Impropre
COMPOSITIONS d'Élèves. 179
Par qui la guerre fut-elle allumùe, sinon par les Allemands? J'ai fait la campagne de France, mon ami; je me rappelle le manifeste insolent du vieux Brunswick et nos railleries pour ces ouvriers et ces paysans, qui devaient pourtant voir nos talons à Valmy. Pendant que j'étais dans l'Argonne, vous, Humboldt, vous étiez à Paris; vous regardiez curieusement se fonder une République. Dites, les Français rêvaient-ils alors d'asservir l'Europe? Quand ils parlaient de l'étranger, c'était, n'est-il pas vrai, pour souhaiter de le voir bientôt en possession de ces libertés qu'ils avaient enfin conquises. Au lieu de laisser tranquille ce peuple qui ne nous avait rien fait, nous avons marché contre lui, nous avons fait cause commune avec ses ennemis du dedans S amené ainsi la terreur et la réaction qui suivit; nous avons, par nos coalitions, rendu inévitable une dictature militaire; nous avons préparé les voies à Bonaparte, et fait du petit gentilhomme corse un César d'Occident. Songeons un peu plus à nos torts, et accusons moins l'ambition française. Sans doute, il y a eu de l'ambition du côté des Français, mais c'était l'ambition d'un seul homme; sans doute, la France a menacé d'absorber l'Allemagne et l'on a vu des préfets français jusque dans les villes de l'Elbe. Mais qui n'ignore que les Français, du moins la partie éclairée de la nation, gémissaient comme nous de cet effort insensé? Maudissons Bonaparte, si notre haine ne désarme pas devant la profondeur de la chute et la sévérité de l'expiation; mais ne maudissons pas ceux qui n'ont été que des instruments. Et puis, gardons-nous de juger la tourmente d'où nous sortons par ses effets apparents, par nos ruines et par nos deuils. De ce quart de siècle qui a commencé le soir de Valmy et qui vient de finir, il restera autre chose,