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des premières notions de la physique sur la force d’impulsion , l’on s’embarrasse en voyant tel corps grave se maintenir dans son orbite à une certaine distance de la terre, et tel autre y arriver par une chute précipitée et perpendiculaire, l’on n’est point en droit de faire cesser ces hésitations, en croyant à des changements de régies, à l’existence d’autres lois, à des habitudes capricieuses de la part de la Nature; en se retranchant dans des suppositions qu’il est impossible d’admettre.
La Nature ne peut faillir : elle est ce qui est, ses lois n’étant qu’une expression généralisée de tous les cas possibles dans les relations de ses parties. Par conséquent, où nous serions disposés à reconnoître du désaccord, à croire à quelques faits en contradiction , n’en rendons point responsables les données matérielles répandues autour de nous, mais nous-mêmes, mais notre intelligence encore impuissante à cet égard. N’oublions pas que nous avons commencé par une ignorance absolue sur toutes choses, et que si nous avons à nous féliciter d’un progrès considérable dans la carrière du savoir et de la civilisation, néanmoins il n’y a de parcouru qu’une bonne partie de la route, puisque de grands phénomènes, et ceux en particulier de la vie, restent encore un mystère impénétrable à notre esprit.
Tels sont quelques principes que nous ne devrions jamais perdre de vue, et qui devraient nous garantir de toute proposition absolue. Dans une matière aussi délicate, j’incline à préférer le je ne sais pas du grand Jussieu ( Bernard ) , à opposer son esprit de doute et de réserve à la certitude des vitalistes, à croire enfin qu on ne peut se donner pour point de départ certain que les composés (jui forment les êtres vivants sont dus à d'autres lois que celles s’appliquant aux composés de la chimie.
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D’autres lois que les lois générales! et quelle preuve apportet-on à l’appui d’une telle allégation ? rien autre chose que l’impuissance oii l’on s’est trouvé de comprendre dans leur généralité quelques cas particuliers.
Maintenant remplaçons les spécialités précédentes, au sujet de la montre, par des faits correspondants en ce qui concerne les êtres organisés vivants.
De quoi se trouve composé un animal que l’on voudroit rejeter dans des chapitres d’exception? c’est de produits tous piis dans la masse commune, et qui, empruntés au monde ambiant, proviennent de ces choses en tout soumises à l’empire des lois générales. Mais, dira-t-on, c’est pour être aptes à de nombreuses complications, c’est pour subir dans des intervalles successifs et d’une manière non interrompue les transformations les plus variées. Mais nous avons vu que tout peut être amené par un travail intelligent à un fini d’exécution qui organise les substances les plus grossières. Si les parties de l’animal sont façonnées avec une plus exquise dextérité que les pièces d’une montre ou d’une roue de carrosse, cela se réduit à une différence de plus à moins. Ajoutera-t-on encore : ces matériaux du monde ambiant, dune assimilation si facile et si prompte, quand ils se joignent aux parties organiques de l’animai, sont des produits choisis et déjà des matières de même nature, soit chair, soit fruits? Eh bien 1 arrive la même réponse : la différence est dans une quantité appréciable du chemin parcouru. En effet, de même que ce ne sont pas des matériaux sortis bruts du sein de la mine, que l’artiste emploie dans les arrangements de son oeuvre, de même aussi l’animal fait choix de substances déjà transformées, ayant été déjà élaborées. Cependant, ce qui avoit été autrefois
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n’est plus actuellement. De la chair ou un aliment végétal , parties auparavant vivantes, ont cessé de l’être *, ce ne sont plus que des corps à ranger maintenant parmi les composés à l’égard des- ({uels la chimie exerce son empire: matières rendues à l’existence commune de tous les corps naturels, et nécessairement transformables sous l’action des lois générales, elles peuvent être garanties par des sels employés à conjurer les miasmes pestilentiels, sous le rapport d’une moindre cohésion de leurs éléments.
Ces éléments, que les chimistes nomment azote, hydrogène, carbone, phosphore, oxigène, etc., ont perdu le ressort qui les contraignoit à exister simultanément et à figurer comme les parties intégrantes d’une machine heureusement édifiée.
Dans ces éléments, dont se compose toute substance nutritive, et dans la nécessité de leur prompte séparation après la mort du sujet, sont les conditions d’un nouvel et prompt réemploi ; ils rompent l’ancienne association, possible et obligée durant la vie , devenue impossible après la mort, en vertu d’un changement dans le caractère des courants qui favorisoient l’exercice de leur affinité propre. Dégagés et abandonnés à eux-mêmes , non seulement ils sont prédisposés à l’affinité de soi pour soi, mais de plus toute hésitation leur est interdite. En tendance nécessaire pour satisfaire à ce caractère de leur affinité, ils sont livrés au besoin d’une nouvelle incorporation; c’est-à-dire que favorablement disposés et immédiatement employables, ce sont de même, ainsi qu’il arrive aux rouages bien appropriés d’une montre , d’excellents matériaux également amenés à pied d’œuvre.
Tenons-les pour assemblés et bien coordonnés , comment sont-ils lancés dans le mouvement vital? Je ne puis, sur ce point.
