‹ Études Robespierristes (volume 2)Chapitre 29 sur 101 · DA.\TO.\ ET LOUIS COMTE Ç)S · texte numérisé non relu

DA.\TO.\ ET LOUIS COMTE Ç)S

Danton, ainsi que Billaud-Varennes ; je n'en scais rien, lui dis-je, mais l'adjudant in'ayant dit que pendant la conférence, ils avoienl pris beaucoup de notes relativement à Danton, ce qui n'indiquoit pas pour lui une tendresse bien intime ni une grande conliance en son civisme, je lui fis part de mes observations. Nous entrâmes dans ce moment chez Danton, dans l'antichambre duquel Courtois qui entra auprès de lui me fit attendre un demi-quart d'heure, puis vint me rejoindre et m'introduire.

Danton éloit couché. Courtois lui parla de la découverte qu'il venoit de faire, ce qui parut, quelqu'elTort qu'il fil pour se contenir, le beaucovip a.'fectcr, puis prenant le dessus, il me tint le propos, dont fait mention mon interrogatoire, ainsi que beaucoup d'autres, respirant la haine et le mépris contre Billaud. 11 témoigna aussi beaucoup d'inquiétude sur Robespierre, au sujet duquel lui et Courtois me firent beaucoup de questions, auxquelles je ne pus répondre, ne le connoissant que de réputation ; ils me demandèrent entre autres si je pensois que Robespierre fut ami de Danton, à quoi je répondis que je n'en scavois rien; mais que devant avoir par Hérault connoissance de l'inculpation susdltte, s'il la croioit calomnieuse, comme lui et Courtois l'assuroient, il lui en feroit sûrement part, s'il étoit son ami, que l'on disoit Robespierre rusé, jaloux d'une grande réputation, mais en même temps très pure; sur ce l'un et l'autre firent beaucoup d'observations sur Billaud et Robespierre.

Danton finit enfin par me demander ce que je voulois faire de l'adjudant, ouverture qui me parut favorable pour me procurer deux avantages à la fois : lire dans l'àme de Danton et ne pas perdre l'adjudant de vue ; je lui répondis en conséquence de cette idée que pour des raisons utiles à la République, il falloil lui faire donner un passeport pour aller dans l'endroit qu'il indiqueroit.

que là, on le trouveroit toujours si l'on en avoit besoin et que lui-même devoit être d'autant plus content de ce départ que si la notte étoit calomnieuse, comme elle n'étoit pas signée, il se débarrassoit du calomniateur. Le piège étoit couvert de fleurs, aussi Danton, qui ne me connaissoit pas, fût-il prêt à y donner, mais son habitude de dissimuler et l'arrivée de Panis et d'un autre individu l'en garantirent et s'il l'a vut, ce n'a été qu'après coup... On tint avant mon départ beaucoup de propos, dont je me proposois de parler d'ofïice si l'on eut continué mon interrogatoire, mais on ne l'a pas fait.

Courtois me dit en se retirant de clics Danton qu'il feroit avoir le passeport par un membre du Comité de sûreté générale tout à Danton et que je suis prêt à nommer, mais en plein comité de salut public et même en présence de Courtois.

L'adjudant devoit dîner chès moi avec Courtois, j'ailois le chercher, mais en vain, il s'étoit caché et je ne l'ai pas revu, ce qui est prouvé par la ieltrc de son camarade qui m'écrivit le lendemain pour me demander une selle qu'il m'avoit prêtée. Courtois venant dîner en parut inquiet mais je lui promis c[ue, fut-il au diable, je l'aurois.

Pendant le dîné nous parlâaies des fédéralistes, je promis, si l'on vouloit m'en donner l'ordre seulement, d'arrêter Rolland, Chassey, Biroleau et je ne demendais que le remboursement de mon voiage, quand je les aurois rendus à Paris. Courtois me demanda mes notes à ce sujet, je les lui promis pour le 19 au matin : il devoit les venir prendre et les porter avec moi au Comité de Sûreté générale. Je venois de les finir quand on m'a arrêté et elles sont sous mes scellés dans mon bureau.

Il est de fait que les propos que me prête Courtois, fussent-ils vrais, d'après ma conduite, surtout depuis le 0 juillet, qui ne respire que le dévouement à la Convcr.-

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