‹ Études Robespierristes (volume 2)Chapitre 4 sur 101 · I. Voir plus loin l'étude intitulée Danton tt Louis Comte · texte numérisé non relu

I. Voir plus loin l'étude intitulée Danton tt Louis Comte

a. Cet acteur était certainement lié avec Fabre d'Eglantinc. Il accompagnera plus tard Bernard de Saintes dans sa mission en Franche-Comté et dans la conquête du pays de Montbéliard.

3. Le récit de Comte concorde d'une façon très impressionnante avec le n» 27^ du Père Ducliesne. Comte était vraisemblablement en rapports étroits avec le groupe Proli. C'est ce qui explique qu'il se soit adressé à Hérault de Séchelles. Dn

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Ainsi, c'est an moment on Danton est harcelé par les hébertistes qne se produit !a riposte, la contre-attaque de Fabre d'Eglantine. Cette contreattaque n'est pas isolée, bien entendu, elle fait partie d'un ensemble, de tout un système de défense.

Chassés du Comité de Salut public depuis le 10 juillet, du Comité de Sûreté géiîérale depuis le i4 septembre, harcelés journellement par les hébertistes, les endormeurs, les nouveaux brissotins, — on ne les appelle pas encore les indulgents, — n'osèrent pas d'abord résister ouvertement à leurs adversaires. Ils se défendirent au contraire d'être des modérés, d'avoir pour les fédéralistes et pour les aristocrates de secrètes faiblesses. Ils luttent de démagogie avec les plus déterminés des hébertistes. Avec eux ils votent la loi des suspects, l'armée révolutionnaire, le séquestre des biens des étrangers, etc. Mais ils s'arrangent cependant pour frapper de stérilité les mesures révolutionnaires que le souci de leur popularité leur a imposées. Ainsi, le /i septembre, quand la Commune demande l'institution de l'armée révolution-

f'ourny rapportera que, îc 7 octobre, Pereira disait en sa prôscRCC à Amar, dans le salon des Jacobins, « qu'il avait un espion qu'il payait 5 francs par jour, qu'il avait une liste do patriotes, que les actions de Danton baissaient depuis quinze jours » (Arch. nat. , W , 78). Ce lanj.'agc prôté à Pereira est exactement contemporain de la dénonciation de Comte. Sur le rôle de Hérault de Sécliellcs, voir plus loin notre article : « Hérault de Séchelles était-il dantoniste ? »

naire, Danton applaudit, mais, sous prétexte de compléter une mesure dont il fait l'éloge, il en fait voter une autre qui, sous des dehors également très populaires, est en réalité un frein au mouvement révolutionnaire. 11 fait instituer la paie des liO sous et supprimer la permanence des sections. Quand Billaud Varenne le même jour, /i septembre, propose de mettre en arrestation tous les gens suspects, Basire appuie, mais il englobe dans les suspects à arrêter : « les hurleurs apportés depuis longtemps pour la révolution sectionnaire... les agitateurs, les hurleurs qui égarent le peuple » et, pour terminer, il réclame l'épuration des comités révolutionnaires, ce qui est décrété.

On voit par ces deux exemples la tactique première des dantonistes : éviter de se dépopulariser en attaquant de front les mesures révolutionnaires, mais les dénaturer et les faire tourner contre leur but par l'application qui en sera faite.

Un autre moyen consistait à ruiner une mesure populaire en la dépassant, en l'outrant au point de la rendre inapplicable. Ce fut surtout le procédé de Chabot. Ainsi, le 20 août, au moment où on discutait la levée en masse et où on parlait déjà d'arrêter les suspects. Chabot proposa sérieusement de chasser tous les suspects de la République. Il ne voulait pas, disait-il, qu'on les mît en arrestation, car cette opération prêterait à l'arbitraire, « en ce que l'on regarde comme sus-

pecte une femme qui n'assiste pas à la messe d'un prêtre assermenté «, « ensuite elle aigrit contre vous les aristocrates et les fait aflVonter mille périls pour se venger ». La manœuvre était si grossière que la Convention raccueillit par des murmures. Dans le môme esprit démagogique, Basire demandera à deux reprises une loi qui rendrait le tutoiement obligatoire (lo et 21 brumaire).

