‹ Études progressives d'un naturalisteChapitre 8 sur 24 · AU SUJET DES MONOTRÉMES · texte numérisé non relu

AU SUJET DES MONOTRÉMES

APPENDICE

Texte [i)des réclamations présentées dans Londres a M. Arago , par M. Richard Owen (2).

Ce morceau est extrait d'un Mémoire étendu, que M. Owen a lu à la Société zoologique de Londres, et que l'on imprime pour paroître prochainement dans le troisième volume des Actes de la Société zoologique. ( Note de M. Owen. )

Les résultats de mes recherches en 1 83o et 1 832 , sur les glandes mammaires de Yornithorincus paradoxiis , m’ont conduit irrésisti-

(1) Traduit de l’anglois à Paris, et reproduit ici d’après la minute de M. Arago.

(2) La voilà donc descendue de la voûte de notre sanctuaire academique , cette épée de Damoclès , expédiée de la Grande-Bretagne et transportée parmi nous le i3 octobre 1834! Elle a paru un moment menaçante, mais le 3 du mois suivant, jour de la lecture des réclamations de M. Owen , je l’ai trouvée calme et jugée inoffensive.

4e suis très éloigné d’y voir un tort'pour qui que ce soit: car à l’égard d’un inventeur et d’un savant du mérite deM. Oven , son intime conviction et son ame ardente lui traçoient des devoirs à remplir ; et M. Arago , en promettant à M. Owen l’appui de sa très grande influènce sur l’académie des sciences de Paris, s’est montré, ce qu’il est toujours, comprenant les grandes choses et leur accordant avec une vive sollicitude son crédit, soit comme cosmopolite, soit comme uniquement dévoué aux grands intérêts de la science. M. Arago savoit encore mieux par la conduite discrète de M. Cuvier à l’occasion des monotrêmes, que sur l’ardeur de quelques débats entre les zoologistes des trois nations qui s’en sont occupés , qu’il n’existe point de question concernant l’organisation animale d’une plus haute portée physiologique , et il étoit également informé que la controverse soulevée à çe sujet étoit loin de donner toutes les lumières désirables : ce fut donc un coup de parti très habile que de mettre de

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blement ;\ des conclusions, sur leurs fonctions, opposées à celles (pie M. Geoffroy Saint-Hilaire a adoptées. J ’espérois, en les soumettant au monde savant, ([ue non seulementrexactitude logirpie de ces conclusions, mais la vérité des faits sur lesquels elles étoient basées, seroit soumise à un rijjoureux examen.

Je n’ai point été moins étonné cpie d’autres naturalistes, de trouver cpie M. Geoffroy Saint-Ililaire, bien involontairement sans doute, a supprimé mon principal argument (i), celui tiré des phases observées dans le développement des glandes en question, et qu’il m’ait attribué des omissions qui n’existent point dans mon

nouveau aux prises, dans une occurrence qu’on tiendra à Sydney pour solennelle, les esprits encore divisés sur la matière. Pour moi, j’y vois effectivement cet avantage, que cet évènement retentira dans l’Australie, et qu’il nous créera dans ce pays de nouveaux observateurs. Que sais-je? j’ai bien une autre arrière-pensée, et c’est celle-ci :

J’ai reçu de quelques uns de mes correspondants habitant Londres, l’avis que M. IL Ovven fut un moment disposé à se rendre à Sydney, et que le Collège royal des chirurgiens l’avoit flatté de lui faire les fonds de cet intéressant voyage : ce projet ne fut point suivi. Mais cet écrit dans lequel je reste en opposition de principes scientifiques vis-à-vis de ce savant si laborieux et si ingénieux , pourroit peut-être lui en rappeler l’idée : et je bénirois le ciel qu’il en fût ainsi.

(i) Je ne connois ce principal argument que du jour où il fut cité à l’Académie des sciences. Mon esprit conçut aussitôt quelques répliques à lui opposer, mais je m’interdis de le faire : je craindrois d’avoir à noyer dans des arguties minutieuses les sommités de notre discussion ; discussion qu’il me plaît d’ailleurs de maintenir toute amicale avec M. Owen.

