‹ Études Robespierristes (volume 2)Chapitre 5 sur 101 · I. La phrase est incorrecte dans l'original · texte numérisé non relu

I. La phrase est incorrecte dans l'original

tion que Fabre d'Eglantine, l'ami de Dufourny, portait vers la même date au Comité de Sûreté générale. L'action des deux hommes était combinée.

Chose curieuse, la loi sur les suspects est à peine votée que les ennemis de Dufourny, ceux qu'on appellera tout à l'heure « les agents de l'étranger » ou d'un mot plus exact « les étrangers î^ devinent l'emploi qui va en être fait contre eux. Ils essaient de prévenir le coup qui les menace. Ils prennent l'offensive. Ils savent que Sambat, Moenne, Dufourny les détestent. Ils font courir sur leur compte de sourdes rumeurs. Ainsi, le II septembre, Sambat se plaint aux Jacobins d'avoir été dénoncé à Hérault de Séchelles comme un agent des puissances étrangères. Il ne nomme pas celui qui l'a desservi auprès d Hérault, mais nous devinons qu'il vise Proli, lintime d'Hérault. Le i5 septembre, Hérault rassure Sambat, déclare que le bruit dont il s'est fait l'écho est faux, qu'il le considère comme un bon patriote. Ce n'est qu'une escarmouche, mais la lutte est désormais engagée.

Au lendemain de la plainte de Sambat, le i3 septembre, Dufourny a préparé ses balteries. Il a déploré que le sage décret sur les suspects fût entravé dans son application « par des sollicitations de toute espèce en faveur de tous les détenus ». Il a proposé comme remède de dresser un tableau des détenus et de lalficher pendant cinq jours consécutifs. « Quand l'un d'eux, dit-il,

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viendra à être relâché, il le sera d'une manière anlhentiqne. » Autrement dit, le favoritisme ne pourra plus s'exercer en cachette. Hérault ne pourra faire relâcher Proli quand Dufourny le fera arrêter. Quelques jours plus lard, Dufourny lançait son placard sur les arrestations'. 11 y dénonçait un projet qu'il aurait découvert, d'après lequel lés individus arrêtés en vertu de la loi des suspects devaient être égorgés en masse comme en septembre. « Il est vrai que ce projet existe et que l'un des signaux sera le rassemblement aux portes des boulangers... Un projet aussi exécrable ne peut être exécuté lorsqu'il est public. Les magistrats seront à leur poste. Je serai, je le jure, égorgé sur le seuil de la prison, avant qu'aucun prisonnier soit attaqué, avant que la violence en délivre aucun... » Le projet d'un massacre général des détenus en septembre 1790 a-t-il existé ailleurs que dans l'imagination de Dufourny ? C'est possible, car je remarque que c'est dans sou numéro du i®'' septembre que Leclerc s'était vanté d'avoir conçu le projet, d'accord avec Chalier, disait-il, de faire jeter dans le Rhône en une nuit 6000 aristocrates. Mais si Dufourny, par son placard, voulait prévenir le massacre qu'il redoutait, il voulait aussi, a-t-il avoué, préparer l'opinion à l'arrestation de ses ennemis, à l'arrestation de Proli et de Desfieux.

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