Jacques Paulze, né en 1719, fermier général depuis
Vendôme, un hôtel qui lui appartenait, et qui est devenu riiôtel da Rhin : il s'était chargé de son neveu, et. en effet, la Révolutioifle trouva dans une trèshelle position de fortune...
Mon père était très curieux à entendre, lorsqu'il parlait de l'ancien régime. Il avait connu tout ce qui a laissé un nom dans les différentes conditions et dans tous les partis. Il avait même eu l'honneur d'être reçu assez intimement chez M. le prince de Gondé, qui devint chef de l'émigration, et à qui M. Paulze envoya trois millions en secret, sans exiger aucune reconnaissance. Ces trois millions n'ont jamais été remboursés'.
Habemus confltentem reiim, comme disaient les magistrats d'autrefois. Par la bouche de sa petite-nièce, — qui tire vanité du fait, et ne regrette qu'une chose, c'est que les trois millions n'aient pas été rendus aux héritiers du trop confiant financier. — Paulze avoue avoir fourni des secours en argent au chef de V émigration^ c'est-à-dire à l'allié des ennemis de la France. Coffinhal et les jurés du tribunal révolutionnaire ne connaissaient pas cet envoi secret de trois millions, et ce fut, sinon «sans aucun indice », comme dit M. Grimaux, du moins sans preuves matérielles, probablement, qu'ils condamnèrent ; mais, on le voit, ils ne s'étaient pas trompés. C'est un soulagement, pour l'historien impartial, que d'apprendre, par l'aveu, d'une inconscience si caractéristique, de la Comtesse Dash, dont nous n'avons
fut l'un des vingt-huit condamnés du 19 floréal an II. C'est le beau-pére de Lavoisier.
1. Mémoires des autres, par la Comtesse Dash: Paris, 1895, pages 3 et 4.