Or voilà encore un nouveau motif de m’affliger de l’isolement où je me trouve à l’égard des étrangers et de leurs publications scientifiques. Ce malheur a pris sa source dès mon entrée en carrière. Ayant succédé trop jeune, avant d’avoir atteint l’âge de majorité, à M. de Lacépède, démissionnaire, je fus absorbé de suite par l’étude des faits, et me trouvai par-là empêché d’achever mes cours de langues vivantes. J’appris un peu d’arabe en Égypte, et ce fut tout.

M. de Lacépéde rentra trois ans plus tard dans le Muséum, après qu’on eut fait deux parts des animaux vertébrés, l’une pour lui et l’autre pour moi.

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Mémoire imprimé clans les Transactions pliilosoplncjues. Par exemple, il y est dit cjue la disposition des uretères est semblable à celle des tortues, et la figure jointe le montre également.

Qu’il me soit permis, avant d’examiner la validité des derniers arguments et raisonnements sur les marsupiaux édentés (^les monotrêmes de M. Geoffroy') ^ de faire connoître les circonstances qui m’ont conduit à ces recherches. Ayant eu l’honneur d’être chargé, dans le Collège royal des chirurgiens, de composer un catalogue descriptif du Muséum Huntérien, je me suis toujours efforcé d’ajouter à la série des pièces laissées par son immortel fondateur, c[ue!c[ues préparations relatives aux questions qui intéressent le plus les physiologistes d’aujourcfhui. Ce fut dans cette intention cjue je saisis la première occasion de disséc|uer en 1828 une femelle d’ornithorincpie, afin d’examiner et de préparer lesglandes auxquelles la description deMeckel et les observations de Geoffroy avoient donné un si grand intérêt. Cette dissection et d’autres c[ue mes amis en Australie m’ont mis à même de faire, m’ont conduit à la découverte de la correspondance des phases du développement des glandes mammaires (i) avec celles des ovaires, qui peut seulement être expliquée par la théorie mammaire. L’injection des glandes, l’observation de la manière dont

(i) Je compte traiter du développement de ces glandes dans le second semestre de ce volume : j’attends pour cela que tous mes dessins soient gravés. Cette publication embrassera mes trois lectures suivantes faites en i833 à l’Académie des sciences.

i“ (3 juin.) Découverte de glandes monotrémiques chez le rat d’eau, et dissertation sur l’essence, les rapports et le mode de formation de ce nouveau genre d’appareils glandulaires.

2° ( 1 1 juillet.) Nouvelles considérations sur la nature des glandes abdominales des monotrêmes.

3” Suite au Mémoire du 3 juin, avec ce titre: Propositions de philosophie anatomupie au sujet des glandes mammaires et monotrémiques.

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les conduits lactifères convergent vers une aréole (i), qui, comme je l’ai pensé alors, correspondroit en grandeui- à la bouche du jeune animal, et la découverte des glandes mammaires dans l’écliidiié, furent le résultat de ces recherches.

Les objections soulevées contre la théorie qui regarde les glandes abdominales des monotremes comme analogues aux glandes mammaires des autres mammifères, proviennent de l’influence des deux hypothèses suivantes.

La première, que ces animaux forment une classe distincte des vertébrés, et la seconde que l’oviparité est incompatible avec la lactation.

La première de ces deux opinions a été mise en avant par Lamarck, avant qu’on connût les glandes mammaires dans les monotremes; et la non-existence supposée de ces glandes fut en ([uelque sorte confirmée par l’analogie de plusieurs parties de leur squelette avec celui des reptiles, et par la structure de leurs appareils génitaux. Mais ces deux systèmes sont de ceux qui offrent le plus de variation dans les mammifères, et par conséquent sont les moins capables de fournir des caractères de classe.

Maintenant examinons les monotremes par des systèmes d’organes plus essentiels et plus constants. Si nous prenons les organes respiratoires pour exemple, le type des diverses classes de vertébrés peut être représenté ainsi :

Mammifères. — Poumons thoraciques, libres et flottants.

