‹ Études pratiques de composition française; sujets préparés et commentés pour servir de complément aux Principes de composition et de style et Conseils sur l'art d'écrireChapitre 18 sur 94 · Perrot, Histoire de Vart, t. V, p · texte numérisé non relu

Perrot, Histoire de Vart, t. V, p

iS COMPOSITIONS FRANÇAISES.

3. « Les Grecs étaient instruits à se regarder, et à regarder leur famille comme partie d'un plus grand corps, qui était le corps de l'État. Les pères nourrissaient leurs enfants dans cet esprit; et les enfants apprenaient dès le berceau à regarder la patrie comme une mère commune, à qui ils appartenaient plus encore qu'à leurs parents. Le mot de civilité ne signifiait pas seulement parmi les Grecs la douceur et la déférence mutuelle qui rend les hommes sociables : l'homme civil n'était autre chose qu'un bon citoyen, qui se regarde toujours comme membre de l'État, qui se laisse conduire par les lois, et conspire avec elles au bien public, sans rien entreprendre sur personne. Les anciens rois que la Grèce avait eus en divers pays, un Minos, un Cécrops, un Thésée, un Codrus, un Temène, un Cresphonte, un Eurysthène, un Patrocles, et les autres semblables, avaient répandu cet esprit dans toute la nation. Ils furent tous populaires, non point en flattant le peuple, mais en procurant son bien, et en faisant régner la loi.

« L'idée de liberté qu'une telle conduite inspirait était admirable. Car la liberté que se figuraient les Grecs était une liberté soumise à la loi, c'est-à-dire à la raison même, reconnue par tout le peuple. Ils ne voulaient pas que les hommes eussent du pouvoir parmi eux. Les magistrats, redoutés durant le temps de leur ministère, redevenaient des particuliers qui ne gardaient d'autorité qu'autant que leur en donnait leur expérience. La loi était regardée comme la maîtresse; c'était elle qui établissait les magistrats, qui en réglait le pouvoir, et qui enfin châtiait leur mauvaise administration. » (Bossuet, Discours sur Vhistoire universelle, part. II, chap. v.)

Enfin, voyez dans les Perses d'Eschyle les questions de la vieille reine sur la Grèce, son ignorance, et ses étonnements, quand elle découvre un état social et des mœurs

si différents de ce qui existe en Perse, de la conception de la vie et de la société qu'on peut se faire dans le sérail.

ATOSSA

Oà donc est située cette ville d'Athènes?

LE CHŒUR

Loin d'ici, vers le couchant de l'astre que nous adorons.

ATOSSA

I]t c'est cette ville que mon fils souhaite si fort de prendre?

LE CHOEUR

Elle prise, toute la Grèce la reconnaîtrait pour son roi.

ATOSSA

Ses soldats sont-ils donc si nombreux?

LE CIIOr.UR.

Assez pour avoir fait aux Mèdes bien des maux.

ATOSSA

Mais enfin quelles sont leurs ressources, leurs richesses?

LE CnOELR.

Ils ont les trésors de la terre, des sources d'argent.

ATOSSA

Est-ce de l'arc et de la flèche que s'arment leurs mains?

LE CHOEUR

Non, ils combattent de pied ferme avec la lance et le bouclier.

ATOSSA

Qui les conduit au combat? quel est leur pasteur et leur maitre?'

LE CHOEUR

Ils ne sont esclaves ni sujets de personne.

ATOSSA

Oseront-ils d'eux-mêmes attendre leurs ennemis?

LE CHOEUR

Ils ont bien détruit la superbe armée de Darius.

ATOSSA

Quel sujet d'inquiétudes pour les mères de ceux qui sont partis t (Patin, les Tragiques (jrecs, Eschyle.)

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