Grégoire, Troisième rapport sur le vandalisme, p
3. On a vu que Désaudray, dans son Hiérodrame, entre toutes les injures qu'il pouvait adresser à Dumas, a choisi celle de vandale. Si cette épithéte s'est offerte à sa muse, c'est
Mais il y a plus. C'est Grégoire aussi qui a fourni à Fourcroy ce trait sur les « hommes d'esprit » dont celui-ci a orné son apologie. Un autre et plus ancien rapport de Grégoire sur le vandalisme, celui du li fructidor an II, contient, en eli'et, les deux lignes que voici :
Dumas disait qu'il fallait guillotiner tous les hommes d'esprit. Chez Robespierre, on disait qu'il n'en fallait pi us qu'un i.
Voilà, sous sa forme première, et tel qu'il fut fabriqué au lendemain même de thermidor par la haine et la peur, le mot que Fourcroy devait s'approprier deux ans après.
Et notons un détail qui nous montre le falsificateur pris sur le fait: c'est que, en combinant cet endroit avec l'extrait du rapport du 24 frimaire an III pour en composer sa phrase oratoire, Fourcroy s'est permis d'y introduire une chose qui n'y était pas et qui le dénature, mais qui servait son dessein. Sous la plume de Grégoire, en effet, le propos attribué à l'entourage de Robespierre, où l'on disait qu'il ne fallait plus qu'un seul homme d'esprit, n'avait qu'un caractère général; Fourcroy l'a repris pour l'appliquer au cas spécial de Lavoisier, en le pla-
qu'il mettait en vers un passage d'un « Rapport sur le vandalisme »,
1. Instruction publique. Rapport sur les destructions opérées par le vandalisme, et sur les moyens de les réprimer, par Grégoire. Séance du 14 fructidor, l'an II delà République une et indivisible, suivi du décret de la Convention nationale. De l'Imprimerie nationale, in-8°. P. 13.
çanl dans la bouche d'un juge. Combinaisons, additions et adultérations : opérations tantôt inconscientes, tantôt méditées, d'où sortent, pour être otferts en pâture à la crédulité humaine, ce qu'on appelle les mots historiques !
Et maintenant que la démonstration est achevée, j'ose croire que personne ne refusera son adhésion à une conclusion ainsi formulée :
La demande de sursis est une fable inventée de toutes pièces. La réponse du juge est, pour employer l'expression excellente de M. Grimaux, « une de ces inventions calomnieuses dont les partis vainqueurs accablent les partis vaincus ». Et de cette double invention, nous connaissons sinon l'auteur, du moins l'éditeur responsable : c'est l'homme qui fit à la Convention, après thermidor, cette série de rapports tissus d'injures et de faussetés, qui ont fourni aux ennemis de la Révolution tout un arsenal d'accusations ineptes et odieuses, c'est l'évêque Grégoire.