(i) Meckel et tous les anatomistes depuis lui n’ont parlé que d’un seul pertuis pour l’échappé des fluides nutritifs, par chaque côté des flancs; dès 1827, j’en ai mentionné deux, et j’ai fait plus, je les ai montrés figurés, dans la deuxième planche de mes recherches sur l’organe sexuel des ornithorinques.

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Oiseaux. — Poumons thoracico-abdominaux, fixes.

Reptiles. — Poumons thoracico-abdominaux, libres.

Poissons. — Branchies.

Dans les monotrêmes, quel type trouvons-nous? rien de particulier ni d’anomal dans le système respiratoire; la structure des poumons est celle des mammifères : leur diaphragme est entier.

Si nous prenons le cœur, nous trouvons dans les mammifères que cet organe est composé de deux oreillettes et de deux ventricules avec une aorte permanente; dans les oiseaux, de deux oreillettes, de deux ventricules et d’une aorte persistante; dans les reptiles, de deux oreillettes, d’im ventricule ( [)et dedeux aortes

(i) Depuis que M. Martin Saint-Ange a eu donné son Tableau de la circulation du sang chez le fœtus de tliomme, etc., et qu’il a‘eu aussi publié un autre ouvrage, sur ce sujet, couronné par l’Académie des sciences, l’on ne sauroit être trop discret en énonçant les cas d’anciennes généralités sur le cœur des animaux vertébrés, qu’on trouve affirmées dans tant d’ouvrages. Le fait avancé que les reptiles ont le cœur uni-ventriculaire, est un point non entièrement applicable à tous les reptiles respirantl’air en nature. M. Owen ne donne qu’à demi cette considération restrictive à l’égard des crocodilus lucius et acutus qu’il cite en note. Le cœur tout-à-fait séparé en ses deux ventricules cliez les crocodiles, formoit un fait déjà observé par Panitza, suivant une réclamation assez taidive qu’il en a faite dans les Journaux de médecine de Paris.

Ce n’est point seulement à cet égard que je suis en dissentiment lï observations avec M. R. Owen ; je le suis dans le point où il ne fait pas assez entrer les monotrêmes, au sujet du cœur et de ses vaisseaux, selon l’ordre de leurs communs rapports, parmi les ovipares et près des plus élevés des reptiles, les crocodiles par exemple. Il n’y a de cœur uni-ventriculaire proprement dit, que chez les batraciens et leurs analogues vivant dans l’eau. Les ophidiens ont les deux ventricules ( M. S. A.) plus ou moins distincts, à cause des valvules compliquées, et pai’ceque leur cloison médiane n’est pas fermée dans tous les points: nous venons de dire qu’elle l’est entièrement chez les crocodiles.

Mais avec ces différences au confluent s’en joignent d’autres plus fortes, et dans

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persistantes; et dans les poissons, dune seule oreillette et d’un seul ventricule. Or, dans les monotrémes, nous avons les deux ventricules, les deux oreillettes et l’aorte, qui se courbe au-des-

un degré proportionnel, à l’égard des troncs an sortir du cœur. Quelques unesdeces différences, en ce qui concerne les monotrémes, sont indiquées par M. Owen ,mais non toutes, principalement dans leur degré d’influence. Il est vrai, dit mon savant confrère, que les monotrémes approchent du type ovipare, du moment qu’il leur reconnoît deux veines caves supérieures et déclare qu’il n’y a pas d’ouverture pour la veine coronaire dans l’ornitliorinque.

Voici ce que, alors qu’il faisoit l’ancienne exploration sur la circulation de notre jeune poussin ornithorinque ,M. Martin Saint-Ange a remarqué à cet égard ; la veine cave supérieure gauche, après avoir contourné le cœur, s’ouvre dans le point où la veine cave inférieure débouche dans l’oreillette droite; la veine cave supérieure droite se rend comme de coutume dans l’oreillette droite; et les branches de la veine coronaire se réunissent en un tronc qui contourne la veine cave inférieure, et va s’ouvrir dans le confluent veineux qui précède immédiatement l’oreillette droite. Notre jeune ornithorinque étoit dans un développement d’adulte à cet égard : ni trou botal ouvert, ni canal artériel encore subsistant.

