Santé et salubrité publiques
On voit que, dans ce classement, tout se coordonne, rien ne se confond. Les attributions sont distinctes, mais le but est commun ; tous les moyens de moraliser l'homme, de l'instruire, de proléger le faible, de secourir le malheureux, de réprimer le méchant, de punir le coupable, d'amender le condanané, sont systématiquement rassemblés ; tout est calculé pour que la religion, l'instruction et la justice puissent agir de concert, se prêter un mutuel concours et faire pénétrer partout leur bienfaisant esprit dans les plus petites communes, dans les plus pauvres hospices, dans les plus hideuses prisons 1
La réforme du régime pénitentiaire, dont on s'occupe bruyamment depuis plusieurs années, est une question qui se rattache étroitement à celle du paupérisme ; la prévoyance sociale et la répression judiciaire sont les deux extrémités d'un même système, les deux faces d'une même pensée : il est tout aussi absurde de les vouloir séparer que de prétendre isoler la morale de la religion !
En concentrant, ainsi que je le propose, dans sept
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65 — directions générales toutes les forces morales <1ont la société dispose, et dont elle tire présentement un si faible parti, et en confiant ces directions à septhommes éclairés et ardemment animés de l'amour du bien, qui mettraient en commun leurs lumières et leurs observations, je crois qu'il, serait possible de réaliser, au profit des classes pauvres, beaucoup d'améliorations que l'ignorance, jusqu'à ce jour, a traitées dédaigneusement d'utopies.
Je croîs qu'avec un système de prévoyance et de répression moins imparfait que celui qui nous ré^t, il est beaucoup de crimes et de délits qu'on pourrait prévenir ; je croîs qu'il est possible de faire disparaître la mendicité sans la répercuter et sans recourir contre elle à des rigueurs que l'humanité a toujours fait fléchir; je crois enfin que la science économique est aujourd'hui assez avancée pour fonder le nouvel ordre moral que réclame impérieusement l'avènement de la démocratie.
Il n'y a qu'à réunir ce qui est épars et qu'à mettre les hommes éminenis qui se sont fait connaître par d'utiles travaux et de grandes pensées à la place que leur assigne leur supériorité. Les chefs de bureaux gouvernent la France et ne l'administrent pas, il serait temps qu'ils l'administrassent et qu'ils ne la gouvernassent plus !
Je n'insisterai pas plus longuement ; j'en ai assez dit pour faire comprendre toulcs les lumières et louleslcs ressources qu'un ministre habile, qui réunirait en comité sous sa présidence les sept directeurs généraux dont je viens de parler, pourrait puiser dans leurs dis-
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eussions et dnns |)eiirs délibérations. Le même ordre d'idées me conduit naturellement à grouper les quatre dii-ections générales ci-après, dont l'ensemble constitue la force industrielle :