‹ Études révolutionnairesChapitre 23 sur 76 · LAKANAL ET LACADÉMIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

LAKANAL ET LACADÉMIE DES SCIENCES

crets, témoin la façon dont il a transmis à l'Académie des sciences celui du 14 août 1793 K

Je ne sais pas quel est le membre de la Convention qui a proposé le décret du l®"" juillet, les journaux n'ayant fait, dans leur compte-rendu de la séance, aucune mention de la proposition, et la minute du projet de décret n'existant pas aux Archives nationales.

Au Comité d'instruction publique, certains des membres eurent l'idée de proposer que le Comité prit l'initiative de généraliser la mesure de suppression; et ce qu'il y a de singulier, c'est que, s'iM'aut en croire Grégoire, cette proposition vint précisément de ceux des membres du Comité qui

1. Au lendemain du vote du décret du 14 août, dont il sera parlé plus loin, Lakanal envoya à Lavoisier un texte de sa façon, qn\ a été transcrit sur le re^'istre manuscrit de l'Académie des sciences, 109"^ volume (Bibliothèque de rinstilut), où je l'ai lu et copié ; ce texte signé : Lakanal, rapporteur, dit que « la Convention nationale décrète que les membres de la ci-devant Académie des sciences continueront à s'assembler dans le lieu ordinaire de leurs séances pour s'occuper spécialement des ol)jets qui leur ont été et qui pourront leur être renvoyés par la Convention nationale; en conséquence, les scellés, si aucuns ont été mis sur les registres, papiers et autres objets appartenant à la ci-devant Académie, seront levés ». Le texte réel du décret (Procès-verbal de la Convention, t. XVIII, p. 380) est celui-ci : « La Convention nationale décrète que les savants auxquels elle a renvoyé divers objets d'utilité publique continueront de s'en occuper; en conséquence, les papiers et instruments dont ils pourront avoir besoin pour la confection desdits travaux leurs seront remis ». — On pourra consulter sur cet incident, et sur les motifs qui ont donné naissance au texte inexact forgé par Lakanal (que M. Joseph Bertrand a pris pour le texte authentique), le tome II des Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention nationale, pages 318-322.

eussent secrètement préféré le maintien des académies. Voici en effet ce qu'on lit dans les Mémoires de Grégoire : « Une défaveur assez générale planait sur toutes les corporations, à plus forte raison sur celles qui paraissaient résistantes au nouvel ordre politique. Le Comité entrevit qu'au premier jour, sur la demande de quelques députés, la Convention ferait main basse indistinctement sur toutes les académies, dont les membres seraient, par là même, désignés à la persécution... Tout ce qu'il y avait de gens sensés au Comité ' furent davis que, pour conserver les hommes et les choses, il fallait avoir l'air de céder aux circonstances, et proposer nous-mêmes la suppression des académies, en exceptant celle des sciences, celle de chirurgie, et les Sociétés de médecine et d'agriculture -. »

1. Voici quelle était à ce moment la composition du Comité d'instruction pulilique : (^ondorcet (décrété d'arrestation le 8 juillet), Sieyés, Ghasset (parti pour Lyon, où il organisait l'insurrection), Bailly (dit de Juilly), Massieu (en mission à l'armée des Ardennes). Lakanal, Léonard Bourdon, Lanthenas, Arbogast, Baudin (des Ardennes), Izoard, Mathieu (en mission dans le .Jura), M.-J. Chénier, David, Fouché (en mission dans le Centre et l'Ouest), Bassal (en mission dans la Gironde), Grégoire, Julien (de Toulouse), Prunelle, Boutroue, Daunou, Villar, Homme (en mission à l'armée des côtes de Chertiourg. retenu prisonnier à (]aen par les insurgés), Lejfiune (de l'Indre). Le Comité ne comptait donc, en juillet 1793, que dix-sept membres présents sur vingt-quatre; mais il y avait six suppléants nommés le ±1 juin : Châles, Thirion, All)ouys, Basire, Sergent et Petit. Le président était Baudin ; les secrétaires étaient Daunou et Lanthenas. Comme on le voit, c'était la Plaine et le côté droit qui dominaient au Comité à ce moment.

i. Mémoires de Grégoire, t.I", p. 350.

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