Or, existe-t-il chez un mammifèi’e deux veines caves disposées comme nous venons de le voir, le mélange du sang s’effectue en plus grandes proportions, lorsqu’il est à l’état de fœtus. Cette généralité remarquée par notre jeune et docte anatomiste est un fait propre à l’ornithorinque : mais en outre, cette ouverture de la veine coronaire manquant, dit M. Owen, à l’égard de l’oreillette droite, il y est néanmoins suppléé au moyen d’un versement à très courte distance dans une portion de la veine cave. Cette différence est de peu de valeur pour la circulation de l’adulte ; mais chez le fœtus il n’en est pas de même, puisque le sang provenant de la veine cave inférieure passe en plus grande quantité dans l’oreillette gauche par le trou botal; d’où un mélange de sang plus grand ici que chez les mammifères, puisque le versement des coronaires se fait dans le vestibule de la veine cave inférieure.

Les ornithorinques à mélange des sangs, aux doubles veines caves supérieures et à veine coronaire dans la circonstance ici décrite , contiennent donc des rapports Importants de circulation, les menant plus sur les reptiles que sur les mammifères.

Or, voyez ce qui surgit de tout cela: pendant que les monotrémes inclinent de cette manière vers les reptiles, les crocodiles avec leur cœur bien doublement ventriculaire gagnent par cet effet une distance vers les mammifères. Ce sont de part et d’autre

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SUS de la branche gauche. Il est vrai qu’ils approchent du type ovipare , en ce qu’il y a deux veines caves supérieures, et qu’il n’y a pas d’ouverture pour la veine coronaire dans l’oreillette droite : mais les monotrêmes nous offrent cette disposition anomale en commun avec les marsupiaux et plusieurs rongeurs. Si, en poursuivant cette comparaison, nous examinons la trachée-artère et le larynx dans la théorie de la nature ovipare de l’ornithorinque, et que nous demandions si la règle d’Aristote est confirmée à leur égard, et si la déviation du type des mammifères est démontrée par l’absence de l’épiglotte, les monotrêmes répondront négativement ; car, dans les animaux, l epiglotte est très développéeproportionnellement, et forme un larynx supérieur. Les reins de l’ornithorinque sont-ils caractérisés par l’homogénéité de leur substance, par des conduits ar])orescents et par une double circulation veineuse? rien de semblable : ces organes sont construits sur le même type que celui des mammifères; ils sont situés comme dans ces derniers, très haut dans l’abdomen, position qui, comparée avec celle des reins des ovipares, peut être attribuée au développement utérin du fœtus. Il seroit inutile de pousser plus loin la concordance entre les monotrêmes et les mammifères, de la jioursuivre, par exemple, dans le système nerveux ou dans le système tégumentaire, après la comparaison savante qu’en a faite M. de Blain ville.

Nous sommes donc autorisés, d’après toutesles analogies philo-

des actes de dévelojjpement du même rang, plus ou moins incomplets, plus ou moins arrêtés, ou au contraire plus ou moins prolongés et portés à un maximum d’action.

La théorie de l’unité de composition organique recueille ces considérations, comme lui apportant autant de manifestations , encore inaperçues , de la persistance de ses règles toutes-puissantes.

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soplilr|iies (1) d’organisation, à ranger les glandes qui remplissent les fonctions mammaires dans les monotrêmes, dans la meme catégorie tpie les glandes lactifères des mammifères les plus élevés. Et nous pouvons natureliement nous attendre que cette nouvelle série de glandes présentera divers degrés de complication dans le groupe des vertébrés qu elles caractérisent, et ({ue leur état le moins compliqué se rencontrera dans les monotrêmes.

