Trop court. La phrase n'est pas équilibrée
COMPOSITIONS d'Élèves. 187
Ma maison est telle que je l'avais rêvée, montrant son toit d'ardoises bleuâtres à travers le feuillage pâle des peupliers, close de persiennes vertes, et meublée avec une simplicité rustique. Je sors le matin avec l'aurore, quand les bois sont encore roses des premiers feux du jour. Une délicieuse odeur, fraîche et vivifiante, monte de la terre, mêlée au parfum subtil des fleurs mouillées qui rémaillent. A mes pieds, les insectes, émeraudes vivantes ^ vont et viennent, faisant ployer les brius d'herbe ou buvant la rosée au calice des fleurettes ^. Sur ma tête, dans la feuillée, les oiseaux se réveillent, poussent en l'air des cris joyeux et chantent au Créateur leur hymne d'amour et de remerciement.
Tout est joie, et, le cœur rempli d'émotion, je m'agenouille dans l'herbe et j'unis mes remerciements ^ à ceux de la nature qui m'entoure, j'oublie mes misères passées et je rends grâces à Dieu de m'avoir donné une âme capable de sentir et d'aimer les éternelles beautés de ses œuvres.
J'erre ainsi, promenant mes regards ravis de l'arbre majestueux à la plante frêle et gracieuse, écoutant le murmure des sources se mêler aux chants des oiseaux. Puis, dès que le soleil a séché l'herbe et réchauffé la terre, je m'étends au pied d'un arbre, souvent sur la colline d'où mes regards se promènent sur les sommets de la forêt, plus souvent encore dans quelque gorge fraîche, perdue dans la montagne * et d'où je n'aperçois que la mousse humide des parois suintant sous les feuilles pâles et dentelées des fougères, et les arbres aux troncs noirâtres qui surplombent. Mon approche fait fuire le lézard furtif et