VI. — Rôle de la douleur dans la vie humaine
a Tout souffre, tout gémit ici-bas », et devant cette loi universelle de souffrance, l'homme peut se demander si cette douleur, qui ne se termine pour lui qu'avec la mort, est un bien ou un mal ^
Sans doute, la douleur prise en elle-même ne peut être qu'un mal : « Il 'faut, dit Malebranche, voir les choses comme elles sont; le plaisir est toujours un bien, la douleur toujours un mal; mais, ajoute-t-il, il n'est pas toujours avantageux de jouir de l'un et il l'est souvent de souffrir de l'autre ».
La douleur peut donc ^ être un bien et l'homme, pour être vraiment digne de soji nom dhomme^, a besoin de la souffrance.
Pour ne parler ^owi G?'a6o?'û?* que de la douleur physique, elle est un stimulant pour le travail^ Sans la douleur qui le pousse à agir, l'homme s'engourdirait dans la paresse; mais un aiguillon le pique, le torture, il cherche à y
1. La question est bien mal posée. Car l'homme ne peut hésiter. La douleur est un mal : il lui suffit de la sentir, pour porter ce jugement. Mais quand il voit que tout ce qui est soufTre comme lui, il se demande qui a fait la souffrance, et pourquoi. Il doute si Dieu, qui doit être toute bonté, a pu faire un monde oii règne le mal. Il se demande alors si l'idée que sa sensation lui a imposée d'abord rudement est juste: il cherche si la douleur ne serait pas un bien, une forme, ou du moins une source du bien.