‹ Etudes politiques (volume 2)Chapitre 38 sur 53 · TI · texte numérisé non relu

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Corrompre , ce n'est point vaincre les difficultés de gouverner, ce n’est pas même les Éluder; c’est les accumuler en les ajournant, c’est retarder seulement sa défaite.

Moniteur^ avril 1835. Discussion des fonds secrets.

Donner dos subventions k la presse périodique, ce n’est pas seulement altérer le principe de la publicïtéj c’est essayerj au préjudice des véritables intérêts du pays, de former des majorités factices; c’est corrompre ropînion publique, qui fait défaut aux organes ministériels; c’est s’aliéner la presse indépendante , en déplaçant à son préjudice toutes les conditions d’égalité civile et de concurrence industrielle.

Encore, si ces subventions n’étaient qu’une récompense donnée a des zélateurs d’un système; mais, le plus souvent elles ne sont accordées, par le ministre dispensateur des fonds secrets, à certains journaux, que pour mettre un ternie à leurs attaques; d’où i! résulte qu’acheter ainsi l’apologie, c’est offrir une prime h l’injure, c’est démoraliser une jeunesse qui, souvent, de son patrimoine épuisé par Pacquisi-

liijn d’une instruction mauvaise, irrationnelle, inapplicable, n’a recueilli qu’une déplorable facilite décrire.

Lui montrer que l’attaque et la diffamation sont le chemin des subventions, et souvent même celui des titres, des privilèges et des décorations, n’est-ce pas faire d’un déplorable abus un ignominieux trafic?

Là n’es! pas encore le plus grand mal produit par les subventions; un plus grave, le voici : c’est de faire que tout jeune écrivain avant la conscience haut placée, indépendant par caractère, mais partisan du pouvoir, soit, en quelque sorte, contraint, pour l’éclairer, de l’attaquer , n’osant le défendre, de peur qu’un soupçon, même injuste, de vénalité fasse jamais ombre à sa plume.

Une suile de tentatives malheureuses a montré qu’entre les journaux d’opposition et ceux subventionnés par le ministère il n’y avait point de place pour les organes d’une opinion indépendante, calme et médiatrice ; car la corruption et la vénalité ont si bien fait, que toute opinion intermédiaire qui s’adresse aux intérêts du pays et non aux passions d’un parti, passe dans l’esprit public pour vendue au ministère, et n’exerce dés lors aucun prosélytisme.

Le mal profond que fait la corruption érigée en système politique par le pouvoir, c’est de l’isoler et de com p l'orne Lire la considération de qui ose se dire son partisan, quoique désintéresse qu’il soit à l’être.

One, pour justifier le gouvernement, on ne dise pns que subventionner tps journaux afin qu’ils défendent ses actes est, de sa part, droit et nécessité; car, alors, il serait préférable de reconnaître liante ment ce droit et cette nécessité par le vote d’un fonds spécial, qui, du moins, investirait les chambres législatives d’un contrôle annuel et serait un hommage rendu par le gouvernement représentatif au principe de la publicité, mais non point un sacrifice impur fait par la corruption à la vénalité 1

Le gouvernement a tout à gagner à répudier le moyen dangereux et dispendieux des subventions occultes. D’honorables auxiliaires, qui ne se tiennent souvent éloignés de lui que pour mettre leur modération et leur indépendance à l’abri des soupçons, lui prêteraient alors leur concours.

Ce lut toujours un grand art, même avant la liberté de la presse et la nécessité des majorités parlementaires, que celui d’assurer la paix et le bonheur d’un peuple. Jamais la corruption n’en fut un des préceptes, jamais elle n’a été que la politique des gouvernemens sans grandeur et sans bonne foi, que la supériorité des ministres médiocres, que le symptôme précurseur des systèmes à leur fin dernière.

moYEarn ■□£ &à publicité

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si j’avais une loi à faire sur la presse, elle serait (Tint mot : je supprimerais le timbre, et j’eulèieraja ainsi le monopole aux journaux, et surtout je me sentirais moiméme de la publicité*

DE LAfflAJtflRE*

La polémique a lotalcmcnt envahi les journaux les plus répandus,..♦,.

M L < a ru; Staël,

Le premier ministère qui sera à la hauteur de sa mission quittera le sentier couvert et périlleux de la polémique vénale pour s’ouvrir une route nouvelle, large el sûre, celle de la publicité légale.

Entre les deux élémens de la presse périodique, Fun vital, Pau Ire délétère, le temps est venu de choisir !

Que le gouvernement représentatif 1 sache enfin rendre hommage au principe de la publicité constitutionnelle, en lui donnant une base large, légale et morale, en le consacrant hautement et franchement, comme garantie des contribuables et comme témoignage de la bonne foi de ^administration publique* Cette œuvre de haute politique et de prévoyance sociale, réservée au premier ministère qui se propo-

sera pour lâche de concilier le progrès des institutions politiques avec la stabilité du pouvoir, est d’execution facile; elle n’exige aucun vote de loi, aucune ailocationj aucune disposition extra-légale; clic ménage le seul intérêt particulier qui eut pu être fondé à se plaindre; elle rentre essentiellement dans l'esprit du gouvernement représentatif, dont elle vient consolider la base.

L’article i6de la loi du *3 brumaire an vu (i) permet au gouvernement d’exempter des droits de timbre et de port le journal consacré a la publication de ses actes et des séances législatives* Rien de plus simple donc que de publier au prix de cinq centimes la feuille (diæ-huit francs par année) , dans le format du Moniteur universel^ un journal qui porterait le titre de :

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