‹ Études révolutionnairesChapitre 36 sur 76 · FLORÉAL AN II · texte numérisé non relu

FLORÉAL AN II

On sait que les vingt-huit fermiers généraux jugés par le tribunal révolutionnaire en floréal an 11 furent, en réponse aux questions posées aux jurés par le président Coffinhal, déclarés auteurs ou complices d'un « complot tendant à favoriser par tous les moyens possibles le succès des ennemis de la France ». et condamnés à mort par application de l'article 4 de la i""** section du titre P"^ de la deuxième partie du Code pénal, qui disait :

Toute manœuvre, toute intelligence avec les ennemis de la France, tendant soit à faciliter leur entrée dans les dépendances de l'empire français..., soit à leur fournir des secours en soldats, argent, vivres et munitions..., seront punies de mort.

Tous les historiens, ceux même qui tiennent

LA CONDAMNATION DES FERMIERS r,ÉNÉRAUX 157

les fermiers généraux pour coupables d'exactions et (le concussions, ont déclaré que ce jug-einent était inique. En effet. Jit-nn. la Convention avait renvoyé les fermiers généraux devant le tribunal révolutionnaire comme prévenus de divers crimes et délits énumérés dans le rapport de Dupin. et relatifs exclusivement à leur gestion financière; mais Coffinbal. par la nature des questions posées au jury, transporta l'atlaire sur un autre terrain : « il eut l'infamie d'accuser, sans aucun indice, les fermiers généraux de complicité avec rétrang:er, crime digne de la mort; il inventa des accusations nouvelles dont ne parlaient ni le rapport de Dupin. ni le réquisitoire de Fouquier ' ».

Moi aussi, j'avais cru jusqu'ici que le crime de complicité avec les ennemis de la France, dont les fermiers généraux furent déclarés coupables. était imaginaire. Mais voici ce que je trouve dans un livre de souvenirs de la Contiesse Dash, — pseudonyme de Gabrielle-Anne de Cisternes, née en 18U4, morte en 1872, devenue par son mariasse vicomtesse de Poilloûe de Saint-Mars :

(Juand il ' eut seize ans. on l'einbarqua pour Paris. Le frère île sa mère, M. Paulzo. était jircsident de la ferme générale, et fort riche ^: il lialutait, sur la place

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