ÉTUDES MÉTAPHYSIQUES. I
sont des données où les faces de la question sont si multipliées et si diversifiées, que nous sommes toujours à leur é^ijard en voie de recherches, et que nous ne pouvons encore apprécier toute la portée d’un aussi grand problème.
Ainsi, de quelque manière que nous considérions la proposition posée au commencement de cette étude, nous arrivons toujours à la même conséquence : d’une part, nécessité d’avouer notre impuissance sur ce que cette proposition comporte de fondamental, incapacité d’intelligence probablement faute d’investigations accomplies; mais d’autre part, certitude qu’il ne sauroit y avoir d’autres lois C[ue les lois générales pour l’explication des affinités et des combinaisons des corps, soit bruts, soit organisés. Affirmer qu’il est des lois autres que celles d’un système unique et universel pour toute la Nature, c’est annoncer une conviction qui ne devroit être puisée que dans un savoir plein et consciencieux. Or un tel savoir, à l’égard du plus grand nombre des problèmes relatifs à l’organisation des êtres vivants, n’est encore pour l’esprit humain qu’un digne sujet d’ambition et d’espoir. Je viens de dire sur quoi se fonde mon sentiment à cet égard.
Je n’ai fait, au surplus, qu’énoncer ici une pensée qui fut dans tous les temps révélée aux méditations fortes et profondes de la philosophie. C’est que les hommes de génie ont toujours à leur usage une sorte de pierre de touche, pour apprécier et connoître par-delà les faits non encore développés: ce qu’ils jugent est pressenti, cru existant, et à-peu-près aperçu dans sa physionomie ; c’est ainsi que les spéculations de la philosophie n’ont jamais admis de distinctions fondamentales dans la composition des parties de l’univers , n’y voyant que des agglomérations variables d’éléments principes, gouvernés par des lois fixes,
LOI DE SOI POUR SOI
imprescriptibles et co-éternelles comme la Nature, dont elles sont la manifestation vivante.
Nous arrêtons là ces appréciations d’une étude métaphysique plus ou moins captieuse, ou je me flatte cependant de n’avoir apporté que le sentiment d’un esprit sincère et consciencieux, et que je livre d’ailleurs à la méditation et à la haute raison de personnes plus éclairées que je ne le suis. Mais cependant voyons si au-delà de ces efforts d’une discussion aussi délicate, il n’est point quelque chose de mieux, une révélation en faits positifs à mettre à la place, c’est-à-dire si la raison des hommes seroit mûre assez, et leur instruction parvenue à un taux suffisant de lumières, pour que l’on puisse aborder les principes d’une PHYSIQUE GÉNÉ- RALE, où tous les actes et attributs de la vie trouvent une explication simple et naturelle.