‹ Études Robespierristes (volume 2)Chapitre 28 sur 101 · DAATOX ET LOUIS COMTE · texte numérisé non relu

DAATOX ET LOUIS COMTE

faites ce que vous voudrés. Celte conduite d'Hérault, que je croyais patriote, m'étonna. Mais mon étonnenient augmenta encore quand je vis ce député qui m'avoit engagé depuis mon paiement à rester à Paris pour l'arrestation de VV y mettre la plus grande froideur,

foire naître des défiances dans l'esprit de Mézières, avec Jeipiol il correspondoit inlimcment au point que celui-ci

déclara qu'il n'iroit trouver W qu'avec un député et

que l'entrevue se feroit en pleine campagne, condition (pii fut refusée et même que j'annonçois ne pouvoir dans aucun cas être acceptée, sans manquer au respect dû à la représentation nationale.

Furieux de voir Hérault me faire manquer ce coup au moment où l'exécution était sûre, combinant d'ailleurs ce procédé avec le propos relatif à Lebrun, je ne m'attendis plus qu'à rencontrer des oppositions de la part de ce député et commençai à croire qu'il ne m'avoit deniiindé par écrit mon mode d'exécution que pour connoître mes moiens et les contrecarrer. Je résolus alors de me charger seul de cette entreprise devenue difficile depuis la défiance qu'on avoit inspiré à l'adjudant contre moi. Je m'occupois à le regagner, mais je vis à regret qu'il n'y falloit plus penser et qu'il clierclioit à s'évader. Crainte de le perdre de vue, ce qui me falsoit perdre le iruil de mes peires, je promis de lui faire avoir un passeport, bien certain qu'après quelques détours, il iroit trouver W... je pris mes précautions pour le faire suivre.

A deux jours de là, me trouvant cliés un député du Calvados (Le Got), je parlai de la découverte que j'avois faite, à mon retour de Caen, lui dis l'embarras où je me trouvois, lui laissant entendre que cet adjudant, dans sa déposition, avoit beaucoup chargé Danton. Celui-ci passoit alors pour un phœnix de patriotisme, aussi Legot s'écria-t-il à la calomnie et me proposa de me faire déjeuner le lendemain avec un parent de Danton (Cour-

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tois), j'acceptais sans hésiter. Celte proposition m'avoit fait naître l'idée de m'introduire chez Danton, par ce moien, de faire mon possible pour capter sa confiance et découvrir si la notte de l'adjudant relative à lui était vraie, tâcher dans ce cas de découvrir ses moiens pour réussir, ses complices, obtenir du tout des preuves, le dénoncer ensuiltc avec certitude; j'avois d'autant plus

de raisons de suspecter de l'intelligence entre W et

lui que l'adjudant avoit d'abord voulut le voir, ce qu'il n'avoit put faire, Danton étant malade. Je me rendis en conséquence exactement au déjeuné, au sortir duquel Courtois voulut me conduire chès Danton son parent où je le suivis... Courtois, qui savoit que l'adjudant avoit remis à Hérault par mon canal (Le Got le lui avoit dit) les notes contre Danton, voulut le voir. Je lui promis de lui procurer l'occasion de dîner avec lui le même jour.

Pendant le trajet, qui est fort long. Courtois, ne témoignant pas beaucoup de bienveillance pour Hérault, me demanda ce que j'en pensais. Je lui répondis que, quoique ci-devant no'ble, Hérault dans le principe m'avoit paru chaud patriolte, mais que, depuis quelques jours, je commençois à le suspecter d'après les propos qu'il m'avoit tenu relativement à Le Brun et l'éloignement qu'il paroissoit avoir pour celui (sic) de W..., qu'il avoit dans le principe adopté avec challcur, et surtout d'après ses liaisons intimes avec la ci-devant marquise de Bellegarde, fen:ime du lieutenant-colonel de la légion des campements au service de Sardaigne en quartier à Pignerole, laquelle tenant par son mari sa noblesse, qui n'est pas peu de chose en Piedmont, et sa fortune au tiran des Piedmontois, m'avoit tout l'air d'être à Paris son espion, ce qui n'avoit pas empêché Hérault de la faire venir de Chambéri, où elle étoit trop surveillée pour n'y être pas bientôt arrêtée, et de vivre intimement avec elle... n me demanda ensuite si je le croiois l'ami de

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