L’opinion des plus grandes autorités (2) dans la science a été

(1) 11 y a, clans l’énoncé de cette réflexion, un sens droit et profondément zoolog'ique, avec lequel je suis pleinement sympatliicpce. Je me plais, à en faire honneur à l’auteur des présentes réclamations, et, sur ce passé et les pressentiments que j’en conçois pour l’avenir, à féliciter son pays de cette illustration scientifique tjui en augmente le nombre. Mais plus je goûte le sens général de sa pensée, plus» c’est pour moi un devoir d’en examiner avec attention les conséquences.

Il me semble que M. Owen descend trop la valeur de l’organisation sexuelle, eu égard h son importance. Il y a unité de relations, et semblable besoin d’harmonies réciproques dans toutes les parties des systèmes; car cjuand l’un baisse, c’en est ainsi de tous. L’auteur a donc ici fait de la plaidoirie, comme quand il insiste sur la conformation analogique des reins, des poumons, des téguments velus. Ce seroit avec raison , si je parlois de transporter les monotrêmes vers la fin de la série des animaux vertébrés. Mais j’indique seulement qu’ils se séparent véritablement tout autant des marsupiaux que des vrais mammifères, d’ailleurs pour les suivre et pour précéder la classe des oiseaux ; et je dis cela , au sujet des marsupiaux, avec intention, afin d’avoir occasion de placer ici mon doute sur son assertion, par laquelle il finit et semble conclure victorieusement. Il a beaucoup hasardé et n’a pas donné un résultat exact d’observation, quand il s’est porté à dire «que l’œuf « de l’ornitborinque se développe d’une manière toute différente de celui des ovi- « pares proprement dits, et qu’il offre, sous ce rapport, beaucoup d’analogie avec U ce qu’on rencontre dans les didelphes. !>

(2) L’opinion de ces maîtres ne sauroit prévaloir contre l’autorité d’un fait : les invoquer dans ces circonstances, c’est plaider les faits d’une cause que l’on cherche à gagner. Latreille n’entendit jamais rien aux questions de l’organisation des affinités zoologiques relatives à l’ornithorinque : il a admis le sentiment de Cuvier,

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que la lactation et la génération vivipare sont essentiellement co-existantes. Ainsi , Cuvier remarque que la question relative du mode de génération des monotrêmes sera résolue lorsqu’on aura bien déterminé la nature de leurs glandes abdominales : et feu M. La treille s’exprime ainsi, après avoir parlé des mammilèi es : « Tous ceux (les animaux) dont nous traiterons désormais « sont ovipares, ovo-vivipares,et par eonséquent dépourvus de « mamelles. »

La même idée se trouve exprimée dans les nombreux éerits eontre la théorie qui eonsidère les glandes abdominales des monotrêmes comme des glandes mammaires. Les arguments en faveur de la génération ovipare de l’ornithorinque sont à eliaque instant présentés pour soutenir que ees glandes ne sont pas des mamelles et qu’elles sont destinées à séeréter du mueus, du carbonate de chaux, ou toute autre substanee enfin que le liquide

non par conviction personnelle, mais par suite de sa dëfërence habituelle pour notre grand zoologiste; et de Lamarcli a beaucoup hasardé, mais rien jugé sérieusement , en 1 809. Et quant à Cuvier, il louvoyoit au sujet du caractère philosophique de la question-monotrême : il a bien consommé ses hautes facultés d’observation, en donnant une excellente description des parties osseuses et musculaires : mais, homme positif par-dessus tout, et ne se commettant qu’en employant des idées lucides, il n’en prit point de telles sur le fond de la question, et il s’abstint.

Reste M. de Blainville qu’à bon droit M. Owen pouvoit invoquer, car il a fait des travaux nombreux sur la matière. Cependant faut-il encore que je rétracte ce jugement ? Oui, peut-être, depuis que M. de Blainville (à son insu, c’est possible) a changé de camp, et qu’actuellement il fournit des armes et contre ses anciennes idées et contre celles que défend encore M. Owen. Je n’ai jamais articulé un fait aussi concluant en faveur de l’oviparité, que sa déclaration, p. 4o6, que le produit de la génération d’un ornitborinque est un corpus luteuni, un vitellus au sortir de l’ovaire, d’un volume en proportion le même que l’ovule delà poule entrant dans leqiavillon; et sur-tout que quand il a donné cette déclaration: Il riy a pas de placenta.