Aussitôt que la loi des suspects fut votée, les dantonistes s'efîorccrent de la tourner contre les hébertistes. Ils ont au département de Paris un homme à eux, ami intime de Danton et de Fabre d'I'glantine, l'ingénieur Dufourny, qui a fondé en 1790 le club des Cordeliers et qui est maintenant président du département. Fidèle à la tactique de ses amis, Dufourny, qui jouit aux Jacobins d'une grosse influence, ne manque pas de prendre l'initiative des motions les plus populaiies. Il dénonce, le n5 août, les comités des finances et du commerce dont il demande le renouvellement. Le 7 septembre, il réclame à la Convention, au nom des Jacobins, le séquestre des biens des étrangers. Tant que Chabot marche d'accord avec les hébertistes, il le poursuit d'attaques acharnées, dénonçant constamment ses malversations, son mariage, etc. Il s'en prend à Cambon comme à Chabot. Nul plus que Cambon n'avait contribué à donner créance à la réputatioji douteuse qui enveloppait Danton. C'était Cambon qui avait relevé avec àprclé, au début de

la Convention, les irrégularités de la reddition des comptes des dépenses secrètes de Danton'. C'était Cambon qui avait dénoncé le premier le fournisseur d'Espagnac qui invoquait pour sa défense le nom de Danton. Or, le 26 août, quand Danton vint aux Jacobins présenter son apologie, quand il invita Hébert à reconnaître ses erreurs et qu'Hébert refusa de se rétracter, ce fut Dufourny qui vint indirectement au secours de Danton, et Dufourny ne trouva rien de mieux que d'attaquer Cambon et de rejeter sur Cambon une partie des griefs qu'Hébert avait imputés à Danton. Le même Dutourny s'empara de la loi des suspects comme d'une arme admirable pour se débarrasser de ses adversaires, de ses anciens amis du café Corazza, les Desfieux, les Proli, les Pereira, les Dubuisson, less Comte, devenus les ennemis de Danton et par conséquent les siens propres. l\ a raconté, dans une déclaration qui figure dans le dossier du procès des hébertistes *, qu'en sa qualité de président du département, il recevait beaucoup d avis, dont il envoyait copie au Comité de Sûreté générale « pour dégager sa responsabilité et soumettre à la prudence la décision des mesures à prendre ». « Dans un moment d'alarmes et dans le commencement des mesures révolutionnaires (c'est-à-dire au début de septembre), le Comité

I. Voir la prcmirre série de nos Études robespieTÎstes. 1. Arcli. nat., W, 76.

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de Salut public lui donna, par un arrêté particulier, conjointement avec le maire de Paris (Paclie) et le procureur général syndic (LuUier), un ordre indéfini de faire arrêter tous les hommes suspects dans le département de Paris et ceux circonvoisins. ^) Immédiatement, Dufourny songea à user des pouvoirs qui lui étaient conférés pour arrêter Proli. « Proli me parut l'homme le plus dangereux. Je résolus de le faire arrêter, mais, certain qu'il était intime avec les représentans Barère et Hérault de Séchelles, je sentis que je ne le ferois arrêter que pour un moment, que ses amis le déclareroient non suspect et le feroieiit relâcher. Je conçus alors le projet d'opposer à leur bienveillance l'obstacle si puissant de l'opinion publique et je proposai, par un placard sur les arrestations dont la devise était : // n'est d'homme libre que r homme juste^... Je maintiens dans cette affiche la plus grande sévérité dans les arrestations, mais je demande une bien plus grande sévérité pour empêcher les relaxations arbitraires... C'est après avoir ainsi fixé l'opinion, lorsque je crus que personne n'oseroit relâcher Proli que je donnai à l'administration de police la notte pour son arrestation au domicjle de Desfieux chez lequel il demeuroit. » Cette déclaration de Dufourny nous explique bien des choses. Elle se lie étroitement avec la grande dénoncia-

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