‹ Etudes politiques (volume 2)Chapitre 45 sur 53 · EFFETS DE LA SUPPRESSION DU TIMBRE SUR LES JOURNAUX · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA SUPPRESSION DU TIMBRE SUR LES JOURNAUX

Les journaux exista ns augmenteraient leur format ou baisseraient le prix de leur abonnement; car les souscripteurs, qui calculent parfaitement, ne souffriraient point qu’on ne les fit pas profiter de tout ou partie du dégrèvement. L’abaissement du prix éten-

draît le nombre J es abonnés, sans pour cela accroître sensiblement celui des lecteurs ; car , ainsi que nous l’avons dit. il est rare dans les villes de piovince que l’abonnement d’un journal de 80 fr, ne soit pas au moins partagé par quatre personnes, en raison de l’élévation du prix , qui se trouve ainsi réduit, dans le fait 7 à 20 fr. seulement.

L’augmentation du format aurait de grands avantages politiques : elle améliorerait forcément l’esprit dès journaux 5 clic leur permet Irait de rendre compte avec plus d’clendue et de fidelité des débals parlementaires et judiciaires, que le défaut d’espace les oblige de tronquer. Les cl 1 ambres législatives > sous ce point, de vue 7 seraient les premières iuteressees a l’agrandissement du format des journaux, C est ce qu’avait parfaitement compris RL le duc de Broglie > dans le rapport qu’il fit a la chambre des pairs le 4 décembre iS 3 u, Voici en quels termes il insistait sur les avantages d’un grand format : « Les débats des chambres, les débats judiciaires ? au heu d être tronqués et mutilés par l’esprit de parti 7 y sont reproduits dans toute leur étendue. Appelés f par la diversité des objets dont ils traitent 7 a s'adresser à des lecteurs de toutes les classes , et plus ou moins à des lectew s de toutes les opinions , les journalistes ont intérêt à garde / 1 une certaine mesure , à s’exprimer avec une certaine modération , à ne pas dépasser certaines bornes* Quiconque comparera les journaux anglais et américains

avec les journaux français s'assurera de la vérité de ces assertions ; quiconque comparera les journaux français à grand format açec les petits journaux: en sera plus con vaincu encore . »

Ajoutons que le haut prix tics feuilles quotidiennés j qui est le résultat des taxes qui les grèvent, a pour objet de restreindre les classes intermédiaires au choix d’un seul journal 5 de les priver des élémens de conviction'qu’une discussion contradictoire présenterait à leur jugement, de les faire esclaves aveugles des doctrines exclusives d’un seul parti, et de rendre impossible en France l'impartialité.

Enfin, on ne verrait plus, au mépris des termes formels de Particle 3 de la loi du r 4 décembre i 83 o, le Moniteur universel publier, avec exemption de timbre, deux, trois, quatre et souvent cinq suppléions, lorsqu’un seul devrait exclusivement jouir de cette franchise*

Un terme serait également mis à un autre abus grave, qui ferait supposer que notre comptabilité financière n’est pasauatf rigoureuse qu’on le prétend. Le trésor restitue au Moniteur les sommes qu’il perçoit de lut pour droit de timbre : c’est là un lait qui a éîé constaté judiciairement» La mémo main qui verse dans le trésor public les sommes demandées a l’impôt peut donc y puiser impunément pour tes restituer au journal qu’elle favorise.

En résumé, l’impôt du timbre, en minière de presse périodique, ne saurait être trop lôl supprimé; car il est à la fois un fâcheux contre-sens politique et une mauvaise opération fiscale.

EFFETS DE L\ SCl’I'RESSION DU TIMBRE SUR LES REVUES.

Les revues et les recueils spéciaux, dès qu’ils seraient affranchis du timbre, rapprocheraient les époques de leur publication , et feraient ainsi profiter le trésor d’une nouvelle augmentation sur les droits de poste. La science politique , difficile à traiter avec étendue , élévation, profondeur et impartialité dans les motions et productions de la presse quotidienne , pourrait alors, — et cela esta désirer, se dêveloppér dans des recueils périodiques. Les rc- .vues qui, en Angleterre, reçoivent les communications des publicistes les plus distingués et des hommes d’état les plus éminens, qui éiaborcntd’une manière approfondie toutes les grandes questions de la science politique , sont pour la France un exemple à suivre que les entraves de h fiscalité ont pu seules jusqu’à présent i’empécher d’imiter.

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