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que M. Geol'fi’oy croit être iincompatible avec sa théorie favorite ( I ) (ie la {jénération monotrémiqiie.

Si la génération ovipare rigoiireusernent consiste dans ce Ihit (|ue le fœtus n’est pas attaché par un placenta aux parois de l’utérns, mais reste séparé de ce dernier par la membrane la plus extérieure: alors, non seulement les monotrêmes, mais tous les antres marsupiaux, diffèrent du reste des mammifères par le caractère important d’une qénération ovipare, manifestée parla modilication ovo-viviparc*, mais comme ils ont tous des glandes mammaires, ils forment dans la série des mammifères la sousclasse mammalia ovo-vivipara (2).

Dans la brochure ici jointe à ma réclamation (c’esf celle du proces-verbal de la séance du i3 mai i834, tenue , ce jour, parla Société zoologique de Londres), se trouve une analyse de mon Mémoire sur le ornithorincus paradoxus , à laquelle je dois

ajouter les observations suivantes :

( 1 ) FavonVe. Ce mot n’entraîne pas toujours l’idée d’une allusion désobligeante; et nullement, je crois, dans l’application présente. Mais au surplus, sont et demeurent toujours mes théories et idées favorites, toutes mes pensées et vues problématiques sur la science, lesquelles à ce titre deviennent incessantes pour mon esprit, et l’obsèdent, jusqu’à ce que, d’indomplètes ou d’obscures qu’elles m’avoient apparu, elles finissent par être suffisamment développées ou approfondies, conséquemment par être amenées pour moi dans une telle mesure de clarté, que je les tienne comme entièrement élucidées.

(2) Toute l’argumentation de M. Owen repose sur sa préoccupation d’esprit, que les marsupiaux et les monotrêmes sont et doivent être réunis dans une seule famille, dans unesous-classe mammalia ovo-vivipara: mais c’est précisément cela qui estjen question dans nosdébats. Tous mes écrits sur les monotrêmes, et principalement la note de la page 18, réclament contre cette assimilation. Le rapport commun dans les deux familles d’os surnuméraires au bassin, ne me paroît pas avoir autorité suffisante pour opérer cette jonction.

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La nature de la nourriture d’un animal nouveau-né (i) dépend de sa propre constitution et de ses forces. Ainsi, cpie le jeune ornitborinque soit aveugle, il sera conséquemment incapable de suivre ses parents dans l’eau et de retourner au nid. Il s’ensuivra qu’il ne peut être nourri par du mucus répandu dans l’eau : mais l’existence des mêmes glandes dans une espèce terrestre et fossoyeuse, l’écliidiié, exige à peine qu’on ait recours à ce nouveau fait corrélatif.

Dans le jeune oruitliorinque, l’appareil maudibulaire présente une modification déstructuré et une différence dans ses proportions qui le rendent propre à la succion. La langue, au lieu d’être logée très en arrière dans la bouclie, atteint à l’extrémité des mâchoires. Ces dernières sont molles et flexibles, et l’ouverture de la bouche est précisément de la même étendue que l’espace vers lequel tous les conduits lactifères de la mère convergent. Devonsnous alors être surpris de trouver dans l’estomac du lait coagulé? Ce lait, je l’ai soumis au microscope, comme l’avoit demandé M. Geoffroy, et les derniers globules ont été distinctement aperçus.

(i) A regard de tout le paragraphe sur le mode de nourriture des monotrémes, j’ai passé à l’avis de M. Owen , et c’est pour cela que je ne me suis pas [note, page S) étendu sur ses déductions à cet égard. Mais, puisqu’il est ici de nouveau question de ee point, j’insisterai sur la remarque de M. Owen, que le lait qu’il a observé aumicroscope, est donné par lui comme renfermant plus de prineipes huileux, plus d’aptitude à prendre, dès son versement, une condition sirupeuse. La mère, l’extravasant dans l’état d’une bouillie demi -consistante, à travers ses poils [[’ornithorinque) , ou 1^ long de ses piquants [Péchidné) , filets tégumentaires qui s’en trouvent enduits, fournit à ses petits toute facilité de se saisir de cette nourriture, soit ([uand ils promènent le cuillerin de leur langue sur la eouche glaireuse des poils [tornithorinque) , soit quand ils envoient le long filet de leur langue cylindrique et acuminée (/’éc/n'c/«é) dans les in-'* terstices à demi remplis des piquants formant la vestituredes mères.