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que coDstater l’impuissance de la science (i). L’action d un aussi grand pouvoir tient à des ressorts cachés qu’en commençant cet écri t j’ai dit que je n’essaierois point de caractériser , c’est ïignotum des physiologistes, qu’ils voient s’interposant dans tous les faits, (ju’ils invoquent comme une cause, et dont ils exposent le jeu d’une manière plus ou moins explicite. Ce pouvoir inconnu (|ui préside aux faits de structure animale est ce qu’en attendant des notions plus justes à son égard, les physiologistes qui se maintiennent dans une sage réserve, font figurer deins leur théorie, ou du moins ce qu’ils expriment sous le nom ^organisation.
Des manifestations recueillies, ou des effets de Yignotum physiologique, faut-il conclure qu’il y ait motifs suffisants pour prononcer que l’intervention de ce pouvoir inconnu dénature tontes les existences matérielles, au point de les dominer entièrement, de les soumettre à une autre législation, et d’arriver enfin à cette proposition : Les êtres vivants sont dus à d'autres lois gue les corps bruts? Car c’est toujours à ce point que je desire ramener la présente étude métaphysique.
Mais forganisation , en disposant à son gré des matériaux nutritifs, n’en change point la nature: de la manière qu’ils étoient empruntés au monde ambiant, ils demeurent avec des qualités intrinsé([ues, inaltérables, avec toutes leurs memes propriétés qu’auparavant; il y est seulement ajouté par de nouvelles formes, parles relations qu’ils contractent, parles dépendances qui leur sont imposées, et par les nécessités d’une harmonie parfaite
(i) Le paragraphe suivant dira ce que je pense maintenant de cette impuissance: mais dans celui-ci je me renferme dans ces développements d’une élude métaphysique.
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(]ui en résultent, du moment que s’ést opérée la transformation des matières alimentaires. Nouveau produit d’un travail intelli- {jent et heureusement diversifié, ce sont des pièces dans des convenances de forme, de volume et de position, qui deviennent l’attribut d’un système parfaitement coordonné, qui fonctionnent séparément pour un but commun, et qui reçoivent de cela un ])iincipe qui en est lame, qui les concentre dans funité, et qui n’attend plus qu’une impulsion pour la mise en œuvre de la machine.
Qu’alors je ne puisse dire d’où viendra cette impulsion , ma position reste la même que lorsque je ne pouvois non plus me rendre compte de l’impulsion qui anime la lune, par exemple, et qui l’oblige , en se défendant de toute autre influence, à jouer le rôle d’un astre roulant dans l’espace.
Ne pas savoir, en pareil cas, ne sauroit constituer un argument contre l’universalité d’empire des lois de la Nature, et bien moins encore, donner le droit d’affirmer qu’il est des circonstances où d’autres lois sont substituées aux lois générales.
Mais, au surplus, l’on n’a pas encore employé la remarque suivante : un corps qui seroit paralysé par le sommeil de quelques unes de ses propriétés, n’en est pas pour cela déshérité. Ne pouvant se soustraire aux attributs de son essence, ce qu’il n’en manifeste point au-dehors ne sauroit caractériser une privation absolue, ni cette privation apparente constituer une objection contre l’ordre universel. Ainsi, que vous pussiez supprimer la force d’impulsion qui pousse la lune dans la tangente de son orbite, vous l’amèneriez à demeurer dans l’espace, sous la domination d’une seule force, celle de la gravitation. Dans ce cas, il y auroit sommeil ou absence de l’une des puissances qui
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constituent Factuelle ordonnée de ses mouvements, mais point manquement aux règles générales, à la loi universelle de la Nature.
Que les anneauxd’une chaîne n’obéissent sur un flanc qu’à une Force de tirage , la force de gravitation , qui ne s’y manifestera plus, n’y est point détruite comme anéantie, mais seulement comme temporairement suspendue. Voilà comment plusieurs propriétés inhérentes aux corps finissent par n’être plus un fait saisissable dans les matériaux que façonne l’organisation : alors croyons plutôt à l’impuissance de l’observateur qu’à la réalité d’un désordre.
Les corps bruts et les corps organisés sont des parties, il est vrai , fort différentes: mais par leur origine et les hautes conditions de leur essence, ces parties manifestent un caractère commun; éléments du même univers, elles sont susceptibles des mêmes vicissitudes, toutes capables des mêmes changements , transformations, compositions, et décompositions. Sous la forme distinctive de eorps bruts et de corps organisés , chaque sorte de ces corps naturels forme autant de cas spéciaux, passant les uns et les autres à des devoirs, plus simples à l’égard des corps bruts , qui sont engagés dans de moindres relations et presque exclusivement avec le sol d’où ils sont extraits; et plus compliqués à l’égard des corps organisés, car ceux-ci entrent dans des contacts plus multipliés et d’un exercice plus laborieux, en ce qu’ils s’appliquent aux particules les plus subtiles du monde ambiant. Etres plus simples, la connoissance de leur essence et de leurs relations forme un problème du premier degré, dont la solution obtenue par la science compte au nombre des nombreuses acqui- ♦ sitions de l’esprit humain: et, quant aux corps organisés, ce