régime militaire. Les moeurs, la santé, le bien-être elle contentement personnels, y gagneraient ; l'économie des hommes et l’esprit de l'armée y gagneraient aussi : les généreuses inquiétudes manifestées sur nos pertes se calmeraient et se changeraient en satisfaction,
» ïl faudrait peut-être profiter de la réforme proposée de la loi organique du recrutement de l'armée, pour y introduire une disposition qui déterminât* par quelques mots, les devoirs généraux imposés à Tannée. On se bor ne à imposer huit ans de service. Ce service est convenu, dit-on, pour la paix et pour la guerre. Mais pourtant, lorsqu'on a voulu employer nos troupes d'infanterie à des travaux de routes qu'on appelait même stratégiques, on a rencontré des répugnances , spécieuses sans doute, mais manifestées par quelques soldats* par des officiers, par des généraux, qui pensaient que c'était déroger à la dignité des armes que de manier en même temps la bêche roturière, qui s'est pourtant ennoblie aussi depuis que ['industrie agricole a pris sa part de la considération et des récompenses publiques. Ou a allégué, d’ailleurs* que les règle— mens en vigueur n'autorisaient pas positivement cet emploi des troupes. Cependant les troupes les plus laborieuses sont toujours les meilleures.
* Et d f ailleurs nos soldais, provenant, pour la plupart, tic l'agriculture et retournant à l'agriculture, conserveraient ainsi les habitudes du travail, dont ils apprendraient à perfectionner les façons en voyant d’autres usages* Le gain qu’ils feraient pendant qu’ils sont au service entrerait en partie dans les caisses d’épargne, très-heureusement établies dans nos régimens, où elles moraliseront nos militaires, comme elles moralisent déjà nos ouvriers citoyens* Généralement, les soldats qui servent le mieux sont les plus sobres , les plus économes, les moins oisifs* »
UELEVr UES DEPENSES DE LA 6LEERE DEPUIS 1830.
ANNÉES 1830 233,613,102 f.
Budgets provisoires,
ANNÉES 1840 247,701,410 f*
1,120,955,459 U encontre 2,683,648,944
ULulgcUdéïioiths 2,683,648,944 f*
Total 3,804,604,403 Moy en ne 2 71,7 57,45 7
Suj ce total, l’Algérie figure pour 446,884,452 !\ Moyenne 31,920,518
(I) >'on comprU 35,740,000 pour travaux extraordinaires.