APPENDICE. 43

Ainsi les jeunes ornitliorinques que j’ai examinés montrent c[u’ils sont des mammifères par la nature de leur première nourriture, aussi bien que par leurs poumons, leur diaphragme, leur épiglotte, leurs reins lombaires avec leurs vaisseaux artériels sécrétoires, leur verge perforée et la nature pileuse de leurs téguments.

On trouve cependant dans le jeune ornithorinque des vestiges d’une proéminence sur la mandibule supérieure, analogue à celle qui dans les oiseaux est employée à rompre la coquille à la fin de l’incubation. On pourroit tirer de là des conclusions sur le mode de génération : et comme j’ai toujours considéré la (juestion des mamelles indépendamment de celle de la génération, j’étois prêt à accepter toute déduction que l’on peut tirer de cette structure; mais (i) l’incubation exige une structure

(1) Mais, dit-on ici , l’Incubation nexiste point sans un grand vitellus, produit exclusif des ovaires. Oui, sans doute : mais cette exigence si habilement déduite par M. Owen, comme une nécessité dans ce concours de faits d’organisation, ne manque pasj elle se montre au contraire formellement satisfaite chez les ornitliorinques, au dire des observateurs cités par M. de Blainville, et selon ce qu’affirme lui-même ce célèbre et savant anatomiste.

Or, voyez comme les conséquences de ce fait sont probatives en faveur de l’oviparité, et comment elles concluent avec autorité pour finir notre long débat ; c’est (ju’il n’arrive point qu’un noyau sphéroïdal d’un aussi grand volume quitte l’ovaire pour passer dans les trompes, qu’il n’enllamme par sa présence le tube fallopien, qu’il n’irrite la membrane séreuse et ne porte celle-ci au versement d’une mucosité abondante; laquelle détermine autour du corpus luteum ou du vitellus un afflux considérable, qui devient du blanc d’œuf.

Le produit de l’organe ovarien se trouvant ainsi renfermé dans un amas de fluides visqueux ( le blanc d’œuf), est de cette manière empêché de céder à sa faculté manifeste chez les mammifères, à sa tendance à adhérer à l’im des points de l’oviducte, et continue à parcourir ses autres phases de développement en prenant d’abord une membrane externe, la coque, et, peu après, cette autre enveloppe plus épaisse

SUR LES MONOTRÊMES.

particolière de î’œuf; c’est-à-dire un grand vitellus, produit exclusif de Fovaire et des clialazes, pour offrir au germe une position rapprochée du corps échauffé de la mère. Il reste à démontrer cpie ces conditions sont remplies dans Fœuf de Fornithorinque.

et résistante, la coquille. Des saillies du produit ovarien lancées au dehors, ne pouvant rencontrer un point sur la matrice pour s’y organiser en un placenta , arrivent à demi consistantes vers les pôles de l’ellipsoïde, et y deviennent ces cordons consistant en une organisation obtuse et à demi produite, que F®n a fini par nommer c/ia/<ïze5. Telles sont effectivement ces frêles toiles aponévrotiques , qui ne consistent d’abord que dans des séries de points visqueux, et qui deviennent des parties de liaison entre les deux enveloppes, l’interne pour les fluides jaunes, et l’externe ou la coque , contenant le blanc d’œuf.

Jacobson dans une communication sur l’ovologie à la Société des sciences du Danemarck, n’a-t-il pas reproduit ces remarques de Bojanus, l’observation que la vésicule ombilicale a deux cornes creuses, qui répondent à la cbalaze de l’œuf?

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